Ministère de l’Education Nationale : 200 000 profs harcelés ! (3) Pas assez pour que les choses bougent ?

Publié: 12/06/2013 dans B 1 Harcèlement Moral Hiérarchique ou douce bienveillance ?, B 2 La communication du Ministère de l'Education Nationale, entre déni et Omerta !

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Ci-dessous un rappel des deux premiers épisodes :

https://omertaaurectorat.wordpress.com/2013/03/26/ministere-de-leducation-nationale-40-000-profs-harceles-chiffre-officiel-pour-un-deni-officiel-1/

https://omertaaurectorat.wordpress.com/2013/03/28/ministere-de-leducation-nationale-40-000-profs-harceles-2-un-chiffre-officiel-que-le-ministere-se-garde-bien-de-commenter/

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Ministère de l’Education Nationale : 200 000 profs harcelés ! (3)

Nos deux premiers billets proposés sur ce thème ont permis d’éclairer l’ampleur du phénomène de harcèlement dans l’Education Nationale. 200 000 profs harcelés, ce sont les chiffres officiels du Ministère de l’Education Nationale.

Que propose le Ministère pour réagir face à cette situation ? Lisons le dernier chapitre (« Des pistes d’action ») du rapport de l’Autonome de Solidarité Laïque :

« Lors de la conférence de presse de présentation des résultats de l’étude, Vincent Peillon a précisé que « des pistes d’action se dégageaient de cette enquête concernant la formation des enseignants, le travail en équipe » ou encore « un meilleur maillage de notre réseau d’alerte et d’accompagnement des victimes ». »

Le ministère propose donc trois axes.

1) « Former les enseignants ». Est-ce qu’on va leur dire : « Vous savez, vous risquez d’être harcelé(e) par votre hiérarchie, avec la complicité de vos collègues, et vous ne pourrez rien faire pour empêcher cela, même en acceptant les compromissions les plus dégradantes pour votre fonction et votre personne. » ?
Le harcèlement moral hiérarchique n’est toujours pas reconnu officiellement, malgré les chiffres. On se paye de mots en parlant de « former les enseignants ».
Pourquoi ne pas former les chefs d’établissement ? Tant que les chefs d’établissement seront choisis pour leur rapport élastique à l’éthique, rien n’évoluera. Tant qu’on leur fera suivre des stages de management néo-libéral pour devenir de bons managementeurs (hommes et femmes de management), les chefaillons poursuivront leurs dégâts. Tant qu’ils seront systématiquement couverts par leur hiérarchie, le harcèlement perdurera.

2) « Le travail en équipe ». De quoi parle-t-on ? D’intégrer une équipe de frotte-manches se disputant le privilège de flatter l’ego d’un pervers narcissique ?
Ou de rester soudés, seul moyen de se protéger contre le harcèlement hiérarchique ?

3) « Accompagner les victimes ». Donc laisser faire les bourreaux. Ne rien faire en amont. Ne pas s’attaquer aux causes. Appliquer un pansement sur une jambe de bois.

Bref, on se paye de mots, on évite le sujet, on contourne le problème. On entretient le déni et l’omerta.

Ah ! On parle toutefois d’ « accompagnement des victimes » … Faut-il y voir une reconnaissance de l’existence de victimes, donc un premier pas vers la reconnaissance de l’existence de bourreaux ? Pas du tout ! Il s’agit, comme nous le verrons bientôt, de tenter de psychiatriser les éléments qui ont été malmenés par leur hiérarchie. Moyen idéal de dédouaner totalement cette hiérarchie.

Les professeurs faisant état de dysfonctionnements de l’administration, de l’acharnement de chefaillons, de formes de harcèlement moral sont des malades. Ce sont des éléments « gênants ». Souvenez-vous, les éléments pas assez malléables, les subordonnés « gênants » évoqués dans notre billet du 3 avril (premier billet sur l’affaire CAHUZAC)…

« Un subordonné « gênant » ?
C’est un enseignant qui refuse de truquer ses notes quand son établissement passe officiellement d’une année sur l’autre du chiffre de 65 % de réussite au brevet des collèges au chiffre de 99 %, digne d’un état totalitaire.
Cela pourrait être une adjointe qui refuse de céder à ce qui ressemble fort à une promotion canapé, et qui menace de révéler cette pratique.
Ce pourrait être un surveillant qui découvre que son principal protège un vieux prof de maths pédophile sous prétexte qu’il est à quelques mois de la retraite (et sachant que ce professeur lui renvoie l’ascenseur en couvrant ses turpitudes…).
C’est un CPE qui refuse de voter contre les suppressions de postes d’enseignants, et qui lors d’un Conseil d’Administration, parvient à convaincre les autres votants de le suivre et de mener des actions médiatiques pour maintenir les postes. »

Notre prochain billet sera consacré à l’usage que l’Education Nationale fait de la psychiatrisation pour protéger les chefs d’établissement coupables de différentes formes de harcèlement moral : il suffit de marteler que leurs victimes sont dingues, et le tour est joué. Enfin, pas tout à fait joué : il est possible de résister. Ici et là, la résistance s’organise et l’omerta commence à se lézarder…

Marie, Jeanne, et Philippe.

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Le lien vers l’enquête de l’Autonome de Solidarité Laïque, en partenariat avec le Ministère de l’Education Nationale :

http://www.autonome-solidarite.fr/articles/climat-scolaire-2nd-degre?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=NewsMars

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commentaires
  1. Loïc dit :

    Bravo. Continuez votre blog ! Jusqu’à ce que cette omerta vole en éclats !

    Loïc

  2. Bruno Pelletier dit :

    c’est quand même grave tout ça !!!!!! et moi qui pensait que la pédophilie dans les écoles c’était fini…….. et donc si on dénonce un pédophile ou si on est contre les suppressions de poste on peut être harcelé ? … je ne comprends pas pourquoi on n’en parle pas dans les médias sauf si les syndicats étouffent tout ce qui semble être l’explication…… mais alors c’est un mauvais calcul…. courage aux enseignants qui font un métier déjà pas facile mais alors avec le harcèlement sur le dos ça devient débile…..

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