Le Collège Charles RIVIERE d’Olivet (4) Des syndicats à la traîne… quand ils ne sont pas de mêche !

Publié: 28/06/2013 dans B 1 Harcèlement Moral Hiérarchique ou douce bienveillance ?, B 6 Les syndicats d'enseignants sont-ils totalement corrompus ?, B 7 Le rôle de la Justice., Le Collège Charles Rivière d'OLIVET (45)

 

On déplore souvent que les syndicats enseignants (surtout les syndicats les plus « représentatifs ») soient totalement à la traîne de la lutte contre le harcèlement moral. Plus troublant, on lit même, sous la plume des personnes qui se sont un peu penché sur la question, que souvent ces syndicats seraient de mêche, complices, comparses des inspections d’académie, des rectorats, et du système ! Qu’en est-il réellement ? Début de réponse, preuves à l’appui, avec un cas concret : le collège Charles RIVIERE d’Olivet, dans le Loiret.

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L’excellent article de François GUEROULT, pour France Info, en date du 16 mai 2013 (voir le second billet que nous avons consacré à ce collège) comporte un enregistrement sonore, un bref entretien avec Christine BLET, secrétaire départementale du SNES, principal syndicat enseignant.

http://www.franceinfo.fr/player/embed-share?content=989391

«  Ce qui est frappant c’est que des collègues aient vraiment sauté le pas. Et euh… aient porté plainte pour harcèlement moral, einh, je crois que là, euh… le fait qu’il y ait six personnes, c’est… c’est énorme. Euh à ma connaissance moi je n’ai jamais vu de dossier euh… avec ce nombre-là de personnes qui osent, oui qui franchissent cette étape importante du dépôt de plainte pour harcèlement moral. C’est en cela que, effectivement, que ça interpelle, et que ça pose question sur les modes de fonctionnement dans les établissements scolaires. Mais maintenant c’est vrai que euh… c’est à la justice d’enquêter, de faire son travail, on sait qu’une enquête est ouverte. »

Question du journaliste : «  Pensez-vous que le rectorat ait eu la bonne attitude dans ce dossier ? »

«  Je ne sais pas si le rectorat a eu la bonne attitude. En tout cas le rectorat euh… les instances sont au courant, informées de ce qu’il se passait, et effectivement les choses sont confirmées. »

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A l’écoute de cet enregistrement, deux constats.

1) Le SNES est à la traîne, à la remorque, dépassé par la base. Ce sont les enseignants qui ont décidé de ne plus subir. Ce sont les enseignants qui agissent. Ce sont les enseignants qui portent plainte.

Ce n’est pas le SNES qui a porté le fer. Ce n’est pas le SNES qui fédère et entraîne les professeurs dans leur défense.  Ce n’est même pas le SNES qui accompagne cette plainte.

Non, le SNES se contente d’observer de loin et de commenter.

Passif.

Inutile ?

Etonnant. Ce syndicat, le plus puissant des syndicats enseignants est en retrait de dix bons pas… A lire certains éditos de ses représentants académiques, on pourrait se laisser convaincre, et croire que le SNES a réellement à coeur de défendre les enseignants, de se situer à la pointe des combats contre les injustices et les abus hiérarchiques. Est-ce vraiment le cas ?

2) Le SNES ne soutient pas ces six enseignants, il faut le souligner et en prendre acte. Si ces enseignants obtiennent gain de cause, alors, peut-être que le SNES retournera sa veste et qu’il criera victoire ?

Le SNES ne soutient pas ces enseignants, et ne soutient pas leur démarche. Il a d’autres méthodes. Qui sont d’ailleurs les mêmes que celles… du rectorat ! Et qui mènent aux mêmes impasses : attendre, patienter, laisser pourrir la situation. Laisser les énergies s’user jusqu’à ce que les harcelés craquent et que le rectorat les croque ! Contribuer à psychiatriser les récalcitrants et ceux qui dénoncent les graves dysfonctionnements du système. Faire semblant de soutenir et d’accompagner pour mieux noyer. Ne pas faire de vagues, ne pas faire de bruit, ne pas médiatiser les cas d’école. Et, comme une poule découvrant un couteau, s’étonner que des enseignants puissent « sauter le pas», « oser franchir» le pas.

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http://www.franceinfo.fr/player/embed-share?content=989391

« Ce qui est frappant c’est que des collègues aient vraiment sauté le pas. »

Ah, c’est certain qu’avec le SNES, le pas ne risque pas d’être sauté ! Dans cinquante ans l’Omerta régnera toujours si tous les harcelés suivent les approches, les conseils et les méthodes du SNES.

C’est «frappant » pour un élu du SNES, de voir que les choses puissent évoluer en dehors du syndicat, malgré lui et contre lui ? Malgré la passivité de ce syndicat, malgré toute l’énergie que le SNES déploie depuis des décennies pour que surtout, surtout, dans ce domaine, les choses n’évoluent pas ?

Comme le dit Christine BLET, ils ont «vraiment» sauté le pas. Et dans ce «vraiment», on devine l’incrédulité d’une fonctionnaire habituée au ron-ron et au train-train des démarches administratives internes au système scolaire et qui n’aboutissent pas, jamais, jamais. On devine la stupéfaction d’une préposée aux permanences syndicales, coutumière des velléités et des « menaces » des professeurs harcelés, souvent épuisés ou à bout de nerf,  et qui restent finalement au rang stériles des velléités, toujours, toujours. On devine l’étonnement mêlé d’agacement d’une personne dont le monde ne s’effrite pas, non, mais dont le syndicat voit son rôle de digue se fissurer presque imperceptiblement… non le mur de Berlin ne tombe pas, il est toujours là, le mur de l’Omerta. Mais tout de même, ils l’ont vraiment fait ? Vraiment ?  

« Et euh… aient porté plainte pour harcèlement moral, einh, je crois que là, euh… le fait qu’il y ait six personnes, c’est… c’est énorme. »

Traduction : si vous venez, tout(e) seul(e), à deux ou à trois, demander de l’aide au SNES, quoi que vous ayez vécu et subi, quelles que soient les atrocités commises par votre hiérarchie, ce ne sera pas « énorme», ce ne sera jamais « énorme». Ce sera banal et à classer sans suite.

Mais si vous êtes six, et que vous ne passez PAS par le SNES, là, ça deviendra « énorme» ! Pourtant, les plaignants ne demandent pas à ce que cela devienne « énorme » (…), ils demandent juste à ne plus être harcelés, à être respectés et à ce qu’on les laisse travailler normalement. Il fait quoi, le SNES, par rapport à ces demandes légitimes ? Il enterre soigneusement les dossiers, c’est cela ?

« Euh à ma connaissance moi je n’ai jamais vu de dossier euh… avec ce nombre-là de personnes qui osent, oui qui franchissent cette étape importante du dépôt de plainte pour harcèlement moral. »

Pourtant au SNES on a du en voir passer des dossiers de harcèlement moral. Et on n’a jamais eu le réflexe de bon sens de grouper les plaintes des harcelés pour les rendre plus efficaces ? Cela ne fait pas partie de la culture du SNES ? Mince, il faudra peut-être y songer, demain, non ?

Et on n’ose pas, au SNES, franchir l’étape du dépôt de plainte pour harcèlement moral ? Cela non plus ne fait pas partie de la culture du SNES ? Mais comment on compte faire évoluer les choses alors ? Au vu du fiasco sanglant des méthodes du SNES, (enseignants harcelés n’obtenant jamais gain de cause, brisés, humiliés, détruits, quand pas suicidés) personne dans ce puissant syndicat n’a encore envisagé de se remettre un peu en question ?

« C’est en cela que, effectivement, que ça interpelle, et que ça pose question sur les modes de fonctionnement dans les établissements scolaires. »

Mais ça ne pose pas question sur les modes de fonctionnement … du SNES ?

Puisque « ça interpelle» (…), faut-il comprendre qu’il y a une amorce de prise conscience, et que dès septembre le syndicat va retourner sa veste et enfin lutter contre le harcèlement vécu par les enseignants ? Malheureusement nous en doutons…

« Mais maintenant c’est vrai que euh… c’est à la justice d’enquêter, de faire son travail, on sait qu’une enquête est ouverte. « 

Oh là là… Elle est bien prudente la Christine ! Qu’est-ce qui se passe ? Elle n’a pas encore accédé au statut des « hors classe» ? Elle veut un bon emploi du temps à la rentrée ? On ne crache pas dans une soupe bien grasse quand les collègues se contentent d’eau tiède ?

Tant de solidarité envers les six plaignants, c’est émouvant !

« C’est à la justice d’enquêter ». Le SNES, il ne pouvait pas, à son échelle «enquêter » ? Il ne pouvait pas apporter des documents, des témoignages, verser des éléments tangibles au dossier pour faciliter le travail de la justice ? Et il ne peut toujours pas le faire, maintenant ?

Ce syndicat ne peut pas débroussailler le terrain et expliquer, en citant d’autres cas dans d’autres établissements, comment cela fonctionne, et quels sont les mécanismes bien rodés du harcèlement en milieu scolaire ?  Ah, ce n’est pas son rôle ? Comment, que dites-vous ? Ce n’est pas le rôle d’un syndicat ? Aaaaaah, d’accord… Pourtant nombre de syndicalistes (et pas des syndicalistes d’opérette) affirment le contraire, et assurent vigoureusement qu’un syndicat serait là pleinement dans son rôle de syndicat.

Question du journaliste : « Pensez-vous que le rectorat ait eu la bonne attitude dans ce dossier ? »

« Je ne sais pas si le rectorat a eu la bonne attitude. En tout cas le rectorat euh… les instances sont au courant, informées de ce qu’il se passait, et effectivement les choses sont confirmées. »

On ne se mouille guère, au SNES. La solidarité professionnelle n’est pas un vain mot, pour eux. C’est beau, un syndicat qui s’engage pour que la justice passe !

Mais au fait… le SNES aussi était « informé de ce qu’il se passait » ? Et qu’a-t-il fait ?

Marie, Jeanne, et Philippe

 

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