Quoi de plus normal que de faire confiance en son syndicat ? C’est vers lui qu’un enseignant malmené par sa hiérarchie se tourne, naturellement. Et pourtant…

Il est très difficile de prendre conscience que son propre syndicat peut travailler contre soi, surtout lorsqu’on subit déjà au quotidien les assauts déloyaux de sa propre administration.

Difficile également, en quelques mots, d’avertir les enseignants du degré de « corruption » et de duplicité de certains syndicalistes. C’est pourquoi nous cédons à la « facilité », par cette chaleur estivale, en reproduisant ici l’excellent texte de Daniel ARNAUD, visible sur son blog   » Génération 69  » (article du 11 octobre 2011). En citant le travail de Paul VILLACH, ce texte aborde le sujet mieux que nous pourrions le faire. Il présente un état des lieux peu réjouissant mais qui a le mérite d’être à même de déciller les yeux de ceux qui ignorent encore que de nombreux syndicats (pas tous) contribuent activement au déni et à l’omerta qui règnent dans l’Education Nationale.

Marie, Jeanne, et Philippe

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Ci-dessous, texte de Daniel ARNAUD.

http://generation69.blogs.nouvelobs.com/archive/2011/10/11/syndicats-du-crime-i.html

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11 octobre 2011

Syndicats du crime (I)

 

Réflexions sur les syndicats de profs autour de deux livres de Paul Villach

 

Alors que se profilent les élections professionnelles (du 13 au 20 octobre, par Internet), il n’est pas inutile de dresser le bilan d’un système éducatif en crise, et plus particulièrement du rôle des syndicats de profs (SNES-FSU, SNETAA-FO, SGEN-CFDT, UNSA…) dans le désastre. Paul Villach, intervenant régulier et lucide sur Agoravox (http://www.agoravox.fr/auteur/paul-villach), a publié en 2003 un ouvrage qu’il est nécessaire de relire aujourd’hui : Les Infortunes su Savoir sous la cravache du Pouvoir, chez Lacour.

L’Education nationale y est décrite, en des termes très durs parce qu’ils sont justes, comme un simple lieu de reproduction des inégalités sociales ; où la hiérarchie truque les chiffres des incivilités et des examens ; traque le moindre grain de sable contrariant son projet ; sanctionne les vrais maîtres en falsifiant les dossiers ; flatte les vrais esclaves en les « valorisant » ; et récompense de « bons et loyaux services » douteux à grands coups de « palmes académiques ». Et c’est bien là la pierre angulaire, à partir de laquelle l’auteur  peut développer sa démonstration : il existe une contradiction intrinsèque à l’institution entre l’acte même d’enseigner, et son encadrement par un pouvoir hiérarchique impossible à désavouer, parce qu’il relève d’une administration française  qui, depuis 200 ans, est à la fois juge et partie, et qui, en cas de contentieux, se borne à couvrir chaque maillon de la chaîne. Or, « nul ne peut servir deux maîtres : le Pouvoir et le Savoir ».

C’est un paradoxe : l’enseignement relève d’une mission de service public encore assimilée par beaucoup à une profession libérale. Un maître devant sa classe, selon l’imagerie d’Epinal, qui disposerait d’une grande « liberté pédagogique ». Mais le poncif, qui inspire quelquefois les illustrateurs, est bien loin du compte ; et c’est ce que révèle Paul Villach, tout au long d’une analyse à la fois rigoureuse et fine des rouages de l’Education nationale. Cette structure implique en réalité de nombreux acteurs qui interfèrent quotidiennement sur le travail du professeur, alors qu’ils occupent pour la plupart des postes de pouvoir contredisant un idéal de formation d’esprits libres. Vous vous trouvez placés sous l’autorité d’un chef d’établissement – principal de collège ou proviseur de lycée -, lui-même assisté d’une foule de gens dont l’attitude va conditionner votre rapport aux élèves : inspecteurs de discipline, Conseillers Principaux d’Education (CPE), Assistants d’Education (ou « pions »)… Or, ce joli petit monde, auquel il vous faut ajouter de « chers collègues » d’abord soucieux de leur passage au prochain échelon, compose au gré d’intérêts divergents jusqu’à entretenir un carcan qui vous étouffe :

« Cette surveillance de tous les instants s’accompagne d’une intimidation constante visant à décourager d’avance chez le professeur toute prétention à une autonomie que son savoir pourrait parfois justifier. »

L’école que stigmatise Paul Villach, c’est celle de la haine de la culture, doublée du mépris pour l’intellectuel. Par « intellectuel », nous n’entendons ni le « cuistre » ni le « pédant » ; mais le maître qui transmet un savoir à un élève. L’individu, encore, capable de réfléchir… donc de faire preuve d’esprit critique… et par conséquent de dénoncer un abus de pouvoir. Le dissident, enfin, dangereux pour le tyran, qui se définit précisément par son refus de la contradiction… et qui ne tolère aucune opposition. Les enseignants évoluent dans un système éducatif ruiné et orwellien, dans lequel le sens des mots doit être pris à l’envers. De faux maîtres y surveillent et punissent de vrais esclaves, et enseigner se révèle hautement subversif quand on croise pêle-mêle : un chef d’établissement dont l’intérêt est surtout de soigner les statistiques de son collège ou de son lycée, quitte à manipuler les chiffres et les barèmes ; une inspectrice chargée d’exécuter ses basses œuvres, jusqu’à contribuer à la production d’un dossier à charge contre l’éventuel opposant ; un « recteur-voyou » qui n’hésite pas à sanctionner le récalcitrant  sur la foi de rumeurs diffamatoires lui attribuant des fautes de service imaginaires ! Sous le patronyme de Pierre-Yves Chereul, l’auteur explique dans le détail dans un autre ouvrage, Un blâme académique flatteur (également chez Lacour, publié en 2007) comment de telles aberrations sont possibles, voire courantes ; et de conclure après une victoire inespérée en Tribunal Administratif (TA) :

« Elle signifie la condamnation d’une administration-voyou qui a mis une année scolaire à préméditer une accusation diffamatoire à mon égard et détourné le pouvoir administratif pour assouvir sa vindicte. […] Ce blâme, annulé comme illégal, est en fait la clef de voûte d’un harcèlement moral pratiqué pendant deux années. »

« Harcèlement moral », les mots sont lâchés. 60 % des plaintes émanent de fonctionnaires et, selon une étude de l’Inserm de 2002, citée par Le Nouvel Observateur, le taux de suicides chez les enseignants est de 34 pour 100000 ; le plus élevé de toutes les professions, devant France Télécom, et devant les services de police. Mais que fait le SNES-FSU ? Le SNETAA-FO ? Le SGEN-CFDT ? Dans le secteur privé, au moins, on finit par nommer les choses… et il arrive que le problème fasse la couverture des grands magazines d’information : « Stress au travail », « Maltraitance managériale », etc. Quant à la SNCF, il suffit qu’un contrôleur se fasse agresser, et c’est la moitié des voies de chemin de fer du pays qui sont bloquées dans la foulée ! Mais dans l’Education nationale ? Le simple fait qu’il n’y ait jamais eu une mobilisation syndicale de grande ampleur pour dénoncer la harcèlement dans l’enseignement illustre le fait que, pour les grandes centrales liées à la rue de Grenelle, il s’agit-là juste d’un « point de détail » :

« La hiérarchie sait pouvoir compter sur des interlocuteurs compréhensifs, faisant carrière loin des classes qu’ils ont quittées et où pour rien au monde ils ne veulent retourner : elle est donc prête à ces petites concessions payées par le budget de l’Etat, en échange du service de pacification inestimable que lui rendent les syndicats. », écrit Paul Villach.

Oui, des syndicats de collaboration, ou pour mieux dire des syndicats du crime. C’est l’axiome de base pour comprendre l’inanité des syndicats enseignants.

Bon nombre de leurs représentants seront capables de vous assurer « j’ai 30 ans d’expérience dans la lutte sociale… ». Fuyez-les comme la peste ! Car cela signifie surtout qu’ils ont 30 ans de complicité avec un système perverti ! Ils ne sont que des simples rouages d’une machinerie totalitaire qui substitue aux règles de l’Etat de droit des pratiques administratives qui le contredisent. Les délégués syndicaux ne sont que des oukhazes d’un soviétisme qui impose le déni à tous les étages. En cas de problème, ils vous proposeront tout au plus de vous « accompagner » ou de vous obtenir une « audience » chez le recteur, mais sans jamais remettre en question les règles fixées par des pirates institutionnels : « il ne faut pas mettre en cause sa hiérarchie », « on ne peut pas écrire le mot harcèlement dans une correspondance administrative », « c’est l’administration, c’est comme ça »… Ils sont institutionnalisés : comme dans n’importe quel totalitarisme, ils pensent selon les normes du moule qu’ils imposent à leur tour. Sous une forme plus douceâtre peut-être, mais le résultat est le même : entretenir un déni qui favorise la complaisance et la perpétuation d’un système d’un autre âge.

« Le tyran tient son pouvoir du consentement des tyrannisés », soutenait La Boétie. Dites-vous bien que si les conditions de travail se sont tant dégradées dans l’Education nationale depuis 20 ou 30 ans, c’est avec la complicité de ces « instances représentatives » qui sollicitent aujourd’hui vos suffrages…

Daniel ARNAUD

Paul Villach, Les Infortunes du Savoir sous la cravache du Pouvoir. Nîmes, Lacour, 2003. 286 pp.

Pierre-Yves Chereul, Un blâme académique flatteur. Nîmes, Lacour, 2007. 244 pp.

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Ci-dessus, texte de Daniel ARNAUD.

http://generation69.blogs.nouvelobs.com/archive/2011/10/11/syndicats-du-crime-i.html

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commentaires
  1. Anonyme dit :

    Bonjour,
    Vous avez raison de dire que les syndicats d’enseignants trompent les enseignants. Ils ont la main mise sur l’argent des subventions, des financements d’état, des cotisations et de la formation, mais quand il s’agit de mettre la main à la pâte c’est beaucoup de poudre aux yeux et de faux semblants. Tout le monde dans la rue pour des pacotilles et le silence total sur le harcèlement. Les syndicats d’enseignants sont les fossoyeurs de la qualité de l’enseignement en France. Voyez La Fabrique du Crétin de Brighelli.
    Bravo pour votre blog, continuez !

  2. Christophe dit :

    Je suis entièrement d’accord avec ça. Malheureusement en France les syndicats d’enseignants sont en grande partie gangrénés par des profiteurs et des profiteuses du système. Ils et elles ne bougent pas le petit doigt pour protéger ou défendre les victimes de harcèlement moral. Au contraire ils et elles les roulent dans la farine en leur faisant croire qu’ils s’occupent de tout, jusqu’à ce que la situation devienne inextricable pour ces profs en ligne de mire de leur administration.
    Vous écrivez :
     » Bon nombre de leurs représentants seront capables de vous assurer « j’ai 30 ans d’expérience dans la lutte sociale… ». Fuyez-les comme la peste ! Car cela signifie surtout qu’ils ont 30 ans de complicité avec un système perverti ! Ils ne sont que des simples rouages d’une machinerie totalitaire qui substitue aux règles de l’Etat de droit des pratiques administratives qui le contredisent. Les délégués syndicaux ne sont que des oukhazes d’un soviétisme qui impose le déni à tous les étages. En cas de problème, ils vous proposeront tout au plus de vous « accompagner » ou de vous obtenir une « audience » chez le recteur, mais sans jamais remettre en question les règles fixées par des pirates institutionnels : « il ne faut pas mettre en cause sa hiérarchie », « on ne peut pas écrire le mot harcèlement dans une correspondance administrative », « c’est l’administration, c’est comme ça »… Ils sont institutionnalisés : comme dans n’importe quel totalitarisme, ils pensent selon les normes du moule qu’ils imposent à leur tour. Sous une forme plus douceâtre peut-être, mais le résultat est le même : entretenir un déni qui favorise la complaisance et la perpétuation d’un système d’un autre âge
    . « 
    et ça me fait penser à une certaine K. dite K. bouledogue, une grande gueule d’un gros syndicat qui au nord de Paris profite de tous les privilèges et avantages de sa position de représentante syndicale, depuis les décharges horaires à l’année jusqu’aux enveloppes discrètes et autres profits en nature. Elle s’est même payé son appartement sur le dos des cotisants de son syndicat au vu et au su de tout le monde. Cette Karine (what else ?) a quelque cadavres de profs sur la conscience mais ça ne l’empêche pas de dormir à l’aise et de plastronner à la tête de son syndicat de faux culs. C’est à vomir mais que faire contre cette mafia des tableaux noirs ? Ils se tiennent les uns les autres.
    En tout cas votre blog est très bien.

  3. Myriam dit :

    Merci de dénoncer enfin ces pratiques. Harcelée par mon proviseur j’ai fait confiance à mon syndicat le SNES pour ne pas le nommer en pensant que ces gens m’aideraient contre la machine de l’arbitraire et je m’en mords les doigts. Si vous êtes harcelée médiatisez les choses tout de suite et ne comptez pas trop sur les syndicalistes pour vous apporter de l’aide. Sur le papier c’est leur rôle de combattre ça mais dans la vraie vie ils ne pensent qu’à leur petite carrière.
    Bon courage aux professeurs harcelé/es !

    Myriam enseignante dans le Gard

  4. Anonyme dit :

    Je fais tourner l’adresse de votre site à tout mon carnet d’adresses. il n’y a qu’en diffusant ces informations qu’elles finiront par être abordées de front. Cette omerta doit s’arrêter.

  5. Laurence dit :

    Ah ! Cette K. Bouledogue ! Une criminelle en col blanc, ni plus ni moins. Responsable directe d’une jolie série de suicides (et ça la fait rire). Elle incarne ce que le syndicalisme de mèche a produit de pire. Une parasite qui se baigne dans le sang des profs harcelés. Une hypocrite consommée qui livre sans vergogne le système scolaire aux boîtes privées. Une planquée de première qui se nourrit des caisses noires de ses petits réseaux mafieux. What else ? What else ? What else ? Il faudrait définitivement la déboulonner.

  6. Sabine dit :

    Dans mon lycée le SNES ne bouge pas le petit doigt contre le harcèlement moral des chefaillons et on comprend bien pourquoi. A qui profite le crime ? Aux petits malins du SNES, pardi !

  7. Geoffrey Pacelli dit :

    Quand le rectorat rétablira l’esclavage, KARINE BOULONNE du SNES FSU négociera la longueur des chaines et 10 % en dessous de table sur le contrat d’achat des boulets.

    Avec des jaunes kollabos comme elle, les enseignants sont bien défendus. Gel du point d’indice, réforme des rythmes scolaires, démolition du statut des enseignants, réforme du collège : avec elle, tout se négocie et tout peut passer. Et ce n’est que le début.

  8. M Colin dit :

    Le SNES de l’académie de Lille est totalement dévoyé et au service des chefs d’établissement harceleurs. Tout le monde est au courant, les dirigeants du SNES en parlent librement mais ça reste du « off ». Il faut juste aller sagement dans le sens de son CE, point barre.

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