Ceux qui l’ont vécu en témoignent. Ceux qui se sont penchés sérieusement sur la question aussi. Dans le domaine du Harcèlement Moral Hiérarchique, le Mammouth de l’Education Nationale fonctionne comme un état totalitaire. Comme un é-tat to-ta-li-tai-re. Une dictature, quoi. Termes abusifs ? Françoise Guichard, dans sa préface au Harcèlement moral dans l’Enseignement de Daniel ARNAUD lève le voile sur cet état de fait navrant. « Daniel ARNAUD fait référence à des systèmes totalitaires comme la Corée du Nord (…). Comme l’URSS au temps de Staline, l’Education  Nationale (…) ne peut survivre qu’en disqualifiant les voix discordantes. Et c’est ainsi que la victime devient coupable. (…) Le livre énumère, à la stupéfaction du lecteur, toute une série de « dérives mafieuses » indignes de notre République. »

« Daniel ARNAUD fait référence à des systèmes totalitaires comme la Corée du Nord »

 

Sur la question du harcèlement,

l’Education Nationale fonctionne

« comme la Corée du Nord ».

 

Malgré cela les enseignants dans leur immense majorité cultivent naïvement le déni et entretiennent une confiance aveugle en l’institution scolaire. C’est le cas de Mara GOYET, journaliste et enseignante de collège, qui écrit sur son blog, le mois dernier : « Souvenons-nous, quand même, que nous ne sommes pas en Corée du Nord, que si l’on est tracassé, il sera tout à fait temps de réagir et d’alerter la population, les syndicats, ou autre. » Mara GOYET accepte-t-elle le réel ? Ou vit-elle dans un monde parallèle, le pays des bisounours ? Quand on est «  tracassé  » par sa hiérarchie, on se retrouve «  fracassé  » avant d’avoir pu dire « ouf ! », et il est trop tard pour alerter la population (rires ! la population intervenant pour contre-carrer le harcèlement infligé à un petit prof anonyme ! …) et des syndicats indifférents et corrompus.

« On n’est pas en Corée du Nord. »

On n’est pas en Corée du Nord. On n’est pas en Corée du Nord ? Mara GOYET n’est pas au courant… Les Conseils de Discipline (dits Commissions Disciplinaires) dans lesquels l’administration est à la fois juge, partie et grande prêtresse de ce qui devient des procès staliniens, détournés et employés pour mâter des enseignants innocents, Mara GOYET n’est pas au courant.

« On n’est pas en Corée du Nord. »

On n’est pas en Corée du Nord. On n’est pas en Corée du Nord ? Quand un enseignant se voit menacé d’un blâme, parce qu’il a émis sur son blog une légère critique sur l’échec des plans informatiques de l’Education Nationale, est-on dans une République exemplaire ? Ou s’agit-il là d’un procédé abusivement autoritaire ? Nous vous soufflons la réponse, Marie : cela n’a rien de bisounoursesque, et vous seriez bien inspirée de vous informer un peu sur ce qui se passe en dehors de votre confortable collège, et de cesser de faire croire aux lecteurs de votre blog qu’en cas de souci, « il sera tout à fait temps de… » (Nous reparlerons dès que possible des pressions subies par Ghislain DOMINE. En attendant voir ici : http://www.leparisien.fr/informations/sous-la-pression-le-prof-d-histoire-geo-efface-son-blog-28-10-2014-4246151.php  ).

« On n’est pas en Corée du Nord. »

Que serait-il advenu à cette enseignante qui a osé parler de mascarade à propos d’une visite ministérielle dans son collège de Marseille, le 17 février dernier, qu’en serait-il advenu si elle avait parlé à visage découvert ? (Voir ici : http://www.liberation.fr/societe/2015/02/17/des-profs-de-marseille-ecoeures-par-la-mascarade-d-une-visite-ministerielle_1204436 ).

« On n’est pas en Corée du Nord. »

Quid de ces centaines, ces milliers d’enseignants qui ont subi et qui subissent du Harcèlement Moral Hiérarchique, parce qu’ils représentent – aux yeux de leurs supérieurs hiérarchiques locaux – un « danger » potentiel ? Lire à ce sujet Daniel ARNAUD, Paul VILLACH, Pierre-Yves CHEREUIL et notre blog.

« On n’est pas en Corée du Nord. »

On n’est pas en Corée du Nord. On n’est pas en Corée du Nord ? Et pourtant… Roland VEUILLET a vécu douze ans (12 années) en Corée du Nord… tout en restant en France ! Et des dizaines de milliers d’enseignants ont fait cette expérience, à moindre échelle. Non, les syndicats ne vous seront pas forcément utiles (le SNES, l’UNSA, FO, le SNALC, sont souvent de mèche avec l’administration). Ni les syndicats, ni les CHSCT, ni les médiateurs des Rectorats, ni l’Autonome de Solidarité Laïque, ni la presse locale, ni la Justice ne mettront fin à votre calvaire !

« On n’est pas en Corée du Nord. »

On n’est pas en Corée du Nord. On n’est pas en Corée du Nord ? Et pourtant on a bien tenté d’interner d’office Guy LANDEL, Roland VEUILLET et tant d’autres enseignants pourtant sains d’esprit… Si la psychiatrisation par l’Education Nationale des éléments « gênants » n’est pas une technique digne de la Corée du Nord, alors Paris n’est plus en France.

« On n’est pas en Corée du Nord. »

C’est le discours tenu depuis la base jusqu’au sommet de l’institution scolaire. « On n’est pas en Corée du Nord. » C’est ce discours rassurant qui permet aux Ministres successifs, aux Recteurs, aux Directeurs Académique des Services de l’Education  Nationale, aux Inspecteurs académiques, aux Inspecteurs de Vie Scolaire, aux pseudo médiateurs académiques, aux syndicalistes dévoyés d’entretenir le déni.

« On n’est pas en Corée du Nord. »

Mara GOYET, sortez de votre ignorance sur le harcèlement, sortez de votre naïveté, et osez apporter votre contribution, sur votre blog, à la lutte contre le déni et l’Omerta sur le Harcèlement Moral Hiérarchique qui sévit au sein du Mammouth !

« On n’est pas en Corée du Nord. »

Avant d’écrire une telle énormité, une telle sottise, une telle contre-vérité : « Le mirage d’une carrière meilleure si l’on est docile (pour ce que ça change, franchement…C’est bien là le problème, nul ou bon, à la fin, au fil des jours, on ne voit pas la différence de manière criante) », écoutez le témoignage d’enseignant(e)s excellent(e)s qui ont vu leur carrière et leur vie brisées, pour avoir simplement déplu à un petit marquis ! Renseignez-vous ! Etre mis(e) à pied sans salaire six mois ou deux ans, accablé(e) d’accusations et de reproches montés de toutes pièces, frappé(e) d’un blâme, simplement pour ne pas avoir été docile et caporalisé(e)… vous croyez que cela n’existe qu’en Corée du Nord ? Et par ailleurs apprenez qu’entre un prof médiocre mais lèche-bottes qui gravira les échelons à grande vitesse (« au grand choix »), et un enseignant excellent mais pas arriviste qui stagnera au plus bas de l’échelle (« à l’ancienneté »), en fin de carrière, le différentiel de salaire peut être de 150 000 €. Une paille selon Mara GOYET. Un « mirage », plus précisément !  ( Voir ici : http://75.snuipp.fr/?Promotions,581 « Sur une carrière, cela peut faire une différence de traitement de plus de 150 000 Euros. »). Sans parler du différentiel de confort de vie au quotidien, et de tous les avantages matériels accordés aux suce-bonbons.

« On n’est pas en Corée du Nord. »

Mara GOYET, pour sortir de « cette capolarisation qui nous pèse », comme vous l’appelez de vos voeux… commencez s’il vous plaît par vous informer un peu sur ce qu’est le Harcèlement Moral Hiérarchique. Puis parlez-en sur votre blog. Des milliers d’enseignant(e)  sont les témoins discrets chaque année scolaire, dans leurs établissements, du sort réservé à tel ou tel de leur collègue qui « dérange » leur chef d’établissement, parce qu’il n’est pas assez caporalisé ou qu’elle refuse une bonne petite promotion canapé. Ils ont vu le sort qui leur était réservé. Ils n’ont pas envie que cela leur arrive. Et ils acceptent la capolarisation. Les Rectorats font des exemples. Et cela fonctionne ! Nombre d’enseignants harcelés, quelques années après avoir vécu l’enfer, choisissent de participer à leur tour à la stigmatisation, à l’isolement, au harcèlement d’un(e) collègue jeté(e) en pâture par sa direction aux défoulements de toute une communauté éducative.

Les Rectorats font des exemples qui favorisent l’ultra-soumission et la caporalisation. Et cela fonctionnera tant que les Mara GOYET de tous crins fermeront les yeux sur ces procédés !

Mara GOYET, sortez de votre ignorance sur le harcèlement, sortez de votre naïveté, et osez apporter votre contribution, sur votre blog, et sur les différents médias qui vous donnent la parole, à la lutte contre le déni et l’Omerta sur le Harcèlement Moral Hiérarchique qui sévit au sein du Mammouth !

Mara GOYET, il serait temps d’ouvrir les yeux. Il est temps de vous déciller. Il est temps que dès ce jour, sur votre blog, vous témoigniez de votre ignorance crasse dans le domaine du Harcèlement Moral Hiérarchique. « Faute » avouée et réparée vous sera totalement pardonnée.

La capolarisation ? En entretenant ce mythe « qu’il sera tout à fait temps » au cas où…, vous même vous entretenez la capolarisation, sans le vouloir : à quoi bon se révolter puisqu’en cas de souci, il sera tout à fait temps ?

Mara GOYET, révoltez-vous à visage découvert si c’est votre choix. Mais révoltez-vous vraiment. Chiche ?

Marie, Jeanne, et Philippe.

 

 

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Ci-dessous article de Mara GOYET, 18 février 2015, blog Alchimie du Collège.

http://maragoyet.blog.lemonde.fr/2015/02/18/parole-des-enseignants-le-poids-de-la-caporalisation/

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Parole des enseignants : le poids de la caporalisation.

commedia dell'arte longue photo

 

Lors d’une émission radiophonique, peu de temps après les attentats de janvier, nous étions une petite poignée d’enseignants autour de la table. Nous discutions de la minute de silence, des classes, de la liberté d’expression. De la liberté d’expression : comment en parler en cours, comment l’enseigner, comment répondre aux élèves quand elle est contestée. De la liberté d’expression, oui, de la liberté d’expression. Or, tous les enseignants présents ont alors exigé que l’on ne donne que leur prénom à l’antenne. Par peur des représailles de la hiérarchie. Certains semblaient préoccupés par cette question : faut-il demander l’accord de sa hiérarchie avant de s’exprimer publiquement ? (Non, on a aussi le droit d’aller aux toilettes sans lever la main et faire signer un formulaire).

Dans un article paru dans Libération à propos de la visite ministérielle dans un lycée de Marseille, une jeune enseignante témoigne, sous couvert d’anonymat, de la mascarade que fut, à ses yeux, ce moment. Elle a sans doute bien raison de protester. Mais pourquoi ne pas le faire en son nom, puisqu’il s’agit de protester contre l’hypocrisie, les faux-semblant, la dissimulation de la réalité ? C’est toujours plus efficace de dénoncer la mascarade sans masque. Même si je comprends ses craintes et motivations.

Mais enfin, de manière plus générale, comment pouvons-nous prétendre faire des cours sur la liberté d’expression , louer le courage de l’équipe de Charlie Hebdo si l’on n’est pas capable, nous,  de dire la moindre phrase sur notre métier, publiquement, en notre propre nom ? D’autant plus que, la plupart du temps, il s’agit de dire des choses tout à fait convenables, du type « c’est dur dans mon lycée », « dans mon collège les élèves ont réagi comme ceci », « on se sent tous seuls dans nos bahuts sinistrés », il n’est pas question de révélations brûlantes, de dénonciations sans tact, d’attaques ad hominem. Comment évoquer la liberté si l’on est à ce point caporalisé ? Souvenons-nous, quand même, que nous ne sommes pas en Corée du Nord, que si l’on est tracassé, il sera tout à fait temps de réagir et d’alerter la population, les syndicats, ou autre. Loin de moi, pour autant, l’idée de prétendre que prendre la parole en son nom, pour témoigner ou protester, n’est pas sans conséquence. Parfois on le sent passer, on est boudé, critiqué, on en paie le prix ( bien que je n’aie jamais eu à subir de mesure de rétorsion hiérarchique).

A vrai dire, on n’est pas non plus obligé de s’exprimer. Mais, à mes yeux, si on le fait, autant le faire VRAIMENT.

Je ne jette pas la pierre aux collègues qui s’expriment anonymement. Quand j’ai publié mon premier texte, un article dans Le Débat, sur le collège, en 2002, j’ai un moment pensé à le faire de manière anonyme. Histoire de me protéger (davantage des collègues que de la hiérarchie, d’ailleurs, soyons honnêtes). J’en ai discuté, j’ai hésité puis je me suis dit que ça ne tenait pas. Ça avait un côté corbeau, délateur.  Si j’avais quelque chose à dire c’était à moi de le dire, en mon nom. Ce n’était qu’une parole, la mienne. Ce n’était ni l’Institution, ni la fonction qui s’exprimait : avancer à visage découvert ça réglait le malentendu (une prof, pas la profession, pas tous les profs).

Enfin, cette question met le doigt sur quelque chose d’important. Qui recoupe tout un tas de peurs, d’absurdités, de réflexes. En vrac : le sentiment, dans ce métier, que vous êtes plus nuisible pour l’Institution si vous témoignez de votre métier que si vous le faites mal. Que vous êtes plus pénible si vous bataillez pour que ça marche que si vous vous écrasez (une collègue qui, sans relâche, s’indignait de la suppression de la formation des maîtres et tentait, en salle des profs de faire partager son indignation, avait été surnommée avec aigreur « Jeanne d’Arc » par des collègues assoupis).Le sentiment, en tant qu’enseignant, d’être perdu au cœur d’un système qui vous contraint à l’anonymat (à force d’être traité de la sorte, par manque de vraies « ressources humaines »). L’absurdité d’un système injuste : on laisse quantité d’enseignants préoccupants devant les élèves mais on peut vous chercher des poux parce que vous n’avez pas bien respecté les instructions officielles pour le point B12 alinéa 3 du programme. L’infantilisation que produit une vie passée à l’Ecole (on a peur de se faire taper sur les doigts par nos supérieurs). Le mirage d’une carrière meilleure si l’on est docile (pour ce que ça change, franchement…C’est bien là le problème, nul ou bon, à la fin, au fil des jours, on ne voit pas la différence de manière criante). Je pourrais continuer mais je tiens, là, à revenir à l’essentiel.

Pour former des citoyens,vaste emprise,  commençons déjà par nous libérer nous-mêmes et nous sortir de cette caporalisation qui nous pèse.

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Ci-dessus article de Mara GOYET, 18 février 2015, blog Alchimie du Collège.

http://maragoyet.blog.lemonde.fr/2015/02/18/parole-des-enseignants-le-poids-de-la-caporalisation/

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commentaires
  1. […] MG (1) Un fonctionnement digne d’un état totalitaire ? Mara GOYET et la naïveté des enseign… […]

  2. F. H. dit :

    Pour ma part, je dépose une plainte lundi pour harcèlement moral au TA avec de nombreuses preuves.
    Notre hiérarchie par son silence signe sa complicité dans ce fonctionnement sans morale. Pour la partie pénale, j’attends de savoir si j’ai un avocat ou pas avec l’AS.
    On a l’impression d’être un coupable ou un traître parce que finalement on finit par ouvrir les yeux sur le système qui nous dirige.
    L’objectif est clair : être dans la case « malade qui doit se soigner ».
    Mais il n’y aucune humanité dans ceci, juste un objectif : décrédibiliser pour mieux continuer.

  3. Big brother est ici dit :

    Bonjour,
    ce site est surveillé et lu…. Tout ce que je peux dire est de faire attention à vous. Il ne plaît pas…

    La liberté d’expression protège un peu… tant qu’il n’y aura pas diffamation.

    Bonne continuation

  4. Isabelle dit :

    Que pense Mara Goyet de ce qui se passe au collège Bellefontaine de Toulouse ?

    https://omertaaurectorat.wordpress.com/2015/04/20/le-college-bellefontaine-de-toulouse-7-sanctionnes-pour-avoir-fait-greve/comment-page-1/#comment-970

    Elle qui écrivait « si l’on est tracassé, il sera tout à fait temps de réagir et d’alerter la population, les syndicats, ou autre.  »

    Alors, ça y est, elle va « alerter la population » ? A moins qu’elle ne soit complice de ce type de pratiquse, ce qui la met à l’écart de les subir ?

    « je n’ai jamais eu à subir de mesure de rétorsion hiérarchique  » écrit elle. Ne pas fâcher les amis au rectorat… Ne pas fâcher les amies au ministère… ne rien faire qui puisse nuire à sa carrière… C’est le credo de Goyet !

    Isabelle

  5. […] ailleurs. « On n’est pas en Corée du Nord » reste son credo, son slogan, sa bonne parole : https://omertaaurectorat.wordpress.com/2015/03/27/un-fonctionnement-digne-dun-etat-totalitaire-marie… . Brave toutou ! Et ses collègues ne sont pour la plupart guère plus […]

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