Notre blog étant fermé suite aux menaces de quelques harceleurs, nous sommes censés ne rien écrire au sujet du Lycée Condé de Besançon. Néanmoins, le recteur Jean-François CHANET défend le proviseur Jean-Pierre KOEPPEL avec une telle énergie que nous ne pouvons passer sous silence sa position et le mépris qu’il a pour les enseignants victimes de harcèlement dans l’Académie de Besançon.

Des faisceaux de faits tendent à démontrer qu’il existe une très forte suspicion de harcèlement hiérarchique au sein de ce lycée… Harcèlement moral doublé de harcèlement sexuel.

Pourtant, le recteur Jean-François CHANET juge bon de ne surtout pas prendre ses distances avec le proviseur incriminé. Pour les recteurs, et pour toute l’administration de l’Education Nationale, un proviseur est par essence systématiquement innocent, et donc au-dessus des lois.  Si ce brave recteur ne condamne pas le Harcèlement Hiérarchique, en revanche, il déploie toute son énergie pour condamner… les amalgames ! Ces prétendus « amalgames » étant le fait des profs et des mauvais journalistes, notre recteur condamne donc les journalistes se permettant de relayer la parole des enseignants qui osent briser la sacro-sainte Omerta.

Lorsqu’un professeur pédophile est pris la main dans la culotte, bien qu’il soit récidiviste, ce sont les mêmes recteurs qui assurent la main sur le coeur qu’ils n’étaient au courant de rien… Mais quand on les informe d’un problème, ils étouffent tout, ils nient en bloc et poussent le cynisme jusqu’à appeler…  au « dialogue » ! Voir ici, un exemple de recteur qui n’était pas au courant : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2015/03/25/01016-20150325ARTFIG00089-directeur-pedophile-comment-a-t-il-pu-etre-autorise-a-enseigner.php

Brave recteur CHANET. Attitude exemplaire, face au désarroi d’une enseignante très probablement démolie à vie par son chef d’établissement.

Brave recteur, dont on n’ose pas ici publier le montant du salaire et des primes annuelles. Oh, et puis si… La prime annuelle des recteurs, en sus de leur salaire, est comprise entre 25 620 €uros et 37 140 €. Voir ici : http://www.neoprofs.org/t85515-najat-vallaud-belkacem-augmente-la-prime-des-recteurs-d-academie-de-685?highlight=prime+recteur. Le prix du silence ?

Brave recteur, qui pour protéger le chef d’établissement accusé de harcèlement, n’hésite pas un instant à dénigrer ses victimes, l’air de ne pas y toucher, en renvoyant au «’personnel » et à « l’interpersonnel ». Sur le mode : l’enseignante harcelée sexuellement devait être fragile, avoir des soucis dans sa vie, etc. On connaît la chanson…

Brave recteur, qui évoque de simples « incompréhensions dans la communication du chef d’établissement »… Quand on lit les témoignages des enseignants, autant de cynisme fait froid dans le dos !

Brave recteur, qui appelle à une parole qui soit « responsable ». Non, non, ne voyez surtout pas dans ses propos prétendument « responsables » un encouragement à peine voilé envers les chefs d’établissements, à harceler sexuellement le petit personnel : vous ne seriez pas « responsable ». La solution préconisée par le recteur ? Un temps de « médiation ». Comme pour les pédophiles, quoi : tant que les parents ne portent pas plainte, on ferme les yeux, on laisse faire et on reste dans la « médiation »…

Brave recteur qui parle de « dérapage » quand une journaliste fait son travail de journaliste. Il est vrai que cela devient rare, la plupart des journalistes se contentant de reprendre  docilement les communiqués officiels et les éléments de langage du rectorat – à l’instar de Mara GOYET pour qui le harcèlement hiérarchique relève de la légende urbaine.

Brave recteur qui inverse les responsabilités : le problème viendrait des « grandes souffrances » d’une enseignante un peu paumée, et surtout pas des agissements d’un proviseur, qui, par sa fonction, a un comportement systématiquement irréprochable.

Brave recteur, qui « affirme avec force :  Il est choquant de laisser entendre que l’administration ne voit rien et n’agit pas. » Oh, mais si, l’administration agit ! Et nous le disons, sans le laisser entendre. Elle agit pour enfoncer les victimes. Elle agit pour faire croire que le Harcèlement Moral Hiérarchique n’existe pas. Elle agit pour que les citoyens ne voient pas et ne sachent pas ce qui se passe réellement avec certains chefs d’établissements.

Brave recteur, qui a bien compris que tout ce qui ne va pas vient des profs qui ne sont pas à la hauteur :  « Les importants changements, notamment dans l’enseignement professionnel, peuvent mettre les personnels sous pression »… C’est bien connu, le grain de sable qui vient enrayer la machine, et qui résiste au progrès insufflé par le Ministère, c’est le prof, assis sur ses nombreux privilèges.

Brave recteur qui demande de « revenir au respect et au sens des responsabilités ». Dites, Monsieur CHANET, si vous commenciez par respecter les êtres humains qui exercent le métier d’enseignants ? Votre salaire est trop élevé pour que vous retrouviez un jour le sens des responsabilités ? Votre responsabilité, c’est de pratiquer l’Omerta et de couvrir les brebis galeuses ? Ou bien de mettre un terme aux saloperies dont témoignent courageusement vos agents, malgré tous vos efforts pour les museler et pour couvrir le scandale ?

Brave recteur CHANET. Un chef d’établissement qui voudrait pratiquer le droit de cuissage ne peut qu’apprécier un recteur aussi compréhensif. Un honnête homme, un grand homme, un brave gars, quoi.

Rappelons-le : naturellement, le proviseur KOEPPEL est jusqu’à preuve du contraire présumé innocent. Il peut s’agit d’un vaste complot, oui, oui ! Peut-être orchestré par les services secrets syriens ou par de petits hommes verts qui sont jaloux des performances fabuleuses de notre merveilleux système éducatif, qui sait…

A suivre…

Marie, Jeanne, et Philippe

 

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Ci-dessous, lien vers l’article de Céline MAZEAU, L’Est républicain, 2 septembre 2015.

http://www.estrepublicain.fr/edition-de-besancon/2015/09/02/je-condamne-les-amalgames

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Social

Harcèlement au lycée Condé à Besançon : le recteur réagit

02/09/2015 à 19:53 , actualisé à 19:55 Vu 617 fois

Jean-François Chanet et Marie-Laure Jeannin, hier, au lycée Condé. Photo Ludovic LAUDE

Jean-François Chanet et Marie-Laure Jeannin, hier, au lycée Condé. Photo Ludovic LAUDE

Il a peu apprécié. Hier, Jean-François Chanet, le recteur de l’académie de Besançon, est revenu sur la manifestation organisée devant le lycée Condé le jour de la rentrée, et surtout sur les propos qui ont été tenus à ce moment-là. « Il faut que la parole soit libre », dit-il, « pour peu qu’elle soit responsable. On ne peut pas dire n’importe quoi. »

Les cinq syndicats enseignants et les trois syndicats des agents de service qui ont lancé un appel à la grève dans cet établissement ont dénoncé, mardi, « un contexte de grande souffrance au travail » et évoqué « de fortes suspicions de harcèlement de la part du proviseur sur une enseignante et deux agents féminins ».

En ce qui concerne le harcèlement, le recteur est très clair : « La justice n’a pas été saisie. Il n’y a pas eu de dépôt de plainte. » Pas question, donc, de muter ou de sanctionner le proviseur : « Rien ne le justifie en l’état. » Cette « mise en cause » publique de « l’honneur » du chef d’établissement est « inadmissible », ajoute-t-il.

« Des signaux qui nous ont inquiétés »

Reste le climat général. Rien, selon Jean-François Chanet, ne laissait supposer l’an dernier que l’ambiance s’était particulièrement dégradée au lycée Condé. Sachant, dit-il, que les importants changements, notamment dans l’enseignement professionnel, « peuvent mettre les personnels sous pression ». Et surtout les chefs d’établissements, étant donné « les lourdes responsabilités qui pèsent sur leurs épaules ».

Le rectorat a cependant été alerté avant l’été, apparemment au sujet de « difficultés », et « d’incompréhensions dans la communication du chef d’établissement ». « Nous avons eu des signaux qui nous ont inquiétés », résume Marie-Laure Jeannin, la secrétaire générale de l’académie. « Nous avons donc reçu les représentants du personnel puis l’équipe de direction qui a apporté beaucoup de réponses. Nous en avons conclu qu’un temps de médiation devait pouvoir permettre de réengager le dialogue dans l’établissement. Et nous avons donné toutes les garanties. » Au programme : des rencontres prévues au sein du lycée et surtout la présence sur place d’inspecteurs de l’Éducation nationale afin que les personnels puissent se confier et que des solutions puissent être trouvées.

« Instrumentalisation »

Le recteur l’affirme avec force : « Il est choquant de laisser entendre que l’administration ne voit rien et n’agit pas. Depuis la fin de l’année scolaire, nous suivons de très près le dossier. Mais il faut faire la part des choses entre ce qui relève de l’interpersonnel et ce qui relève du professionnel. »

Reste la détresse de l’enseignante qui s’est exprimée mardi (« L’Est Républicain » du 2 septembre 2015). Le recteur évoque une personne en grande souffrance mais il parle aussi de ceux qui « avaient intérêt à jeter de l’huile sur le feu » : « Je condamne les amalgames, les soupçons qui ne sont que des soupçons et l’instrumentalisation de la souffrance d’une personne pour faire pression sur l’administration sous prétexte que cette administration n’aurait pas pris la mesure des problèmes. Focaliser l’attention là-dessus, ce n’est pas poser correctement les termes du débat. C’est un dérapage. »

Hier matin, le recteur a longuement rencontré les agents et les enseignants du lycée Condé en présence de l’équipe de direction. Des échanges parfois vifs, apparemment. « Il faut maintenant apaiser les choses, revenir au respect et au sens des responsabilités. » En attendant le mouvement de grève est de nouveau reconduit.

Céline MAZEAU

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Ci-dessous, lien vers l’article de Céline MAZEAU, L’Est républicain, 2 septembre 2015.

http://www.estrepublicain.fr/edition-de-besancon/2015/09/02/je-condamne-les-amalgames

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commentaires
  1. Georges dit :

    Merci pour votre article qui montre bien le fonctionnement de l’institution scolaire.
    Ce recteur prétend défendre l’honneur du proviseur. Mais l’honneur des enseignantes qui se font tripoter et à qui on voudrait imposer des relations sexuelles, il en fait quoi ?
    En réagissant ainsi, ce recteur favorise le développement de la promotion canapé et il crée durablement les conditions propices au harcèlement sexuel et au harcèlement moral.
    Zéro pointé, monsieur Chanet !

  2. AppellezmoiPerfection dit :

    Je vous trouve tout de même un peu durs avec ces chics types. Et il faut les comprendre aussi. Ce n’est quand même pas simple de gérer des enseignants vindicatifs, revendicatifs et de surcroît toujours en grève. Et en plus vous savez quoi? Ils veulent même qu’on reconnaisse leurs droits. Non mais où va le monde?

  3. […] Le Lycée Condé de Besançon (2) Le recteur CHANET défend le proviseur et veut faire taire les ens… […]

  4. […] puisse oser « atteindre l’honneur d’un chef d’établissement », voir ici :  https://omertaaurectorat.wordpress.com/2015/09/10/le-lycee-conde-de-besancon-2-le-recteur-chanet-def… mais qui s’accommode fort bien que l’honneur d’une petite prof puisse être mis […]

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