Le Collège Gay Lussac de Colombes (4) Le verrou de l’Omerta en passe de se fissurer ?

Publié: 21/09/2015 dans B 1 Harcèlement Moral Hiérarchique ou douce bienveillance ?, B 6 Les syndicats d'enseignants sont-ils totalement corrompus ?, Le Collège Gay Lussac de COLOMBES (92)

 

Notre blog étant fermé suite aux menaces de quelques harceleurs, nous sommes censés ne rien écrire au sujet du Collège Gay Lussac de Colombes. Toutefois, ce qui se passe dans cet établissement scolaire est si préoccupant, et si contraire aux principes et au lois de la République, que nous ne pouvons le passer sous silence.

 

Depuis des dizaines d’années,

quelques recteurs peu à cheval sur l’éthique

ont pris l’habitude d’abuser de leur pouvoir

pour détruire des enseignants innocents,

ayant eu pour seul tort de déplaire à leur hiérarchie.

 

Participer très activement à une grève ou refuser de taire les dérives délictueuses d’un chef d’établissement peut suffire à voir sa carrière et sa vie brisées. Le recours à des sanctions arbitraires est une pratique très répandue dans l’Education Nationale, et il n’existe aucun contre-pouvoir. Les « gros » syndicats SNES-FSU et UNSA, parfois seuls représentés dans les commissions paritaires, contribuent trop souvent par leur silence assourdissant à ancrer le déni et l’Omerta dans l’institution scolaire.

 

Mais… peu à peu l’Omerta se fissure. Depuis février 2013 notre blog a contribué à lever le voile sur ces pratiques scandaleuses, tout en apportant un soutien direct aux personnels en lutte contre ces abus de pouvoir.

« Après Bellefontaine, Colombes… » peut-on lire ici ou là, comme si les 400 autres cas que nous avons relevés (sans toujours avoir eu le temps ou la possibilité d’en parler ici même), et les centaines d’autres situations encore sous le boisseau n’avaient jamais existé…

On en parle, on en parle, et c’est une bonne chose ! L’Omerta commence peut-être à se fissurer…

Marie, Jeanne, et Philippe

 

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Ci-dessous, lien vers l’article d’Aline DABOVAL, Le Parisien, 20 septembre 2015 :

 

http://m.leparisien.fr/colombes-92700/colombes-une-greve-pour-defendre-les-deux-profs-grevistes-menaces-de-sanction-20-09-2015-5110067.php#xtref=http%3A%2F%2Fwww.neoprofs.org%2Ft94821p20-apres-bellefontaine-repression-au-college-gay-lussac-de-colombes-92

 

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Colombes : une grève pour défendre les deux profs grévistes menacés de sanction

Adeline Daboval | Publié le Dimanche 20 Sept. 2015, 15h32 | Mis à jour : 15h32

Colombes, collège Gay-Lussac, vendredi. Oscar Roman et Gari Pham, deux professeurs qui ont activement participé à la mobilisation contre la sortie du collège du réseau d’éducation prioritaire, sont convoqués devant la commission de discipline. (LP/A.D.)

Solidaires, leurs collègues ont commencé une grève reconductible vendredi. Eux-mêmes annoncent une grève de la faim à partir de ce lundi. Oscar Roman et Gari Pham, professeurs de mathématiques et de sport au collège Gay-Lussac de Colombes, font l’objet d’une procédure disciplinaire de l’éducation nationale. Ils sont respectivement convoqués devant la commission de discipline le 23 septembre et le 9 octobre prochains.

« On nous accuse de blocage, mais il n’y a pas eu de blocage, se défend Oscar Roman. Selon moi, on paie surtout notre attitude irrévérencieuse. » Les faits remontent au mois de novembre 2014. Pour protester contre la sortie de leur collège du réseau d’éducation prioritaire, une trentaine d’enseignants entame une grève reconductible, qui durera finalement trois semaines.

« On a commencé le 8 décembre 2014 et on s’est arrêté une journée avant les vacances, se souvient l’un des autres professeurs grévistes. Nous avons fait une nouvelle grève la dernière semaine de janvier 2015 quand nous avons appris que nous perdions une quarantaine d’heures de dotations horaires. »

En avril, surprise générale en salle des professeurs : deux des grévistes seront convoqués devant la commission de discipline. Et seulement deux. « C’est injuste, témoigne l’un de leurs collègues qui du coup souhaite rester anonyme. De nombreux collèges et écoles qui sortaient de l’éducation prioritaire ont fait grève et nous étions 28 enseignants grévistes à Gay-Lussac. Pourquoi eux ? Comme à Toulouse, l’éducation nationale veut faire un exemple avec l’établissement qui a fait la grève le plus longtemps… »

« Le réseau d’éducation prioritaire donne des moyens pour les élèves, pas des primes aux professeurs, contrairement aux ZEP, fait valoir Oscar Roman. Nous avons laissé des journées de salaire pour nos élèves. Et aujourd’hui, on veut nous sanctionner ? C’est incompréhensible. C’est une atteinte au droit de grève. » Lancée en juin, une pétition de soutien a recueilli 1 300 signatures.

Les deux enseignants ont aussi saisi le médiateur de l’éducation nationale. « Les commissions de discipline sont extrêmement rares, s’étonne Oscar Roman. Elles ne concernent quasiment que des affaires de mœurs : un vol, des attouchements… Mais pour la grève, je n’ai jamais vu ça en 30 ans de maison ! »

Interrogé, le directeur académique refuse « de commenter une procédure disciplinaire ». Mais Philippe Wuillamier affirme fermement : « L’analyse de l’administration, c’est qu’ils ont fait une faute professionnelle. La commission examinera les faits. Mais ce n’est en aucun cas, pour des faits de grève. Le droit à la grève est un droit absolu. »

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Ci-dessus, lien vers l’article d’Aline DABOVAL, Le Parisien, 20 septembre 2015 :

http://m.leparisien.fr/colombes-92700/colombes-une-greve-pour-defendre-les-deux-profs-grevistes-menaces-de-sanction-20-09-2015-5110067.php#xtref=http%3A%2F%2Fwww.neoprofs.org%2Ft94821p20-apres-bellefontaine-repression-au-college-gay-lussac-de-colombes-92

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commentaires
  1. Sabria dit :

    https://omertaaurectorat.wordpress.com/2013/07/29/quand-les-syndicats-denseignants-trompent-les-enseignants-2-reflexions-de-daniel-arnaud-suite/

    Vos délégués syndicaux, « domestiqués », sont de fait associés à tous les étages de la pyramide administrative. Ils boivent l’apéro avec votre chef d’établissement lors du Conseil d’Administration (CA) ; ils entretiennent de bonnes relations avec votre inspecteur en espérant récupérer un poste de « faisant fonction » lors de son départ à la retraite ; ils siègent dans des Commissions Administratives Paritaires Académiques (CAPA) où ils assurent votre recteur de la docilité « des troupes » qu’ils tiennent en l’échange de menus services : vague promesse de promotion plus rapide à l’échelon suivant, avis très favorable pour un congé formation…

    Vous imaginez bien que, dans ces conditions, la connivence entre vos « chers collègues » et vos supérieurs s’installe tout naturellement. Pourquoi iraient-ils déplaire aujourd’hui à la hiérarchie en apportant leur soutien à un professeur harcelé, en prenant le risque de se faire interdire le puits des privilèges demain ? Oui, ils servent la pacification dans les rangs. Avant le recours à une répression plus brutale (blâme, suspension de service, mutation disciplinaire…), le passage par les permanents de ce syndicalisme dévoyé permet souvent au Pouvoir de faire accepter sans coup férir aux maîtres qui le subissent les décisions même les plus iniques… Des preuves de la compromission ? Paul Villach prend le cas d’une ancienne secrétaire générale du SNES-FSU, décorée de la légion d’honneur en 2001 par le ministre de l’Education nationale, et commente la remise du hochet sans détours :

    « Est-il raisonnable de croire qu’un ministre récompense une syndicaliste pour sa fidélité à sa mission de contre-pouvoir, c’est-à-dire à une action visant avant tout à contenir la tentation du pouvoir qui, selon Montesquieu, est de toujours s’étendre tant qu’il ne rencontre pas de limite ?

    Compte tenu de ce qu’on observe depuis 20 ans, cette médaille est bien plutôt le signe tangible de la reconnaissance du pouvoir envers une auxiliaire pour l’avoir aidé à domestiquer un contre-pouvoir gênant. Quand le mandataire des salariés s’est mué en porte-parole du patron, cela mérite bien une médaille. »

    Il suffit du reste de se rendre sur le site de la FSU (http://www.fsu.fr/) pour s’apercevoir qu’elle rassemble, outre le SNES, aussi bien d’autres syndicats de profs que… des syndicats d’inspecteurs et de chefs d’établissement ! C’est-à-dire de ces administratifs qui, dans les cas de harcèlement, contribuent à détruire les victimes et à entretenir la loi du silence.

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