Notre blog étant fermé suite aux menaces de quelques harceleurs, nous sommes censés ne rien écrire au sujet du Collège Marie Curie de Provins. Toutefois, ce qui se joue dans ce collège mérite qu’on en parle ici.

 

Sous l’impulsion de l’enseignante Anouk GUEZET, le personnel de ce collège a décidé de ne plus subir en silence le joug d’un chef d’établissement qui ne semble pas vraiment à la hauteur des ses missions, à en croire les agents et les parents d’élèves. Nous avons consacré huit billets à saluer et soutenir la lutte de ces professeurs qui veulent juste qu’on les laisse travailler en paix, dans des conditions à peu près normales , c’est-à-dire sans subir de harcèlement moral de la part de leur supérieur hiérarchique : https://omertaaurectorat.wordpress.com/category/eee-liste-de-quelques-etablissements-scolaires-ou-il-fait-bon-vivre-et-parfois-mourir/le-college-marie-curie-de-provins-77/

 

Certes, notre soutien à ce mouvement social, s’il est absolu dans son principe, n’est pas exempt de certaines critiques, notamment dans la façon dont les dirigeants du plus puissant syndicat enseignant, le SNES, abordent la question du Harcèlement Moral Hiérarchique. Nous le disons et le répétons à l’envie, comme l’ont fait Daniel ARNAUD, Paul VILLACH, et tant d’autres : si le SNES voulait réellement éradiquer cette barbarie institutionnalisée, le sujet serait sur le tapis depuis longtemps, et traité depuis belle lurette ! https://omertaaurectorat.wordpress.com/category/bbb-les-grands-themes/b-5-les-syndicats-denseignants-sont-ils-totalement-corrompus/

 

Cela n’empêche pas des militants de base d’agir, localement, avec conviction et plus ou moins d’efficacité. Mais comment être efficace quand votre propre syndicat ne vous soutient que fort mollement ?

 

La militante Anouk GUEZET s’est émue de nos critiques, et elle nous a écrit, ce matin.

 

Nous lui répondons ici-même.

 

Marie, Jeanne et Philippe.

 

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Philippe, Marie et Jeanne,
La mollesse me caractérise, soit !
Qu’en est-il de vos pratiques ? Anonymat, absence sur le terrain et critiques systématiques. Vous avez dit lâcheté ?
Sortez de l’ombre et de votre confort, nous vous attendons sur place lundi prochain !
Bien à vous.

Anouk GUEZET

* * *

Chère Anouk,

Très heureux de vous lire ici. Soyez la bienvenue et constatez que nous vous laissons libre parole sur nos pages, sans la moindre censure.
D’autres syndicalistes du SNES n‘ont pas eu la décence de simplement répondre à nos questions, à nos appels, à nos mails, à nos courriers, malgré plusieurs années de démarches en ce sens, et alors que les enjeux étaient souvent autrement plus lourds. Vous avez dit lâcheté ?
Merci, donc, de nous avoir contactés.

Gageons qu’avec un peu de persévérance et un minimum de « parler vrai », vous ferez bientôt partie de notre tableau d’honneur, parmi les Résistants dont nous saluons l’action : Daniel ARNAUD, Guy LANDEL, Roland VEUILLET et Paul VILLACH. Voir ici : https://omertaaurectorat.wordpress.com/category/ccc-les-resistants-denoncent-etou-subissent-le-harcelement-moral/
C’est tout le bien que nous vous souhaitons.

Notez tout d’abord que – contrairement à ce que vous semblez avoir saisi – nous n’avons jamais écrit que la mollesse était une de vos caractéristiques. Nous distinguons toujours ce qu’est une personne et ce qu’elle fait. De ce qu’est une personne, nous n’avons pas à juger. De ce qu’elle fait, guère beaucoup plus. Il nous semble toutefois utile de pouvoir exposer ici ce qu’il en est des actions des uns et des autres dans certaines situations.
Nous avons précisément écrit que vous ne sortiez pas de la mollesse – verbale ! – habituellement préconisée par votre syndicat, le SNES : « peut-on lui demander plus que ce dont elle est capable, et que la mollesse habituelle préconisée par son syndicat ? ».
Autrement dit, nous réprouvons la mollesse des termes, la langue de bois, l’excès de prudence langagière : tous ces travers qui conduisent à vider de leur sens les actions syndicales, voire à les dénaturer totalement.

Pour le dire autrement, chère Anouk, luttez-vous contre des faits – présumés – de Harcèlement Moral Hiérarchique ? Ou souhaitez-vous simplement conserver les privilèges de profs paresseux qui souffrent parce qu’on leur demande de se mettre enfin un peu au travail : ces fameux « profs en souffrance » dont le Rectorat, l’administration et les médias nous rebattent les oreilles ?

Vous évoquez nos « pratiques ». Peut-être ont-elles plus fait pour faire avancer la cause que vous ne pourrez le faire dans votre bonne ville de Provins en toute une vie de militantisme syndical.
Notre anonymat – tout relatif – est le garant de notre protection – bien mince – face à la sauvagerie quasi barbare de la répression de l’institution scolaire (cette sauvagerie-même que vous combattez, vous aussi).
Que savez-vous de notre présence sur le terrain ? Et de nos actions en dehors de l’animation de ce blog ?
Nos critiques sont constructives, nos éloges également, mais les avez-vous lus, ces éloges ? Peut-être ne lisez-vous que les billets qui mettent en avant votre personne ?
Vous avez dû passer également à côté de nos pointes d’humour.
Et même – c’est un petit exploit ! – à côté des 103 pages de notre section consacrée au « Sourire du Jour » : https://omertaaurectorat.wordpress.com/category/bbb-les-grands-themes/b-7-sourire/

Restez, Anouk, dans le confort ouaté de votre syndicat moelleusement et mollement installé Rue de Grenelle. Nous resterons dans celui un peu rude de nos chaises de bureau spartiates et de nos écrans d’ordinateurs poussiéreux.
Restez au soleil, à vous faire dorer la pilule, entre deux réunions syndicales. Nous resterons dans l’ombre, à travailler d’arrache-pied.
Restez sous les feux éblouissants des projecteurs médiatiques de la presse locale. Votre ego y trouvera sans doute matière à satisfaction.

Et surtout, poursuivez votre combat, qui est le nôtre, et qui était déjà le nôtre à une époque où votre syndicat ne vous autorisait pas à penser ces questions, et encore moins à agir.
Mais le SNES ne vous autorise toujours pas à penser la question du Harcèlement Moral Hiérarchique. Nous ne sommes pas les seuls à le constater, et à le dire, dans l’espace public. Voyez ici : https://omertaaurectorat.wordpress.com/2015/10/01/le-college-gay-lussac-de-colombes-6-le-snes-fsu-complice-silencieux-de-delits-de-harcelement-des-militants-de-la-fsu-denoncent-ce-double-jeu/

* * *

Il est temps de se dessiller. Lisez ce qu’en dit ce qui constitue à ce jour le seul ouvrage de référence sur la question :

https://omertaaurectorat.wordpress.com/2013/07/29/quand-les-syndicats-denseignants-trompent-les-enseignants-2-reflexions-de-daniel-arnaud-suite/

« Vos délégués syndicaux, « domestiqués », sont de fait associés à tous les étages de la pyramide administrative. Ils boivent l’apéro avec votre chef d’établissement lors du Conseil d’Administration (CA) ; ils entretiennent de bonnes relations avec votre inspecteur en espérant récupérer un poste de « faisant fonction » lors de son départ à la retraite ; ils siègent dans des Commissions Administratives Paritaires Académiques (CAPA) où ils assurent votre recteur de la docilité « des troupes » qu’ils tiennent en l’échange de menus services : vague promesse de promotion plus rapide à l’échelon suivant, avis très favorable pour un congé formation…

Vous imaginez bien que, dans ces conditions, la connivence entre vos « chers collègues » et vos supérieurs s’installe tout naturellement. Pourquoi iraient-ils déplaire aujourd’hui à la hiérarchie en apportant leur soutien à un professeur harcelé, en prenant le risque de se faire interdire le puits des privilèges demain ? Oui, ils servent la pacification dans les rangs. Avant le recours à une répression plus brutale (blâme, suspension de service, mutation disciplinaire…), le passage par les permanents de ce syndicalisme dévoyé permet souvent au Pouvoir de faire accepter sans coup férir aux maîtres qui le subissent les décisions même les plus iniques… Des preuves de la compromission ? Paul Villach prend le cas d’une ancienne secrétaire générale du SNES-FSU, décorée de la légion d’honneur en 2001 par le ministre de l’Education nationale, et commente la remise du hochet sans détours :

« Est-il raisonnable de croire qu’un ministre récompense une syndicaliste pour sa fidélité à sa mission de contre-pouvoir, c’est-à-dire à une action visant avant tout à contenir la tentation du pouvoir qui, selon Montesquieu, est de toujours s’étendre tant qu’il ne rencontre pas de limite ?

Compte tenu de ce qu’on observe depuis 20 ans, cette médaille est bien plutôt le signe tangible de la reconnaissance du pouvoir envers une auxiliaire pour l’avoir aidé à domestiquer un contre-pouvoir gênant. Quand le mandataire des salariés s’est mué en porte-parole du patron, cela mérite bien une médaille. »

Il suffit du reste de se rendre sur le site de la FSU (http://www.fsu.fr/) pour s’apercevoir qu’elle rassemble, outre le SNES, aussi bien d’autres syndicats de profs que… des syndicats d’inspecteurs et de chefs d’établissement ! C’est-à-dire de ces administratifs qui, dans les cas de harcèlement, contribuent à détruire les victimes et à entretenir la loi du silence.  »

( passage tiré du livre de D. A., Le Harcèlement moral dans l’Enseignement, consultable dans tous les bons C. D. I. des collèges, lycées et autres établissements scolaires  [Centres de Documentation et d’Information] )

* * *

Nous sommes très heureux que vous ayez malgré tout (malgré le double jeu de certains dirigeants de votre syndicat) mené les actions qui sont les vôtres au sein de votre collège.

Bravo, Anouk ! Et bon courage à vous. Il faut tenir. Et gagner. Nous comptons sur vous et sur vos collègues pour obtenir justice.

Mais « Muscle ton jeu ! Muscle ton jeu Robert ! Si tu muscles pas ton jeu, fais attention! Je t’assure, tu vas avoir des déconvenues. Parce que t’es trop gentil . » 😉
https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Yeux_dans_les_Bleus

Bien à vous.

M., J., et P.

commentaires
  1. Chère Anouk,
    Loin de pratiquer l’anonymat, je signe de mon prénom, Marie.
    Bien à vous,
    Marie

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