Pour harceler et détruire à petit ou moyen feu son personnel, il faut tout de même drôlement lui manquer de respect.

Florence ROBINE, Directrice Générale de l’Enseignement Scolaire  (DEGESCO) donne le ton de ce que peut être ce manque de respect, chez certaines et certains, tout au sommet de l’institution scolaire. La vidéo de la cession du 30 septembre 2015, filmée à Caen est à ce sujet édifiante : https://www.youtube.com/watch?v=jr3mLbRHQ0o.

Alain MORVAN, ancien Recteur d’académie, ne mâche pas ses mots – et il aurait tort de le faire !

 

 

« J’ai rarement entendu

un dignitaire de l’Éducation nationale

parler du corps enseignant  

avec   si   peu  de  considération.

 

Des   élèves   avec   si   peu   de discernement.

 

De l’institution scolaire elle-même  avec  un  tel  orgueil  de propriétaire.  

 

De   tout   et   de   rien  

avec   aussi   peu   de recul,  d’humanité, d’humilité, de capacité à douter.

 

Non, Mme Robine ne doute de rien.

En imposant  le  retrait  de  son  affligeante  réforme,  

apprenons-lui  les  vertus  de l’esprit critique. »

 

 

« Il est légitime et indispensable de s’intéresser aux élèves en difficulté et aux victimes  potentielles  du  décrochage  scolaire.  Il  est  stupéfiant, en  revanche, que pas un mot ne soit dit des bons élèves, ni du plaisir qu’on peut ressentir à  apprendre,  à progresser, à se dépasser sur l’échelle du mérite. Mme Robine semble n’en avoir cure. S’agissant des disciplines (car il n’y a quand même pas que les « compétences » dans la vie d’un élève !), les vrais sujets d’inquiétude  sont par elle contournés.   La   place   dévolue   au   latin   est expédiée en quelques mots d’une rare légèreté, à la fin du propos, ainsi que celle  des  langues  étrangères.  Du  sort  funeste  des  classes  bi-langues  et des sections  européennes,  pas  un  mot.  La  langue  allemande – sauf  erreur  ou inattention  de  ma  part – n’est pas évoquée une seule fois. Sans doute un hommage aux propos définitifs que le précédent recteur de l’académie de Caen,  depuis  nommé  conseiller à l’Elysée,  avait  tenus  au  printemps  face  à une délégation de germanistes de son académie, priés de se convaincre une fois  pour toutes  qu’après deux  guerres  mondiales,  il  était  normal  que l’allemand soit devenue une langue peu «attractive».

Je ne suis pas, ou tente de ne pas être, inspiré par quelque manichéisme que ce  soit.   Je   reconnais   que Mme   Robine   est   assez talentueuse   lors   des quelques minutes qu’elle consacre à l’eau  comme possible  objet d’étude interdisciplinaire. Elle nous dit d’ailleurs elle-même qu’elle a bien rôdé ce numéro-là.  Mais  ce  qui  me  partage  entre  hilarité  et  indignation, c’est sa façon d’être et de parler. Que d’autorité jupitérienne,  que  de  certitudes cassantes,  que  de  caporalisme  dans  la  pensée,  dans  la  méthode,  dans l’expression de la part de quelqu’un qui prône la nécessité de l’autonomie !
À l’entendre ressasser l’expression  « obligation  absolue »  (en  détachant avec brutalité les syllabes de l’adjectif ab/so/lu), on ne comprend que trop bien de quelle autonomie il s’agit, au profit de qui, aux dépens de qui, et au nom de quoi.
Ce qui ne signifie pas que les principaux doivent se réjouir : en traitant  les  professeurs  comme quantité  négligeable,  Mme  Robine  ne  fait-elle pas d’avance des chefs d’établissement les responsables de l’échec inéluctable du nouveau collège ? Du futur ex-nouveau collège, espérons-le.

J’ai rarement entendu un dignitaire de l’Éducation nationale parler du corps enseignant   avec   si   peu  de  considération.
Des   élèves   avec   si   peu   de discernement. De l’institution scolaire elle-même  avec  un  tel  orgueil  de propriétaire.   De   tout   et   de   rien   avec   aussi   peu   de recul,  d’humanité, d’humilité, de capacité à douter. Non, Mme Robine ne doute de rien. En imposant  le  retrait  de  son  affligeante  réforme,  apprenons-lui  les  vertus  de l’esprit critique. »

* * *

Oui, c’est un ancien Recteur qui parle. Et le visionnage de la vidéo ne laisse aucun doute sur le mépris, la morgue, l’aveuglement de certains hauts fonctionnaires, vivant hors sol et incapables de mettre en pratique des principes de bon sens.

La gauche et la droite alternent, les Ministres se succèdent, mais ces hauts fonctionnaires restent en poste : c’est la DEGESCO qui gouverne. On dit qu’y règnent des pédagogistes fous, des pédagogols, soucieux de leur nombril plus que de l’intérêt des élèves. Ce sont eux qui détruisent l’Ecole de la République. Déjà au milieu des années 1950, aux Etats Unis, la philosophe Hannah ARENDT constatait via de multiples articles que ces pédagogos détruisaient les principes mêmes de la transmission des savoirs. Plus besoin d’apprendre le solfège aux enfants, on leur mettait un instrument dans les mains et ils devenaient spontanément capables d’écrire une symphonie. Plus besoin d’apprendre les lois de la perspective, de la composition, des harmonies des couleurs : ils savaient naturellement peindre des chefs d’oeuvres. Le professeur a plus à apprendre de l’enfant que l’inverse. Et l’élève construit seul son savoir. Depuis trop d’années, la France subit aussi ces dérives des pseudo-sciences de l’enseignement, et chacun constate l’effondrement du niveau scolaire qui s’en est suivi…

* * *

La rubrique « Parallèles » de notre blog nous a permis d’aborder des faits de harcèlement hiérarchique dans d’autres milieux que l’Education Nationale. Ou quelques enseignements à tirer de l’affaire CAHUZAC. Aujourd’hui, elle nous permet de saluer le portrait qu’Alain MORVAN dresse de la sympathique Florence ROBINE. Pétrie d’humilité, d’humanité et d’esprit critique, Florence ROBINE a bien mérité de la Nation. Un argument suffisant, s’il en manquait, pour manifester le samedi 10 octobre, à Paris, contre sa réforme inepte et indigeste ?

Philippe, Jeanne, et Marie.

 

 

 

 

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Ci-dessous lien vers la vidéo de la Conférence sur la Réforme du Collège, Florence ROBINE à Caen, 30 septembre 2015 :

Texte intégral du billet d’Alain MORVAN, ancien Recteur d’académie, Professeur émérite à l’université de la Sorbonne Nouvelle (Paris 3), Le Caporalisme épinglé, octobre 2015 :

https://txtmv.files.wordpress.com/2015/10/am_le-caporalisme-c3a9pinglc3a9.pdf

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commentaires
  1. […] FR (1) Florence ROBINE a tellement de respect pour les enseignants ! […]

  2. Nadine. dit :

    Complétement déconnectée, la Florence. J’ai honte pour elle. Qu’on la foute devant une classe, pour la ramener sur terre.

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