Archives de la catégorie ‘C 5 Un vrai Résistant : Paul VILLACH.’

 

Notre blog étant fermé suite aux menaces de quelques harceleurs, nous sommes censés ne rien écrire au sujet du Collège Marie Curie de Provins. Toutefois, ce qui se joue dans ce collège mérite qu’on en parle ici.

 

Sous l’impulsion de l’enseignante Anouk GUEZET, le personnel de ce collège a décidé de ne plus subir en silence le joug d’un chef d’établissement qui ne semble pas vraiment à la hauteur des ses missions, à en croire les agents et les parents d’élèves. Nous avons consacré huit billets à saluer et soutenir la lutte de ces professeurs qui veulent juste qu’on les laisse travailler en paix, dans des conditions à peu près normales , c’est-à-dire sans subir de harcèlement moral de la part de leur supérieur hiérarchique : https://omertaaurectorat.wordpress.com/category/eee-liste-de-quelques-etablissements-scolaires-ou-il-fait-bon-vivre-et-parfois-mourir/le-college-marie-curie-de-provins-77/

 

Certes, notre soutien à ce mouvement social, s’il est absolu dans son principe, n’est pas exempt de certaines critiques, notamment dans la façon dont les dirigeants du plus puissant syndicat enseignant, le SNES, abordent la question du Harcèlement Moral Hiérarchique. Nous le disons et le répétons à l’envie, comme l’ont fait Daniel ARNAUD, Paul VILLACH, et tant d’autres : si le SNES voulait réellement éradiquer cette barbarie institutionnalisée, le sujet serait sur le tapis depuis longtemps, et traité depuis belle lurette ! https://omertaaurectorat.wordpress.com/category/bbb-les-grands-themes/b-5-les-syndicats-denseignants-sont-ils-totalement-corrompus/

 

Cela n’empêche pas des militants de base d’agir, localement, avec conviction et plus ou moins d’efficacité. Mais comment être efficace quand votre propre syndicat ne vous soutient que fort mollement ?

 

La militante Anouk GUEZET s’est émue de nos critiques, et elle nous a écrit, ce matin.

 

Nous lui répondons ici-même.

 

Marie, Jeanne et Philippe.

 

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Philippe, Marie et Jeanne,
La mollesse me caractérise, soit !
Qu’en est-il de vos pratiques ? Anonymat, absence sur le terrain et critiques systématiques. Vous avez dit lâcheté ?
Sortez de l’ombre et de votre confort, nous vous attendons sur place lundi prochain !
Bien à vous.

Anouk GUEZET

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Chère Anouk,

Très heureux de vous lire ici. Soyez la bienvenue et constatez que nous vous laissons libre parole sur nos pages, sans la moindre censure.
D’autres syndicalistes du SNES n‘ont pas eu la décence de simplement répondre à nos questions, à nos appels, à nos mails, à nos courriers, malgré plusieurs années de démarches en ce sens, et alors que les enjeux étaient souvent autrement plus lourds. Vous avez dit lâcheté ?
Merci, donc, de nous avoir contactés.

Gageons qu’avec un peu de persévérance et un minimum de « parler vrai », vous ferez bientôt partie de notre tableau d’honneur, parmi les Résistants dont nous saluons l’action : Daniel ARNAUD, Guy LANDEL, Roland VEUILLET et Paul VILLACH. Voir ici : https://omertaaurectorat.wordpress.com/category/ccc-les-resistants-denoncent-etou-subissent-le-harcelement-moral/
C’est tout le bien que nous vous souhaitons.

Notez tout d’abord que – contrairement à ce que vous semblez avoir saisi – nous n’avons jamais écrit que la mollesse était une de vos caractéristiques. Nous distinguons toujours ce qu’est une personne et ce qu’elle fait. De ce qu’est une personne, nous n’avons pas à juger. De ce qu’elle fait, guère beaucoup plus. Il nous semble toutefois utile de pouvoir exposer ici ce qu’il en est des actions des uns et des autres dans certaines situations.
Nous avons précisément écrit que vous ne sortiez pas de la mollesse – verbale ! – habituellement préconisée par votre syndicat, le SNES : « peut-on lui demander plus que ce dont elle est capable, et que la mollesse habituelle préconisée par son syndicat ? ».
Autrement dit, nous réprouvons la mollesse des termes, la langue de bois, l’excès de prudence langagière : tous ces travers qui conduisent à vider de leur sens les actions syndicales, voire à les dénaturer totalement.

Pour le dire autrement, chère Anouk, luttez-vous contre des faits – présumés – de Harcèlement Moral Hiérarchique ? Ou souhaitez-vous simplement conserver les privilèges de profs paresseux qui souffrent parce qu’on leur demande de se mettre enfin un peu au travail : ces fameux « profs en souffrance » dont le Rectorat, l’administration et les médias nous rebattent les oreilles ?

Vous évoquez nos « pratiques ». Peut-être ont-elles plus fait pour faire avancer la cause que vous ne pourrez le faire dans votre bonne ville de Provins en toute une vie de militantisme syndical.
Notre anonymat – tout relatif – est le garant de notre protection – bien mince – face à la sauvagerie quasi barbare de la répression de l’institution scolaire (cette sauvagerie-même que vous combattez, vous aussi).
Que savez-vous de notre présence sur le terrain ? Et de nos actions en dehors de l’animation de ce blog ?
Nos critiques sont constructives, nos éloges également, mais les avez-vous lus, ces éloges ? Peut-être ne lisez-vous que les billets qui mettent en avant votre personne ?
Vous avez dû passer également à côté de nos pointes d’humour.
Et même – c’est un petit exploit ! – à côté des 103 pages de notre section consacrée au « Sourire du Jour » : https://omertaaurectorat.wordpress.com/category/bbb-les-grands-themes/b-7-sourire/

Restez, Anouk, dans le confort ouaté de votre syndicat moelleusement et mollement installé Rue de Grenelle. Nous resterons dans celui un peu rude de nos chaises de bureau spartiates et de nos écrans d’ordinateurs poussiéreux.
Restez au soleil, à vous faire dorer la pilule, entre deux réunions syndicales. Nous resterons dans l’ombre, à travailler d’arrache-pied.
Restez sous les feux éblouissants des projecteurs médiatiques de la presse locale. Votre ego y trouvera sans doute matière à satisfaction.

Et surtout, poursuivez votre combat, qui est le nôtre, et qui était déjà le nôtre à une époque où votre syndicat ne vous autorisait pas à penser ces questions, et encore moins à agir.
Mais le SNES ne vous autorise toujours pas à penser la question du Harcèlement Moral Hiérarchique. Nous ne sommes pas les seuls à le constater, et à le dire, dans l’espace public. Voyez ici : https://omertaaurectorat.wordpress.com/2015/10/01/le-college-gay-lussac-de-colombes-6-le-snes-fsu-complice-silencieux-de-delits-de-harcelement-des-militants-de-la-fsu-denoncent-ce-double-jeu/

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Il est temps de se dessiller. Lisez ce qu’en dit ce qui constitue à ce jour le seul ouvrage de référence sur la question :

https://omertaaurectorat.wordpress.com/2013/07/29/quand-les-syndicats-denseignants-trompent-les-enseignants-2-reflexions-de-daniel-arnaud-suite/

« Vos délégués syndicaux, « domestiqués », sont de fait associés à tous les étages de la pyramide administrative. Ils boivent l’apéro avec votre chef d’établissement lors du Conseil d’Administration (CA) ; ils entretiennent de bonnes relations avec votre inspecteur en espérant récupérer un poste de « faisant fonction » lors de son départ à la retraite ; ils siègent dans des Commissions Administratives Paritaires Académiques (CAPA) où ils assurent votre recteur de la docilité « des troupes » qu’ils tiennent en l’échange de menus services : vague promesse de promotion plus rapide à l’échelon suivant, avis très favorable pour un congé formation…

Vous imaginez bien que, dans ces conditions, la connivence entre vos « chers collègues » et vos supérieurs s’installe tout naturellement. Pourquoi iraient-ils déplaire aujourd’hui à la hiérarchie en apportant leur soutien à un professeur harcelé, en prenant le risque de se faire interdire le puits des privilèges demain ? Oui, ils servent la pacification dans les rangs. Avant le recours à une répression plus brutale (blâme, suspension de service, mutation disciplinaire…), le passage par les permanents de ce syndicalisme dévoyé permet souvent au Pouvoir de faire accepter sans coup férir aux maîtres qui le subissent les décisions même les plus iniques… Des preuves de la compromission ? Paul Villach prend le cas d’une ancienne secrétaire générale du SNES-FSU, décorée de la légion d’honneur en 2001 par le ministre de l’Education nationale, et commente la remise du hochet sans détours :

« Est-il raisonnable de croire qu’un ministre récompense une syndicaliste pour sa fidélité à sa mission de contre-pouvoir, c’est-à-dire à une action visant avant tout à contenir la tentation du pouvoir qui, selon Montesquieu, est de toujours s’étendre tant qu’il ne rencontre pas de limite ?

Compte tenu de ce qu’on observe depuis 20 ans, cette médaille est bien plutôt le signe tangible de la reconnaissance du pouvoir envers une auxiliaire pour l’avoir aidé à domestiquer un contre-pouvoir gênant. Quand le mandataire des salariés s’est mué en porte-parole du patron, cela mérite bien une médaille. »

Il suffit du reste de se rendre sur le site de la FSU (http://www.fsu.fr/) pour s’apercevoir qu’elle rassemble, outre le SNES, aussi bien d’autres syndicats de profs que… des syndicats d’inspecteurs et de chefs d’établissement ! C’est-à-dire de ces administratifs qui, dans les cas de harcèlement, contribuent à détruire les victimes et à entretenir la loi du silence.  »

( passage tiré du livre de D. A., Le Harcèlement moral dans l’Enseignement, consultable dans tous les bons C. D. I. des collèges, lycées et autres établissements scolaires  [Centres de Documentation et d’Information] )

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Nous sommes très heureux que vous ayez malgré tout (malgré le double jeu de certains dirigeants de votre syndicat) mené les actions qui sont les vôtres au sein de votre collège.

Bravo, Anouk ! Et bon courage à vous. Il faut tenir. Et gagner. Nous comptons sur vous et sur vos collègues pour obtenir justice.

Mais « Muscle ton jeu ! Muscle ton jeu Robert ! Si tu muscles pas ton jeu, fais attention! Je t’assure, tu vas avoir des déconvenues. Parce que t’es trop gentil . » 😉
https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Yeux_dans_les_Bleus

Bien à vous.

M., J., et P.

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Quoi de plus normal que de faire confiance en son syndicat ? C’est vers lui qu’un enseignant malmené par sa hiérarchie se tourne, naturellement. Et pourtant…

Vous faites aveuglément confiance en votre syndicat pour vous défendre ? Vous êtes potentiellement en danger de mort, car pour peu que votre chef d’établissement vous harcèle, vous  pouvez être entraîné(e) dans une spirale infernale, menant les plus solides gaillards à la dépression, voire au suicide, ni plus ni moins. Sachez que même en cas de suicide, les syndicalistes impliqué(e)s ne se remettent jamais en cause, et ne se sentent ni coupables, ni responsables.

 Voir ici le précédent billet sur ce thème :  https://omertaaurectorat.wordpress.com/2013/07/29/quand-les-syndicats-denseignants-trompent-les-enseignants-1-reflexions-de-daniel-arnaud/

Marie, Jeanne, et Philippe

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Ci-dessous, texte de Daniel ARNAUD, et commentaires postés sur son blog.

http://generation69.blogs.nouvelobs.com/archive/2011/10/12/syndicats-du-crime-ii.html

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12 octobre 2011

Syndicats du crime (II)

 

Pour la tenue d’une liste noire des syndicats de profs !

 

Les syndicats qui, à l’origine, pouvaient jouer un rôle de contre-pouvoir, se trouvent ralliés au Pouvoir qui maltraite le Savoir par l’intermédiaire de « représentants du personnel » caporalisés. Le service public d’éducation s’efface alors derrière un « appareil de domination implacable » qui infiltre tous les rouages du système, au profit d’intérêts particuliers. Tel est désormais le rôle des principales instances, et quelque soit l’étiquette.

« Ils sont cantonnés dans une fonction administrative auxiliaire, explique Paul Villach : ils participent aux commissions paritaires chargées de gérer les mutations et les promotions ; l’administration leur donne la possibilité de jouer les petits facteurs officieux auprès des personnels pour se faire valoir : ils peuvent ainsi privilégier leurs clients pour l’obtention des faveurs possibles. De petites grèves d’un jour, à caractère saisonnier, visent à donner le change ; le compromis souvent a été négocié avant leur déclenchement. »

Vos délégués syndicaux, « domestiqués », sont de fait associés à tous les étages de la pyramide administrative. Ils boivent l’apéro avec votre chef d’établissement lors du Conseil d’Administration (CA) ; ils entretiennent de bonnes relations avec votre inspecteur en espérant récupérer un poste de « faisant fonction » lors de son départ à la retraite ; ils siègent dans des Commissions Administratives Paritaires Académiques (CAPA) où ils assurent votre recteur de la docilité « des troupes » qu’ils tiennent en l’échange de menus services : vague promesse de promotion plus rapide à l’échelon suivant, avis très favorable pour un congé formation…

Vous imaginez bien que, dans ces conditions, la connivence entre vos « chers collègues » et vos supérieurs s’installe tout naturellement. Pourquoi iraient-ils déplaire aujourd’hui à la hiérarchie en apportant leur soutien à un professeur harcelé, en prenant le risque de se faire interdire le puits des privilèges demain ? Oui, ils servent la pacification dans les rangs. Avant le recours à une répression plus brutale (blâme, suspension de service, mutation disciplinaire…), le passage par les permanents de ce syndicalisme dévoyé permet souvent au Pouvoir de faire accepter sans coup férir aux maîtres qui le subissent les décisions même les plus iniques… Des preuves de la compromission ? Paul Villach prend le cas d’une ancienne secrétaire générale du SNES-FSU, décorée de la légion d’honneur en 2001 par le ministre de l’Education nationale, et commente la remise du hochet sans détours :

« Est-il raisonnable de croire qu’un ministre récompense une syndicaliste pour sa fidélité à sa mission de contre-pouvoir, c’est-à-dire à une action visant avant tout à contenir la tentation du pouvoir qui, selon Montesquieu, est de toujours s’étendre tant qu’il ne rencontre pas de limite ?

Compte tenu de ce qu’on observe depuis 20 ans, cette médaille est bien plutôt le signe tangible de la reconnaissance du pouvoir envers une auxiliaire pour l’avoir aidé à domestiquer un contre-pouvoir gênant. Quand le mandataire des salariés s’est mué en porte-parole du patron, cela mérite bien une médaille. »

Il suffit du reste de se rendre sur le site de la FSU (http://www.fsu.fr/) pour s’apercevoir qu’elle rassemble, outre le SNES, aussi bien d’autres syndicats de profs que… des syndicats d’inspecteurs et de chefs d’établissement ! C’est-à-dire de ces administratifs qui, dans les cas de harcèlement, contribuent à détruire les victimes et à entretenir la loi du silence.

« Aucun lien ne peut être établi entre ce suicide et le travail », disent-ils toujours ; y compris lorsque des enseignants poussés aux dernières extrémités laissent une lettre d’adieu qui indique le contraire… Comment imaginer que cette inestimable fédération, qui ose de surcroît s’afficher en tête des cortèges, entende sérieusement combattre des pratiques couvertes par tout un pan de son organisation ?

Votre serviteur a eu l’occasion de voir la machinerie fonctionner de près. J’ai été chargé par le SNETAA-FO d’une mission sur le harcèlement moral dans l’enseignement, que j’ai d’ailleurs évoquée en ces lieux. J’ai présenté ce travail lors du Congrès de Bussang, en 2010 : il a inspiré plusieurs motions votées alors, et le sujet a même été abordé dans les publications « militantes » qui ont suivi. Je suppose que c’était vendeur. Mais en réalité, une fois de retour sur le terrain, la section académique dont émanait la démarche a vite oublié les belles intentions. Jamais les conclusions du rapport que j’avais rédigé n’ont fait l’objet d’un bilan devant les adhérents, ou d’une « formation syndicale ». Elles n’ont pas été prises en compte ; probablement trop dérangeantes pour des impétrants qui souhaitent le rester, et qui ne veulent surtout pas froisser l’autorité dont ils dépendent en abordant les sujets qui fâchent… Au niveau national, j’imagine que la direction du « premier syndicat de l’enseignement professionnel » est trop empêtrée dans ses affaires de financement douteux (http://www.lesinrocks.com/actualite/actu-article/t/44706/…) pour se soucier du sort des sans grades. Et il n’y a rien à en dire de plus.

En focalisant l’attention sur la fameuse question des « moyens », les syndicats enseignants parviennent à capter une clientèle et à extorquer des cotisations… qui servent d’abord à la business school de leurs dirigeants pour voyager en première classe. Il faut bien répandre la bonne parole de Paris à La Réunion, de la Guadeloupe à Tahiti ! Vous n’êtes en aucune façon leur priorité.

On dresse bien la liste noire des compagnies aériennes. Pourquoi pas celle de ces syndicats de profs ? 34 pour 100000, rappelons-le : le taux de suicides chez les enseignants est l’un des crashs les plus scandaleusement dissimulés par toutes ces instances qui, de près ou de loin, ont contribué au désastre. Puisque vous en avez l’occasion avec les élections professionnelles, dites à votre tour « je ne volerai plus avec le SNES-FSU, le SNETAA-FO, etc. » : abstenez-vous ! Ou votez à la rigueur SUD-Education, la seule compagnie qui a pris la mesure du problème et qui, malgré des postures idéologiques qu’on peut ne pas partager, fait un travail remarquable sur la souffrance au travail chez les professeurs.

Oui, du 13 au 20 octobre, n’hésitez pas à lancer au S1 ou au S2, comme on dit dans leur petit monde étriqué, à la manière du Bon laissant tomber le Truand, dans le célèbre film de Sergio Leone :

« Vois-tu camarade, avec un voleur de poules comme toi, il n’y a vraiment aucun avenir dans ce métier. Je préfère rompre l’association.

Je romps l’association, mais toi, tu restes attaché ; et les 150 $ de cotisation, c’est moi qui les empoche. La prochaine manif’ est à une heure de marche, si tu économises ton souffle tu as une chance d’y arriver.

Sans rancune ! »

Daniel Arnaud

Philosophe et auteur de La République a-t-elle encore un sens ?, L’Harmattan, 2011.

http://www.decitre.fr/livres/La-republique-a-t-elle-encore-un-sens.aspx/9782296554795

J’étais la semaine dernière l’invité de Philippe Martinetti sur France 3 Corse Via Stella. L’occasion de dénoncer le dernier système soviétique d’Europe :

http://www.kewego.fr/go/?210e89f

Commentaires

Excellent article!
Petite question: J’ai rien contre eux, mais pourquoi ce sont presque toujours des profs d’eps qui sont les représentants syndicaux fsu…?
cordialement!

Écrit par : chouks | 13 octobre 2011 | Avertir le modérateur

34 sur 100OOO
le harcèlement moral dans l’éducation nationale :un exemple terrifiant !Un nouveau suicide.

« Une prof à bout. Ce jeudi matin, une enseignante du lycée Jean-Moulin de Béziers (Hérault) s’est placée au centre de la cour de son établissement, avec un bidon d’essence à la main. Devant les élèves réunis pour la pause de 10h, elle s’est mise à crier, avant de s’asperger de carburant et de s’immoler par le feu. Le personnel de l’établissement, ainsi que des élèves ont alors tenté d’éteindre les flammes. «Les pompiers sont intervenus immédiatement. Cette professeur a été évacuée par hélicoptère peu après 11h00», a expliqué la direction de lycée à Reuters. Brulée au troisième degré sur tout le corps, elle était encore consciente lors de son départ vers le service des grands brulés du CHU de Montpellier. Si son pronostic vital était encore engagé en fin de matinée, elle devrait selon le procureur de Béziers, «s’en sortir».

De très nombreux élèves de ce lycée professionnel ont assisté à l’horrible scène. «Des dispositions sont en train d’être mises en place auprès des élèves et des professeurs pour gérer cette situation de crise», a précisé à Reuters la direction de cet établissement, le plus important de la ville de Béziers, avec 1158 élèves et 162 professeurs. Une cellule psychologique a été mise en place, et tous les cours ont été annulés.

Une prof «à
l’ancienne» et dépressive
Que s’est-il passé dans la tête de de cette enseignante de 44 ans ? Elle n’aurait laissé aucun document permettant d’expliquer son geste, mais le procureur de la République de Béziers cité par le «Midi Libre», a évoqué une «tentative de suicide en lien avec l’activité professionnelle». Selon les premiers éléments, elle était en conflit avec des élèves. Plusieurs d’entre eux la trouvaient trop sévère. En outre, quatre parents d’élèves interrogés par le «Midi Libre» ont assuré qu’elle «s’occupait peu des élèves en difficulté, préférant les exclure de son cours pour faire travailler les autres».

Selon le quotidien local, plusieurs collègues décrivent cette professeure de mathématiques comme une enseignante rigoureuse «à l’ancienne». Victime d’une dépression nerveuse l’an passé, elle a été convoquée à plusieurs reprises par sa direction. Il y a une dizaine de jours, une rencontre avec des lycéens se serait très mal passée, selon le journal. Une «réunion houleuse» qu’elle «aurait très mal vécue», et qui serait peut-être l’élément déclencheur de son coup de folie. Au moment de s’immoler par le feu, elle aurait crié devant des élèves : «C’est pour vous!

Écrit par : Jérôme Darcourt | 14 octobre 2011 | Avertir le modérateur

Suite au décès de Lise, l’enseignante qui s’est immolée à Béziers jeudi dernier, le message qui circule :

Date: Sat, 15 Oct 2011
>

Subject: lettre d’ un collègue de Jean Moulin
>
> Bonjour
>

> Notre collègue du lycée Jean-Moulins à Béziers qui s’est immolée est décédée.Nous sommes tous bouleversés voire traumatisés.Nous sommes en AG depuis 2 jours et avons refusé d’accueillir les élèves en classe,et décidés une grêve illimitée jusqu’à ce que les responsabilités soient établies.
>

Voici notre programme :
> Lundi 17, matin 8h AG, après-midi marche blanche silencieuse avec un bandeau noir à Béziers
> Mardi matin AG, 14H départ pour une manifestation académique au rectorat de Montpellier
> Mercredi: obsèques ?
> Jeudi 10h débrayage, commémoration de ce drame dans tous les établissements de France.
> Nous souhaitons une mobilisation générale pour que la souffrance au travail cesse et que de tels drames ne se renouvellent plus .
> PS Lise à dit en s’enflammant : « je le fais pour Vous »
> Luc Chatel a menti , elle n’était pas suivie médicalement, ni fragile, mais consciencieuse, compétente,aimant son travail et courageuse.
> Nous comptons sur Vous tous.
> Merci de diffuser ce mail à toutes vos connaissances afin d’alerter l’opinion, pour que l’éducation nationale ne devienne pas France-telecom…
> Merci
> *** lycée Jean-Moulin- Béziers

On va voir quelles suites les syndicats, et leurs différents représentants dans les académies et les établissements, vont donner à cette affaire…

Écrit par : Daniel Arnaud | 16 octobre 2011 | Avertir le modérateur

Lise , professeure de mathématiques , 44 ans , s’est immolée par le feu dans la cour de son lycée parmi ses élèves .

loi du 13 juillet 1983 :’’aucun fonctionnaire ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradations des conditions de travail susceptibles de porter atteinte à ses droits et à sa dignité , d’altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel D’après la loi du 17 janvier 2002 les éléments qui caractérisent le harcèlement moral sont
le caractère répétitif des agissements
l’objet ou l’effet ..doivent en être la dégradation des conditions de travail
la dégradation des conditions de travail doit être de nature à porter atteinte aux droits et à la dignité de la la victime , d’altérer sa santé physique et de compromettre son avenir professionnel

Les actes d’incivilités répétés ,le ’bazar ’ dans les classes , les remises en cause par les élèves et les parents des compétences pédagogiques (méthodes , les notes )et éducatives (trop sévère ), les convocations par l’administration (les profs peuvent être fichés comme en conflit avec élèves et parents,entre autre, et signalés à l’IA ), la rumeur et la diffamation (elle ou il est trop sévère , elle ou il est dépressif ) sont de nature à détériorer la qualité du travail et les conditions de travail et de porter atteinte aux droits et à la dignité des enseignants .Cela peut être qualifié de harcèlement moral .

Cela peut ressembler au cas de Lise .

Les enseignants bénéficient au titre de leurs fonctions de la protection fonctionnelle des agents publics de l’Etat ( article 11 de la loi du 13 juillet 1983)L’administration a l’obligation légale de protéger ses agents contre les attaques dont ils peuvent faire l’objet dans l’exercice de leurs fonctions .La responsabilité de l’employeur public peut être admise dès lors qu’il s’est abstenu de mettre fin au harcèlement lui causant ainsi préjudice ..

Cela ne semble pas avoir été le cas de Lise .

Car malgré le suivi pédagogique et médical par les services du rectorat (dixit Luc Chatel )les agissements des élèves et des parents ont continué . La rumeur semblait relayée dans tout l’établissement car dans un reportage on a entendu un élève (qui ne la connaissait pas et ne l’avait jamais eue en cours ) dire qu’elle était dépressive . Comment exercer ses fonctions normalement dans des conditions pareilles ? Les élèves sont cruels et un grand jeu consiste actuellemnet à essayer de faire craquer des profs , de filmer et le mettre sur facebook ou youtube .La moindre faille est utilisée . Le professeur à qui la rumeur (relayée par des élèves ou des parents mais aussi parfois par des collègues ou l’administration)aurait taillé une réputation de ’’fragile’’ ou ’’bordélisé’’ , celui là court des risques .Risque de devenir dépressif justement . On a tous eu un prof qui était ’chahuté’. Aujourd’hui plus de chahuts, mais cela peut aller des insultes aux accusations mensongères , de la contestation permanente de l’autorité à la mollestation (oui ), du boycott des cours au refus de faire les contrôles,d’ aller se plaindre à l’administration ,d’ écrire au rectorat, y compris de façon anonyme . Face à cela l’enseignant doit justifier la moindre punition , ne peut plus exclure un élève de cours ,ni lui faire passer de conseils de discipline .Les chefs d’établissement ( et les recteurs )qui désormais ont une prime au mérite , ne veulent pas de vagues .Le professeur ’en difficultés ’ est convoqué chez le chef d’établissement managers ,dans des entretiens où les adjoints et CPE prennent des notes et où on lui demande de faire des efforts , de trouver une solution,de régler ses problèmes relationnels avec les élèves .Il n’a plus guère le réflexe de trouver un délégué syndical ou un témoin .Ces convocations de plus se font souvent à des moments stratégiques où il y a peu de personnel dans les établissements : soir , veille de weekend ou de vacances.Les collègues sont peu solidaires .Chacun craint ou agit pour sa propre chapelle , et un bouc émissaire désigné , ça peut-être parfois commode pour se protéger. Alors le professeur se retrouve seul et sans recours . Seul avec la peur au ventre ,plus peur parfois de l’administration et de la situation ,que des élèves.Peur , humiliation , culpabilité ,perte d’estime de soi… le harcèlement moral et ses effets a été tès bien décrit par Marie-France Hirigoyen .Il enclenche la dépression . Alors ,s’il survient, en plus, un accident de vie qui ajouterait seulement de la fatigue et un surcroit de peine ( divorce , deuil , maladie )c’est invivable .

Fut-ce le cas de Lise ?

Les professeurs n’ont pas la mentalité de faire appel à la justice ,ni l’habitude .Ils comptaient sur la solidarité , les syndicats , leur hiérachie .Or les choses ont changé .Elèves et parents,eux, menacent très vite et portent plainte .Certains se font accompagner d’avocats en conseils de discipline . Dès des diffamations , des injures , des outrages , du harcèlement l’enseigant devrait consulter un avocat et réclamer à l’administration la protection fonctionnelle .

Cela aurait-il aidé Lise ?

Les syndicats (Sud )commencent à s’emparer du problème de la souffrance et du harcèlement moral dans l’Education Nationale et de la vague de suicides .L’Autonome de Solidarité et la MGEN aussi . La première des mesures politiques à prendre en 2012 pour réformer l’Ecole serait de rassurer ses enseignants , de les protéger ,de leur rendre le respect, l’autorité, et de leur redonner les moyens d’enseigner dans la sérénité et d’agir pour éduquer .

Ce que souhaitait sans doute Lise .

Écrit par : Amaryllis | 16 octobre 2011 | Avertir le modérateur

« Au niveau du vécu »,comme on disait jadis ,le 2ème clip de la récente campagne d’information de la CFDT-SGEN n’est pas le plus drôle.Il semblerait que les fameuses « ressources humaines » aient été inventées par les nazis.La source?Le réalisateur des Vivants et les morts,Gérard Mordillat,s’en est expliqué lors de la présentation de son film à la fête de l’Humanité en 2010.Pour ma part je suis prêt à témoigner des pratiques managériales qui ont cours dans l’Education Nationale.Non seulement ça ne manque pas de sel mais je confirme que l’idéologie que ces gens DEFENDENT est effectivement celle des nazis=racisme biologique,antisémitisme meurtrier,eugénisme….etc.Deux chefs d’établissement(un lycée et un collège) n’ont jamais fait mystère de leurs « convictions » :pour être clair les dites personnes savent qui est juif et qui ne l’est pas et distribuent des étiquettes religieuses,ethniques voire « raciales » comme bon leur semble,à la volée en quelque sorte.Sous la houlette de ces deux « responsables »menaces de mort,incitations répétées pour ne pas dire continuelle à la HAINE raciale(que même Jean-Marie Le Pen n’oserait pas proférer),insultes diverses et variées,diffamations publiques,harcèlement quotidien,appels téléphoniques anonymes,agressions jusqu’à mon domicile ne constituent en rien des délits.Il en va évidemment de même pour les Ressources Humaines du Rectorat de Créteil qui entretient avec les pouvoirs locaux en question des rapports de connivence:c’est la juste réponse à la pratique d’un enseignant qui ne se soumet pas à des incapables psychopathes(#névropathes)que je crois assez dangereux.En ce qui concerne mon identité,à partir de 1998,lors de ma mutation dans l’Académie de Créteil, je dois dire que je l’ai perdue.En effet selon ces gens-là je ne porte pas de nom patronymique:les courriers multiples et variés que je reçois de mon administration l’attestent.Il doit s’agir d’un « petit jeu » de la part de dirigeants de cette valeur humaine,intellectuelle et morale qui peuvent toujours se réfugier derrière la VH(=voie hiérarchique)et leurs amis.C’est surtout une façon de dire à leur interlocuteur « vous êtes rien » ou un instrument d’usage incommode.Il est surhumain de ne pas mépriser(entendons le mépris dans la pleine acception de ce terme)des gens à l’intelligence médiocre,à la culture fort modeste,au sens moral pour le moins douteux,aux conceptions POLITIQUES incompatibles avec la République(tout à fait compatibles en revanche avec les pires régimes dictatoriaux)et à l’arrogance illimitée.Il faut des NOMS maintenant pour cesser de continuer à parler dans le vide.Les personnes en question(inamovibles)ne peuvent plus continuer à agir en toute impunité.Que le ménage que certains dirigeants ont daigné faire au sein du Parti Socialiste soit également fait au sein de l’administration française en général et de l’Education Nationale en particulier.
Je suis d’accord avec ce que DISENT les syndicats d’une façon générale.mais il y a aussi des lois dans ce pays.A moins que la France soit une dictature qui s’ignore ? Les faits que je relate de façon lapidaire plus haut ont commencé à la fin des années 1990 !A moins qu’il faille attendre un meurtre ou l’immolation d’un(e)enseignant(e) pour que quelque chose change ? Les enseignants,les « profs » doivent témoigner maintenant.Il faut briser le mur du silence.Il est encore temps.

Écrit par : surmely alain | 18 octobre 2011 | Avertir le modérateur

Cher Alain Surmely,

Vous avez raison de souligner « ce que DISENT les syndicats », car il y a souvent un monde entre ce qu’ils DISENT et ce qu’ils FONT. Ce qui vaut aussi pour des « partenaires » tels que la MGEN, la MAIF ou l’Autonome Laïque de Solidarité… Ils communiquent beaucoup, mais leurs correspondants, en général, manquent cruellement d’écoute…

L’agitation à laquelle on assiste depuis le suicide de Lise, à cet égard, ressemble fort à un « bal des hypocrites ».

Cordialement,
DA

Écrit par : Daniel Arnaud | 18 octobre 2011 | Avertir le modérateur

J’ai mis en cause la direction du snetaa et j’ai été le seul à le faire publiquement, lors d’un Conseil National.Quand je suis descendu de tribune, beaucoup de responsables Académiques sont venus me voir en me disant : c’est pas possible! tu as des preuves ? ça n’arrive pas chez nous! 3 semaines plus tard, la preuve était faite et ces mêmes responsables ,devenus subitement irresponsables se sont mis à expliquer que c’était normal et que cela se pratique partout ! Je suis donc un grand naïf surtout que si ses gens sont ,au final, inquiétés par la justice, c’est encore à travers la plainte que j’ai déposé pour abus de confiance.
Bien sûre , j’ai aussitôt perdu ma décharge et me suis fait virer du syndicat. Comme je n’ai jamais pris l’apéro avec mon proviseur et que je me suis mis à dos pas mal d’inspecteurs en défendant des collègues sans compromission, je ne vois pas pourquoi je me serais passé de dénoncer les indélicatesses dans mon propre syndicat!Vous me permettrez simplement d’apporter tout mon soutien aux vrais syndicalistes auxquels on peut aussi rendre hommage quand on mesure parfois l’ingratitude de certains  »consommateurs » que nous avons vraiment aidé. Suis très étonné aussi que Daniel A dénonce les dérives financières du snetaa tout en participant au congrès de Bussang. Moi, j’étais dehors avec une pancarte qui disait: RENDEZ L ARGENT DES ADHÉRENTS, le décor était déjà planté ! comment croire que ce syndicat serait un relais valable pour défendre l’intérêt des prof ??? Dernière remarque, j’ai été déchargé de 18h pour en faire 70 au service des collègues. Aujourd’hui, je suis retraité et je continue sur le même rythme. Je ne suis pas le seul et nous ne demandons rien en échange. cordialement, Walter

Écrit par : ceccaroni walter | 29 octobre 2011 | Avertir le modérateur

Cher Walter Ceccaroni,

Beaucoup d’adhérent de fraîche date, à l’époque du congrès de Bussang, n’ont découvert le vrai visage du Snetaa que rétrospectivement. Et souvent à la lumière des pratiques douteuses qu’ils ont pu observer eux-même au niveau local… Vous vous doutez bien que les responsables académiques affiliés au bureau national, dans leurs académies respectives, avaient mené en amont un vrai travail de désinformation afin de décrédibiliser ceux qui étaient entrés en dissidence.

Pour ma part, j’avais un mandat pour présenter un travail sur le harcèlement. Il y avait à peu près 600 congressistes, dont certains ont d’ailleurs apporté la contradiction au bureau national. Si ce travail a pu être d’une quelconque utilité aux personnes présentes, c’est déjà ça. La dégradation des conditions de travail subie par un nombre croissant de professeurs est un sujet trop important pour se priver d’une tribune permettant de sensibiliser l’opinion.

Et puisqu’un citoyen éclairé est un citoyen bien informé, si vous avez du nouveau sur les suites des actions en Justice impliquant ce syndicat, n’hésitez pas à l’ajouter ci-dessous, en commentaire.

Cordialement,
DA

Écrit par : Daniel Arnaud | 31 octobre 2011 | Avertir le modérateur

Pour information au citoyen, c’ est en m’appuyant sur une décision du Conseil Académique de Strasbourg et à partir de mes propres constatations en tant que membre du Bureau National du snetaa que j’ai porté plainte auprès du Procureur . Celui-ci avait deux mois pour instruire et ne l’a pas fait. J’ai alors dû me résoudre à me porter partie civile , prendre un avocat, payer une caution en m’adressant au doyen des juges….. Ça peut être décourageant mais je suis tenace. A ce jour , je n’ai pas été entendu par la juge et mon avocat vient d’insister pour que cela se fasse, gageons que de nouvelles surprises risquent d’apparaitre lorsque ce dossier d’abus de confiance va enfin avancer. Je vous en dirait plus à ce moment là.

Concernant la maltraitance des Profs, nous mesurons tous le problème: si tu te plains d’une classe t’es foutu ! Proviseur, inspecteur, DRH , c’est la logique d’un système qui ne veut pas de vagues.( Vous êtes en souffrance, si si , ne niez pas, vous souffrez et nous allons vous.. aider ) et là , on vous achève ! Alors,que faire pour inverser cette tendance ? se plaindre, refaire les constats,faire de grandes déclarations 2 jours avant les élections? Notre pudeur nous l’a interdit. Pourquoi ne pas rédiger une lettre ouverte, sous forme de pétition, à l’intention des Recteurs, DRH, Proviseurs, inspecteurs. Elle partirait d’un constat et se voudrait un acte pédagogique envers ses personnes qui n’ont plus de repaires, plus de morale, pas de pédagogie . Il faut les responsabiliser et leur faire comprendre qu’ils seront directement mis en cause, que l’Administration ne peut pas leur servir de cache-sexe pour s’adonner à toutes ces lâchetés. Personne ne le fera à notre place. Les constats sont fait, place à l’ action. Très cordialement , Walter Ceccaroni

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Ci-dessus, texte de Daniel ARNAUD, et commentaires postés sur son blog.

http://generation69.blogs.nouvelobs.com/archive/2011/10/12/syndicats-du-crime-ii.html

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Quoi de plus normal que de faire confiance en son syndicat ? C’est vers lui qu’un enseignant malmené par sa hiérarchie se tourne, naturellement. Et pourtant…

Il est très difficile de prendre conscience que son propre syndicat peut travailler contre soi, surtout lorsqu’on subit déjà au quotidien les assauts déloyaux de sa propre administration.

Difficile également, en quelques mots, d’avertir les enseignants du degré de « corruption » et de duplicité de certains syndicalistes. C’est pourquoi nous cédons à la « facilité », par cette chaleur estivale, en reproduisant ici l’excellent texte de Daniel ARNAUD, visible sur son blog   » Génération 69  » (article du 11 octobre 2011). En citant le travail de Paul VILLACH, ce texte aborde le sujet mieux que nous pourrions le faire. Il présente un état des lieux peu réjouissant mais qui a le mérite d’être à même de déciller les yeux de ceux qui ignorent encore que de nombreux syndicats (pas tous) contribuent activement au déni et à l’omerta qui règnent dans l’Education Nationale.

Marie, Jeanne, et Philippe

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Ci-dessous, texte de Daniel ARNAUD.

http://generation69.blogs.nouvelobs.com/archive/2011/10/11/syndicats-du-crime-i.html

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11 octobre 2011

Syndicats du crime (I)

 

Réflexions sur les syndicats de profs autour de deux livres de Paul Villach

 

Alors que se profilent les élections professionnelles (du 13 au 20 octobre, par Internet), il n’est pas inutile de dresser le bilan d’un système éducatif en crise, et plus particulièrement du rôle des syndicats de profs (SNES-FSU, SNETAA-FO, SGEN-CFDT, UNSA…) dans le désastre. Paul Villach, intervenant régulier et lucide sur Agoravox (http://www.agoravox.fr/auteur/paul-villach), a publié en 2003 un ouvrage qu’il est nécessaire de relire aujourd’hui : Les Infortunes su Savoir sous la cravache du Pouvoir, chez Lacour.

L’Education nationale y est décrite, en des termes très durs parce qu’ils sont justes, comme un simple lieu de reproduction des inégalités sociales ; où la hiérarchie truque les chiffres des incivilités et des examens ; traque le moindre grain de sable contrariant son projet ; sanctionne les vrais maîtres en falsifiant les dossiers ; flatte les vrais esclaves en les « valorisant » ; et récompense de « bons et loyaux services » douteux à grands coups de « palmes académiques ». Et c’est bien là la pierre angulaire, à partir de laquelle l’auteur  peut développer sa démonstration : il existe une contradiction intrinsèque à l’institution entre l’acte même d’enseigner, et son encadrement par un pouvoir hiérarchique impossible à désavouer, parce qu’il relève d’une administration française  qui, depuis 200 ans, est à la fois juge et partie, et qui, en cas de contentieux, se borne à couvrir chaque maillon de la chaîne. Or, « nul ne peut servir deux maîtres : le Pouvoir et le Savoir ».

C’est un paradoxe : l’enseignement relève d’une mission de service public encore assimilée par beaucoup à une profession libérale. Un maître devant sa classe, selon l’imagerie d’Epinal, qui disposerait d’une grande « liberté pédagogique ». Mais le poncif, qui inspire quelquefois les illustrateurs, est bien loin du compte ; et c’est ce que révèle Paul Villach, tout au long d’une analyse à la fois rigoureuse et fine des rouages de l’Education nationale. Cette structure implique en réalité de nombreux acteurs qui interfèrent quotidiennement sur le travail du professeur, alors qu’ils occupent pour la plupart des postes de pouvoir contredisant un idéal de formation d’esprits libres. Vous vous trouvez placés sous l’autorité d’un chef d’établissement – principal de collège ou proviseur de lycée -, lui-même assisté d’une foule de gens dont l’attitude va conditionner votre rapport aux élèves : inspecteurs de discipline, Conseillers Principaux d’Education (CPE), Assistants d’Education (ou « pions »)… Or, ce joli petit monde, auquel il vous faut ajouter de « chers collègues » d’abord soucieux de leur passage au prochain échelon, compose au gré d’intérêts divergents jusqu’à entretenir un carcan qui vous étouffe :

« Cette surveillance de tous les instants s’accompagne d’une intimidation constante visant à décourager d’avance chez le professeur toute prétention à une autonomie que son savoir pourrait parfois justifier. »

L’école que stigmatise Paul Villach, c’est celle de la haine de la culture, doublée du mépris pour l’intellectuel. Par « intellectuel », nous n’entendons ni le « cuistre » ni le « pédant » ; mais le maître qui transmet un savoir à un élève. L’individu, encore, capable de réfléchir… donc de faire preuve d’esprit critique… et par conséquent de dénoncer un abus de pouvoir. Le dissident, enfin, dangereux pour le tyran, qui se définit précisément par son refus de la contradiction… et qui ne tolère aucune opposition. Les enseignants évoluent dans un système éducatif ruiné et orwellien, dans lequel le sens des mots doit être pris à l’envers. De faux maîtres y surveillent et punissent de vrais esclaves, et enseigner se révèle hautement subversif quand on croise pêle-mêle : un chef d’établissement dont l’intérêt est surtout de soigner les statistiques de son collège ou de son lycée, quitte à manipuler les chiffres et les barèmes ; une inspectrice chargée d’exécuter ses basses œuvres, jusqu’à contribuer à la production d’un dossier à charge contre l’éventuel opposant ; un « recteur-voyou » qui n’hésite pas à sanctionner le récalcitrant  sur la foi de rumeurs diffamatoires lui attribuant des fautes de service imaginaires ! Sous le patronyme de Pierre-Yves Chereul, l’auteur explique dans le détail dans un autre ouvrage, Un blâme académique flatteur (également chez Lacour, publié en 2007) comment de telles aberrations sont possibles, voire courantes ; et de conclure après une victoire inespérée en Tribunal Administratif (TA) :

« Elle signifie la condamnation d’une administration-voyou qui a mis une année scolaire à préméditer une accusation diffamatoire à mon égard et détourné le pouvoir administratif pour assouvir sa vindicte. […] Ce blâme, annulé comme illégal, est en fait la clef de voûte d’un harcèlement moral pratiqué pendant deux années. »

« Harcèlement moral », les mots sont lâchés. 60 % des plaintes émanent de fonctionnaires et, selon une étude de l’Inserm de 2002, citée par Le Nouvel Observateur, le taux de suicides chez les enseignants est de 34 pour 100000 ; le plus élevé de toutes les professions, devant France Télécom, et devant les services de police. Mais que fait le SNES-FSU ? Le SNETAA-FO ? Le SGEN-CFDT ? Dans le secteur privé, au moins, on finit par nommer les choses… et il arrive que le problème fasse la couverture des grands magazines d’information : « Stress au travail », « Maltraitance managériale », etc. Quant à la SNCF, il suffit qu’un contrôleur se fasse agresser, et c’est la moitié des voies de chemin de fer du pays qui sont bloquées dans la foulée ! Mais dans l’Education nationale ? Le simple fait qu’il n’y ait jamais eu une mobilisation syndicale de grande ampleur pour dénoncer la harcèlement dans l’enseignement illustre le fait que, pour les grandes centrales liées à la rue de Grenelle, il s’agit-là juste d’un « point de détail » :

« La hiérarchie sait pouvoir compter sur des interlocuteurs compréhensifs, faisant carrière loin des classes qu’ils ont quittées et où pour rien au monde ils ne veulent retourner : elle est donc prête à ces petites concessions payées par le budget de l’Etat, en échange du service de pacification inestimable que lui rendent les syndicats. », écrit Paul Villach.

Oui, des syndicats de collaboration, ou pour mieux dire des syndicats du crime. C’est l’axiome de base pour comprendre l’inanité des syndicats enseignants.

Bon nombre de leurs représentants seront capables de vous assurer « j’ai 30 ans d’expérience dans la lutte sociale… ». Fuyez-les comme la peste ! Car cela signifie surtout qu’ils ont 30 ans de complicité avec un système perverti ! Ils ne sont que des simples rouages d’une machinerie totalitaire qui substitue aux règles de l’Etat de droit des pratiques administratives qui le contredisent. Les délégués syndicaux ne sont que des oukhazes d’un soviétisme qui impose le déni à tous les étages. En cas de problème, ils vous proposeront tout au plus de vous « accompagner » ou de vous obtenir une « audience » chez le recteur, mais sans jamais remettre en question les règles fixées par des pirates institutionnels : « il ne faut pas mettre en cause sa hiérarchie », « on ne peut pas écrire le mot harcèlement dans une correspondance administrative », « c’est l’administration, c’est comme ça »… Ils sont institutionnalisés : comme dans n’importe quel totalitarisme, ils pensent selon les normes du moule qu’ils imposent à leur tour. Sous une forme plus douceâtre peut-être, mais le résultat est le même : entretenir un déni qui favorise la complaisance et la perpétuation d’un système d’un autre âge.

« Le tyran tient son pouvoir du consentement des tyrannisés », soutenait La Boétie. Dites-vous bien que si les conditions de travail se sont tant dégradées dans l’Education nationale depuis 20 ou 30 ans, c’est avec la complicité de ces « instances représentatives » qui sollicitent aujourd’hui vos suffrages…

Daniel ARNAUD

Paul Villach, Les Infortunes du Savoir sous la cravache du Pouvoir. Nîmes, Lacour, 2003. 286 pp.

Pierre-Yves Chereul, Un blâme académique flatteur. Nîmes, Lacour, 2007. 244 pp.

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Ci-dessus, texte de Daniel ARNAUD.

http://generation69.blogs.nouvelobs.com/archive/2011/10/11/syndicats-du-crime-i.html

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