Archives de la catégorie ‘Le Collège Val-d’Huisne / Costa Gavras de LA FERTE-BERNARD (72)’

Dans l’affaire de harcèlement (supposé) du collège Val-d’Huisne de La Ferté-Bernard, le verdict est tombé.

Voir notre billet ici : https://omertaaurectorat.wordpress.com/2013/07/11/le-college-val-dhuisne-de-la-ferte-bernard-1-des-magistrats-peu-au-fait-des-phenomenes-de-harcelement-hierarchique/

Le 25 janvier 2013, l’ancien principal de ce collège a été relaxé des accusations de harcèlement moral dont il a été l’objet, ce qui pose de nombreuses questions sur l’état de notre justice, et plus particulièrement sur le déni et l’Omerta qui règnent dans le domaine du harcèlement hiérarchique dans l’Education Nationale. La  » sagesse du tribunal  » évoquée par la procureure aura donc été d’aller dans le sens inverse du mouvement de libération de la parole qui semble timidement s’amorcer ici ou là.

Notons que l’enseignante qui a subi un véritable enfer de la part de son supérieur hiérarchique était, comme le second plaignant d’ailleurs, membre du Conseil d’Administration de l’établissement. Comment ne pas y voir un moyen de mettre le personnel au pas ?

Notons qu’à l’origine, cette enseignante était simplement intervenue pour défendre les collègues, et que tous ses malheurs sont venus de là… Comment ne pas y voir la volonté de démolir les derniers liens de solidarité entre enseignants ?

Ironie de l’histoire ! Relevons que suite à un incendie criminel (mais non, il ne s’agissait pas d’effacer les traces du harcèlement moral, tout de même pas…), le collège a été reconstruit puis rebaptisé en mai 2013 Collège COSTA GAVRAS. Quelle ironie ! Quand on connaît un peu la filmographie de ce cinéaste, entre Z, L’Aveu et Porté disparu… Quand on sait que les personnes se penchant sur le harcèlement hiérarchique en milieu scolaire évoquent des pratiques fascisantes, un système répressif opaque et totalitaire, et font référence à des systèmes totalitaires dignes de la Corée du Nord et de l’URSS de Staline… ( voir notamment ici : https://omertaaurectorat.wordpress.com/2013/07/04/daniel-arnaud-3-le-harcelement-moral-dans-lenseignement-et-le-blog-de-la-presidente/ ).

Oui, on peut dire que Konstantínos Gavrás (Κωνσταντίνος Γαβράς), dit Costa-Gavras est au final, par une étonnante pirouette ironique de la petite histoire, bafoué, trompé, humilié par ce qui lui a été présenté comme une distinction, un honneur : donner son nom, de son vivant, à un établissement scolaire français.

C’est la quintessence de son oeuvre artistique qui est ainsi niée et réduite à néant. 40 000 enseignants harcelés, torturés, étranglés, muselés et engloutis dans le goulag de l’Education Nationale… Mais qui va oser le lui dire ?

Marie, Jeanne, et Philippe

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Ci-dessous une brève d’Ouest France du 25 janvier 2012 :

http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Harcelement-moral-en-Sarthe.-Le-principal-de-college-relaxe_40807-2036100——72181-aud_actu.Htm

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Harcèlement moral en Sarthe. Le principal de collège relaxé

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Justice mercredi 25 janvier 2012

L’ancien principal du collège Val-d’Huisne de La Ferté-Bernard a été relaxé, ce mercredi midi, des faits de harcèlement moral qui lui étaient reprochés par une enseignante et le gestionnaire du collège. Les faits, qui remontaient aux années 2005 à 2008, avaient été examinés le 22 décembre par le tribunal correctionnel du Mans. La procureure de la République n’avait réclamé aucune peine, s’en remettant à « la sagesse du tribunal ».

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Ci-dessus une brève d’Ouest France du 25 janvier 2012 :

http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Harcelement-moral-en-Sarthe.-Le-principal-de-college-relaxe_40807-2036100——72181-aud_actu.Htm

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Cela se passe au collège Val-d’Huisne de La Ferté-Bernard, renommé collège COSTA GAVRAS en mai 2013.

Entre 2005 et 2008, la gestionnaire et une enseignante subissent de la part du principal de collège des pressions s’apparentant à des formes de harcèlement moral. Comme toujours dans ces situations la preuve formelle doit être apportée par le plaignant et – sans aveu du présumé harceleur – la preuve est quasiment impossible à établir juridiquement, tant la loi est mal ficelée et sujette à toute la latitude de l’appréciation des magistrats. Autant dire que c’est une loterie dont, à ce jour, en France, un petit professeur ne sort jamais vainqueur… Mais ces deux agents ont le courage, malgré tout, de porter plainte contre leur supérieur hiérarchique. Jugement en décembre 2011.

Lisons l’article de Laurence PICOLO publié le 23 décembre 2011 dans OUEST FRANCE. Avec notre éclairage, of course.

1) Dès le titre, le ton est donné :  » Le principal était-il un harceleur ?  » Le doute est d’emblée installé, et dans ces affaires malheureusement le doute profite systématiquement au harceleur.

Le ton est donné, car la journaliste est peu au fait des mécanismes du harcèlement dans l’Education Nationale, et n’a jamais entendu parler de l’implacable Omerta régnant sur le sujet. La procureure comme les juges ne sont pas plus au fait, et c’est vraiment regrettable. Tout ce beau monde a une (petite) excuse : l’ouvrage de Daniel ARNAUD  » Le Harcèlement moral dans l’Enseignement «  n’était pas encore paru en décembre 2011. Mais tout de même… L’Omerta avait déjà été fissurée à l’époque. Et le jugement – aucun suspense (ce sera bien sûr la relaxe du pauvre principal de collège si souple ! si humain ! et si injustement accusé !) – a contribué à renforcer la chape de plomb pesant sur ce phénomène de harcèlement par la hiérarchie, dont l’ampleur effroyable en fait un scandale majeur de l’institution scolaire.

2) Curieux jugement que cette relaxe… Alors que la procureure souligne que « le harcèlement moral n’est pas défini dans ses actes, mais dans ses conséquences » : la dégradation des conditions de travail, l’altération de la santé physique… et que l’enseignante stipule : « J’ai pensé mettre fin à mes jours. Je l’aurais fait dans ma classe. Pour interpeller. ».

Que leur faut-il, à ces juges ? Pourquoi remettre ainsi en cause la parole de cette enseignante ? Voilà qui nous laisse perplexes… Il aurait fallu que cette enseignante passe à l’acte, se suicide dans sa salle de cours, pour apporter la preuve irréfutable de l’altération de ses conditions de travail par son chef d’établissement ? Mais on aurait dans ce cas classé l’affaire sans suite, en refusant toute enquête, comme au Lycée André MALRAUX de Béthune. Dans un cas comme dans l’autre, la justice blanchit systématiquement le chef d’établissement, blanchit l’administration, bref, blanchit le puissant… Non, ce n’est pas une justice de classe, bien sûr. On aimerait cependant qu’un juge précise comment il pourrait être possible techniquement de condamner demain un chef d’établissement harceleur… tant que celui-ci ne passe pas aux aveux ! Les harceleurs ont encore de beaux jours devant eux…

3) « On ne m’a pas donné les moyens de secrétariat nécessaires ». Visiblement le gestionnaire a quant à lui subi le traquenard classique consistant à ne pas donner les moyens à un agent d’exécuter sa mission… afin de le lui reprocher par la suite. Technique classique du harceleur. C’est clair comme de l’eau de roche, mais la procureure et les juges ne boivent pas de ce liquide…

4) « Pourquoi en tant que déléguée syndicale ne pas avoir réagi, « ne pas avoir signalé ces agissements à la hiérarchie ? », interroge, surpris, le président. « C’est plus difficile quand c’est pour soi. Et puis je ne pensais pas qu’on pouvait remettre en cause un supérieur hiérarchique. ». Visiblement le président connaît très mal, ne connaît strictement rien au fonctionnement d’un collège. A moins qu’il joue les naïfs… Là encore, nous ne pouvons que lui recommander la lecture de l’ouvrage de référence cité plus haut. Lecture d’urgence !

5) Le principal a une technique de défense  bien étudiée : embrouiller les choses, masquer l’inégalité du rapport de forces administration / enseignant, inverser les rôles et se poser en victime de méchants professeurs qui ont le culot de se syndiquer : « Quand on est chef d’établissement, on sait comment sont les délégués de Sud : solides et très au fait du droit. S’il y en a avec qui on prend garde à être dans les clous, c’est bien eux ! »

Incroyable ! Les propos de l’enseignante sont décridibilisés au motif… qu’elle est déléguée syndicale ! Les masques tombent… Si l’enseignante n’avait pas été déléguée syndicale à SUD, elle aurait pu – rêvons un peu – être entendue par la procureure et par les juges… Elle aurait pu obtenir condamnation du principal pour harcèlement. Mais comme elle est déléguée, et bien… non. Pour se battre contre l’Armada de l’Administration, un enseignant lambda est sans doute mieux armé qu’un délégué syndical… Logique ! Jolie manipulation, monsieur le principal…

6) Le principal ? Ses adversaires parlent d’un « manipulateur qui se comportait comme un gourou de secte ». Et tout cela est balayé d’un revers par les juges… Faute de preuves, sans doute ? Ce n’est pas de la manipulation que de masquer l’inégalité du rapport de forces entre une enseignante et sa direction soutenue par toute l’administration ? Ce n’est pas de la manipulation que d’inverser les rôles ? Ce n’est pas du harcèlement que de faire des reproches injustifiés « de manière répétée » ? Ce n’est pas du harcèlement que de convoquer une enseignante « en plein milieu des cours » ?

7)  « On ne peut condamner que sur des preuves, et dans ce dossier il n’y en a pas. » affirme la procureure.

On peut condamner sur un faisceau de présomptions. En ce sens, les plaignants ont apporté les preuves… à qui est capable de les lire, à qui est capable de décoder le fonctionnement de l’institution scolaire, à qui veut bien voir au-delà des habitudes de déni. Pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir et fait mine de ne pas comprendre…

« Des personnels sortis en pleurs du bureau du principal » ce ne sont pas des preuves ? Mais non, ils venaient d’éplucher quelques oignons…

Convoquer une enseignante « en plein milieu des cours », ce n’est pas une technique classique de harcèlement psychologique ? On aimerait voir la tête de cette procureure si le parquet la convoquait systématiquement au milieu de ses plaidoiries…

Le principal jure que la plaignante est « solide ». Or elle s’est retrouvée suite à ses actions répétées au bord du suicide. Quelle autre preuve faut-il pour ouvrir les yeux à ces magistrats ? Malaise…

8) «  On sait aussi qu’il n’est pas facile d’exercer des fonctions d’autorité. »

Ouh ! Les malheureux petits chefs ! Ah mais non, ce n’est pas facile de diriger ces feignants de profs, ni de distinguer « autorité et « autoritarisme » !

En revanche il est facile, Madame la procureure RIEUTORT, d’être humilié au quotidien. Il est facile, Madame la procureure, de subir chaque jour « l’enfer ». Il est facile, Madame la procureure, de « venir chaque jour au collège la peur au ventre ». Il est facile, Madame la procureure, de « se sentir comme une merde ». Il est facile, Madame la procureure, de « connaître une vraie situation de harcèlement ». « De penser mettre fin à ses jours, dans sa classe. Pour interpeller. » Et c’est bien connu, il est très facile, pour un enseignant, de porter plainte contre son supérieur hiérarchique.

Il est facile également, quand on est procureure, et quand on est juge, de savoir comment plaire… Ne pas faire condamner un chef d’établissement, surtout, surtout pas ! Ne pas prononcer un jugement qui ferait jurisprudence et donnerait – enfin ! – un appel d’air aux 40 000 enseignants victimes de harcèlement moral ! Merci et bravo pour ce jugement.

Marie, Jeanne, et Philippe

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Ci-dessous article de Laurence PICOLO publié le 23 décembre 2011 dans OUEST FRANCE.

http://snes72.org/index.php/ouest-france/261-le-principal-du-college-etait-il-un-harceleur

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Le principal du collège était-il un « harceleur » ?

Affaire rare que celle de harcèlement moral dans un collège public, évoqué hier au tribunal correctionnel. Les faits remontent à la période 2005 et 2008.

Le tribunal s’est donné un mois pour rendre sa décision dans une affaire complexe de harcèlement moral dans un collège public. La procureure Rieutort, elle-même, s’en est remise à la « sagesse » du tribunal.
« Le harcèlement moral, a-t-elle rappelé, n’est pas défini dans ses actes, mais dans ses conséquences » : la dégradation des conditions de travail, l’altération de la santé physique… « On ne peut condamner que sur des preuves, et dans ce dossier il n’y en a pas. On sait aussi qu’il n’est pas facile d’exercer des fonctions d’autorité. »

Reproche n’est pas harcèlement

Au coeur du débat d’hier, ce qui s’est passé au collège Val-d’Huisne de La Ferté-Bernard entre 2005 et 2008. Le principal d’alors est poursuivi pour harcèlement moral par un agent d’accueil muté sur le poste de gestionnaire, en vue d’une titularisation.
Un poste lourd. Trop, visiblement. Pour la victime, c’est parce que « l’on ne m’a pas donné les moyens de secrétariat nécessaires ». Le principal évoque, lui, des « compétences limitées ». À la victime qui se plaint de reproches répétés de la part de son supérieur, le président Manet rétorque que « des reproches ne sont pas nécessairement du harcèlement ».

« J’ai pensé au suicide »

L’autre victime, c’est une enseignante. Également représentante de Sud-éducation au conseil d’administration du collège. Suite à des problèmes rencontrés par certains de ses collègues, elle est intervenue en leur nom auprès du principal. « Et là, l’enfer a commencé », raconte-t-elle au bord des larmes.
Les convocations « en plein milieu des cours » ; les « interrogations » après une réunion où elle a été « inattentive »… Elle dit être venue chaque jour au collège « la peur au ventre ». Qu’elle s’est « sentie comme une merde ». « J’ai connu une vraie situation de harcèlement. J’ai pensé mettre fin à mes jours. Je l’aurais fait dans ma classe. Pour interpeller. »
Pourquoi en tant que déléguée syndicale ne pas avoir réagi, « ne pas avoir signalé ces agissements à la hiérarchie ? », interroge, surpris, le président. « C’est plus difficile quand c’est pour soi. Et puis je ne pensais pas qu’on pouvait remettre en cause un supérieur hiérarchique. »

Deux camps

Le principal qui, depuis, a quitté la Sarthe, reconnaît des « relations tendues » avec elle. Mais, poursuit-il, quand on est chef d’établissement, on sait comment sont les délégués de Sud : solides et très au fait du droit. S’il y en a avec qui on prend garde à être dans les clous, c’est bien eux ! »
Tous les personnels du collège ont été interrogés. La majorité des propos sont élogieux à l’égard du principal. Même si ses habitudes de « convocations, pour des entretiens longs », en agaçaient plus d’un. Certains ont aussi évoqué « des personnels sortis en pleurs du bureau », mais sans en préciser la raison. Ses adversaires parlent eux d’un « manipulateur qui se comportait comme un gourou de secte ». Décision le 25 janvier 2012.

Laurence PICOLO.

Ouest-France – Edition du 23 décembre 2011

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Ci-dessus article de Laurence PICOLO publié le 23 décembre 2011 dans OUEST FRANCE.

http://snes72.org/index.php/ouest-france/261-le-principal-du-college-etait-il-un-harceleur

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Dès demain notre premier article sur le Collège Val-d’Huisne / Costa Gavras de La Ferté-Bernard.

A suivre…

Marie, Jeanne, et Philippe.