Archives de la catégorie ‘Le Lycée André Malraux de BETHUNE (62)’

 

Vivement critiqué pour avoir supprimé le poste de Marielle CROQUEFER, ce qui est considéré ici ou là comme une troisième mort symbolique, Michel BOENS est autorisé par sa hiérarchie de tutelle à s’expliquer dans la presse locale (NORD ECLAIR, 6 février 2013).

* * *

Michel Boëns « assure être soutenu par  des collègues qui partagent son objectif de réussite des élèves et de valorisation des formations et du lycée professionnel   », nous apprend cet article de presse.

Bien. Mais qui sont ses « collègues » ? D’autres proviseurs ? Ou des enseignants ?

1) Ne nous faites pas croire que Michel BOENS considère les enseignants comme « ses collègues »… Ou comme ses « amis ». Que n’a-t-il entendu à temps la détresse de l’une d’entre elles…

Si ses « collègues » sont des proviseurs du secteur, voilà un appui de poids… A l’heure de la concurrence effrénée entre établissements, que le proviseur du lycée André MALRAUX voit ses choix approuvés par les proviseurs des établissements voisins peut sembler assez inquiétant quant à la pertinence de ses décisions…
Le lycée André MALRAUX est mal barré si les lycées concurrents applaudissent des deux mains sa stratégie !

2) Avoir pour objectif  « la réussite des élèves », bel enfonçage de porte ouverte…
La survie des enseignants qu’on a sous ses ordres, pour le proviseur BOENS, ce n’est pas un objectif atteignable ?

Marie, Jeanne, et Philippe

 

 

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Ci-dessous, l’article publié dans NORD ECLAIR en date du 6 février 2013.

http://www.nordeclair.fr/info-locale/suppressions-de-postes-au-lp-malraux-le-proviseur-assume-jna46b0n144937

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Le journal du jour à partir de 0.79

| ENSEIGNEMENT |

«Le conseil d'administration s'est tenu valablement.»
«Le conseil d’administration s’est tenu valablement.»

Samedi, le conseil d’administration du lycée professionnel André-Malraux a acté la suppression de deux postes, en secrétariat et bureautique, à la rentrée 2013. Les représentants du syndicat Action et démocratie, majoritaire parmi les enseignants du LP Malraux, s’indignent de la suppression du poste de Marielle Croquefer, qui s’est suicidée en octobre (notre édition de dimanche). Dans un courrier retrouvé dans son ordinateur, l’enseignante avait expliqué son geste par la crainte de redevenir titulaire de zone de remplacement (TZR).
Le proviseur Michel Boëns dénonce un mauvais procès. Sur la forme, « il est inadmissible de dire que j’ai tué une troisième fois Marielle Croquefer ». Sur le fond, « les mesures de carte scolaire ne sont pas de mon ressort mais de celui du rectorat. Des circonstances dramatiques ont fait que ce poste n’était plus pourvu par un titulaire, mais si ce drame n’avait pas eu lieu, rien ne dit que c’est celui-ci qui aurait été supprimé ».
« Aucune autre solution n’a été proposée » Revenant sur le processus de préparation de la rentrée, il rappelle qu’il travaille avec une enveloppe de moyens contrainte, octroyée par le rectorat de l’académie de Lille. En 2013, cette dotation horaire globale (DHG) sera la même qu’en 2012. « Une fois la DHG arrêtée, ma mission en tant que chef d’établissement est de la répartir en fonction de la structure de l’enseignement et des effectifs prévus. Ça amène un certain nombre de choix mais ma marge de manoeuvre est limitée. Au mois de janvier, j’ai présenté la répartition que j’envisageais en conseil pédagogique, en commission permanente puis en conseil d’administration. Aucune autre solution n’a été proposée. » Mardi 29 janvier, un premier conseil d’administration a été boycotté par les représentants des personnels. Le quorum n’étant pas atteint, un nouveau CA a été convoqué samedi. « Il s’est tenu valablement et a donné un avis favorable à la répartition de la DHG », tranche Michel Boëns, qui assure être soutenu par « des collègues qui partagent mon objectif de réussite des élèves et de valorisation des formations et du lycée professionnel ».
À dotation horaire constante, les 36 heures correspondant aux deux postes supprimés ont été affectées à d’autres matières : « On crée 9 heures en arts appliqués, 6 heures en allemand, 12 heures en biotechnologies et 10 heures en métiers de la mode », qui compléteront le service de professeurs titulaires ou TZR. Alors que les représentants d’Action et démocratie s’étonnent de la baisse des effectifs estimés par le rectorat en section Gestion et administration (64 élèves en 2de en 2012 mais seulement 39 en 1re en 2013), Michel Boëns la trouve logique.
« Cette estimation est basée sur le décrochage constaté dans les sections Secrétariat et Comptabilité (remplacées par le bac GA) . Si elle se révèle erronée, nous bénéficierons de moyens supplémentaires, en heures poste ou en heures supplémentaires. Quoi qu’il en soit, un élève qui a commencé son cursus à Malraux pourra le continuer à Malraux. » Michel Boëns défend également le bien-fondé d’un seul proviseur pour les deux lycées Malraux : « Ça permet de développer des synergies. C’est une chance, pas un handicap. » Revenir à l’ancien système – un proviseur pour le LEGT et un pour le LP, comme le demandent les représentants d’Action et démocratie – serait « un retour en arrière ». RU. MU.

 

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Ci-dessus, l’article publié dans NORD ECLAIR en date du 6 février 2013.

http://www.nordeclair.fr/info-locale/suppressions-de-postes-au-lp-malraux-le-proviseur-assume-jna46b0n144937

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Dans un article publié dans Nord Eclair en date du 6 février 2013,  Michel BOENS, le proviseur du Lycée André MALRAUX, tient à s’exprimer au sujet de la tragédie qui marquera encore pour longtemps son établissement. C’est son choix.

Deux passages méritent d’être commentés.

 * * *

 

« Michel BOENS dénonce un mauvais procès. »

Comment dire qu’il y a là un « mauvais procès », puisque de procès, il n’y en a pas ? Pas plus qu’il n’y a eu la moindre enquête pour déterminer les responsabilités éventuelles dans ce drame.

Qu’on diligente plusieurs enquêtes indépendantes, des enquêtes externes à l’Education Nationale, et nous verrons alors s’il y a lieu ou non d’instruire un « procès ».

 

* * *

 

« Sur la forme, il est inadmissible de dire que j’ai tué une troisième fois Marielle Croquefer . »

1

Attention, ne nous méprenons pas. Cela ne veut pas dire que Michel BOENS reconnait et admet qu’on puisse dire qu’il a tué Marielle CROQUEFER une première fois, puis une deuxième fois. Non, non, ce n’est pas cela. Pas cela du tout ! Enfin, nous croyons que ce n’est pas comme cela qu’il faut interpréter ses propos. Mais nous nous trompons peut-être… Il paraîtrait que parfois l’inconscient referait surface, à ce qu’en disent les spécialistes…

2

Ce que le souriant Michel BOENS veut dire, peut-être, c’est que c’est inadmissible que des syndicalistes puissent exprimer leur opinion, leur ressenti, leur perception de la situation.

Ce que Michel BOENS veut dire, peut-être, c’est que c’est inadmissible que des syndicalistes puissent dire ce qui leur semble être une réalité, une évidence, un fait.

Pour Michel BOENS, ce qu’ont écrit et dit des responsables syndicaux est « inadmissible » ? Et il s’en ouvre dans un journal local ? Oh là là, quelle poigne ! C’est impressionnant. Les élèves chahuteurs doivent trembler, dans ce lycée… Et les enseignants doivent s’y sentir à l’aise, sachant qu’ils sont pleinement soutenus par un homme de cette trempe.

3

Mais si c’est inadmissible, pourquoi l’admettre ? Pourquoi ne pas porter plainte contre ces syndicalistes, alors ? Pour diffamation, par exemple. Ah, personne n’envisage de porter plainte – surtout pas malheureux ! – parce que cela pourrait déclencher une enquête visant à déterminer les responsabilités de chacun dans ce décès ? Parce que cela pourrait relancer l’affaire, et sous la pression des médias, qui sait si la justice ne serait pas contrainte de se mettre enfin en branle… Mais alors, c’est le serpent qui se mord la queue… Tant que le rectorat refusera d’ouvrir une enquête, cela aura beau être « inadmissible » de penser ce qu’on pense, on le pensera d’autant plus qu’aucun élément ne viendra nous faire penser autre chose que ce que l’on pense… bien au contraire ! En voulant étouffer l’affaire, le rectorat laisse libre cours à toutes les suspicions et à tous les fantasmes. Avantage et inconvénient : couvert, oui, mais pas blanchi. On préférerait être blanchi sans bénéficier d’aucune couverture, non ? Ce qui est bien là-dedans c’est qu’officiellement, personne n’a rien à se reprocher. Personne.

4

Ce qui nous semble inadmissible, à nous, Marie, Jeanne et Philippe, c’est que les pouvoirs publics refusent encore et toujours de faire toute la lumière, publiquement, objectivement, sur les responsabilités individuelles dans ce drame.

En l’absence de la moindre enquête indépendante, à qui voudra-ton faire croire que personne, à l’Education Nationale, n’est responsable de ce qu’une enseignante mette fin à ses jours en pointant du doigt l’Education Nationale et en refusant qu’un quelconque membre de l’Education Nationale assiste à ses obsèques ? Soyons honnêtes ! Nous le sommes. Même si cela semble « inadmissible » à certains.

Marie, Jeanne, et Philippe

 

P.S. : rappelons que Michel BOENS bénéficie de la présomption d’innocence. Il n’est peut-être pour rien, ni de près, ni de loin, dans ce drame humain. Peut-être même qu’il n’a jamais croisé Marielle CROQUEFER.

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Ci-dessous, article de Nord Eclair, 6 février 2013.

http://www.nordeclair.fr/info-locale/suppressions-de-postes-au-lp-malraux-le-proviseur-assume-jna46b0n144937

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| ENSEIGNEMENT |

«Le conseil d'administration s'est tenu valablement.»
«Le conseil d’administration s’est tenu valablement.»

Samedi, le conseil d’administration du lycée professionnel André-Malraux a acté la suppression de deux postes, en secrétariat et bureautique, à la rentrée 2013. Les représentants du syndicat Action et démocratie, majoritaire parmi les enseignants du LP Malraux, s’indignent de la suppression du poste de Marielle Croquefer, qui s’est suicidée en octobre (notre édition de dimanche). Dans un courrier retrouvé dans son ordinateur, l’enseignante avait expliqué son geste par la crainte de redevenir titulaire de zone de remplacement (TZR).
Le proviseur Michel Boëns dénonce un mauvais procès. Sur la forme, « il est inadmissible de dire que j’ai tué une troisième fois Marielle Croquefer ». Sur le fond, « les mesures de carte scolaire ne sont pas de mon ressort mais de celui du rectorat. Des circonstances dramatiques ont fait que ce poste n’était plus pourvu par un titulaire, mais si ce drame n’avait pas eu lieu, rien ne dit que c’est celui-ci qui aurait été supprimé ».
« Aucune autre solution n’a été proposée » Revenant sur le processus de préparation de la rentrée, il rappelle qu’il travaille avec une enveloppe de moyens contrainte, octroyée par le rectorat de l’académie de Lille. En 2013, cette dotation horaire globale (DHG) sera la même qu’en 2012. « Une fois la DHG arrêtée, ma mission en tant que chef d’établissement est de la répartir en fonction de la structure de l’enseignement et des effectifs prévus. Ça amène un certain nombre de choix mais ma marge de manoeuvre est limitée. Au mois de janvier, j’ai présenté la répartition que j’envisageais en conseil pédagogique, en commission permanente puis en conseil d’administration. Aucune autre solution n’a été proposée. » Mardi 29 janvier, un premier conseil d’administration a été boycotté par les représentants des personnels. Le quorum n’étant pas atteint, un nouveau CA a été convoqué samedi. « Il s’est tenu valablement et a donné un avis favorable à la répartition de la DHG », tranche Michel Boëns, qui assure être soutenu par « des collègues qui partagent mon objectif de réussite des élèves et de valorisation des formations et du lycée professionnel ».
À dotation horaire constante, les 36 heures correspondant aux deux postes supprimés ont été affectées à d’autres matières : « On crée 9 heures en arts appliqués, 6 heures en allemand, 12 heures en biotechnologies et 10 heures en métiers de la mode », qui compléteront le service de professeurs titulaires ou TZR. Alors que les représentants d’Action et démocratie s’étonnent de la baisse des effectifs estimés par le rectorat en section Gestion et administration (64 élèves en 2de en 2012 mais seulement 39 en 1re en 2013), Michel Boëns la trouve logique.
« Cette estimation est basée sur le décrochage constaté dans les sections Secrétariat et Comptabilité (remplacées par le bac GA) . Si elle se révèle erronée, nous bénéficierons de moyens supplémentaires, en heures poste ou en heures supplémentaires. Quoi qu’il en soit, un élève qui a commencé son cursus à Malraux pourra le continuer à Malraux. » Michel Boëns défend également le bien-fondé d’un seul proviseur pour les deux lycées Malraux : « Ça permet de développer des synergies. C’est une chance, pas un handicap. » Revenir à l’ancien système – un proviseur pour le LEGT et un pour le LP, comme le demandent les représentants d’Action et démocratie – serait « un retour en arrière ». RU. MU.

 

 

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Ci-dessous, article de Nord Eclair, 6 février 2013.

http://www.nordeclair.fr/info-locale/suppressions-de-postes-au-lp-malraux-le-proviseur-assume-jna46b0n144937

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Sur son blog, Denis THOMAS évoque, le 20 février, les suicides au travail – et celui du lycée André Malraux de Béthune – sous le titre « Suicides au travail : De bien médiatiques pansements. Enquête ».

Où il apparaît que lorsque des vagues de suicides deviennent trop difficiles à masquer (Renault, France Telecom, Peugeot, etc.) on peut se tourner vers un cabinet spécialisé (Technologia ou autre), non pas pour revenir à davantage d’humain et d’éthique, mais pour … donner le change dans les médias.

Dans « l’affaire » du Lycée André MALRAUX de Béthune, le rectorat ne s’est même pas donné cette peine. Inutile de donner le change. Inutile d’enfumer les médias et l’opinion. On est déjà passé à autre chose…

Voire ! Omerta au Rectorat n’oublie pas et parle encore et encore de refus du rectorat de faire toute la lumière sur ce drame. La suspicion doit laisser place à la transparence.

Nous n’oublierons pas ce qui s’est passé dans ce lycée béthunois. Et nous relierons ce drame à d’autres faits et à d’autres témoignages d’acteurs de l’Education Nationale, jusqu’à ce qu’on ne puisse plus masquer l’ampleur et la gravité de l’omerta institutionnelle qui pèse sur les collèges et les lycées de France. Et zut ! à ceux que cela n’arrange pas.

Marie, Jeanne, et Philippe

 

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Ci-dessous, billet de Denis THOMAS, AGORA VOX, 20 février 2013.

http://mobile.agoravox.fr/actualites/societe/article/suicides-au-travail-de-bien-131084

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mercredi 20 février – par Denis Thomas

Suicides au travail : De bien médiatiques pansements. Enquête.

Face au tsunami des suicides « professionnels », le patronat tant du secteur privé que public s’efforce de montrer patte blanche aux médias. Enquêtes, études sont avancées face caméras pour stopper la catastrophe. La réalité est plus dure.

Comme elle le fût, et l’est, pour le suicide de la professeure du Lycée professionnel Malraux de Béthune. L’Education nationale enterre l’enquête, refuse de reconnaître l’accident de travail et propose de… supprimer son poste. Cas isolé ? bien sûr que non.

Les mois, les années passent et le monde du travail ne cesse de pleurer ses membres qui ont choisi de mettre fin à leurs jours du fait de conditions insupportables, Quand ces dernières ne les poussent pas à une dépression sans fond, ce qui toutefois ne peut être considéré comme un « moindre mal ».

Dans le privé comme dans le public, les directions affichent un émoi de circonstance. Devant les micros et caméras, principalement.

Prenons l’exemple de Marielle Croquefer, cette enseignante du lycée professionnel « Malraux » de Béthune, dans le Nord de la France, qui avait choisi à 48 ans de mettre fin à ses jours en octobre 2012. Manque de moyens, abandon par la hiérarchie, inquiétudes sur l’avenir de son poste telle est la composition du terrible cocktail qui lui a été fatal.

Quatre mois plus tard, la professeure, son désespoir et ses souffrances semblent être bel et bien passés aux oubliettes. Pourtant, face au médias, le rectorat avait assuré au moment des faits vouloir faire toute la lumière sur le drame.

Contacté le 20 février 2013, les services de l’académie de Lille ne semblent pas se souvenir spontanément de cette tragique histoire. Ni, bien entendu, de l’enquête et de ses éventuelles conclusions. Comme l’écrit tout bon journaliste : aucun commentaire « n’a pu être obtenu dans l’immédiat », sur le « dossier en référence ». Ca ne s’invente pas…

La malheureuse avait laissé derrière elle un mail destiné au syndicat « Action et démocratie » dans lequel elle détaillait ses souffrances, ainsi que leurs raisons professionnelles, sans ambiguïté.

ENQUETE ENTERREE

Alors au choix : soit l’enquête du rectorat a été réduite à sa plus simple expression, soit ses conclusions sont si préoccupantes qu’elles ne seront pas communiquées. Au moins rapidement et dans leur état brut.

Mais côté syndical on est beaucoup moins avare de précisions. Et elles sont terribles. Le 14 décembre dernier, le CHSCT (Comité d’hygiène, sécurité et conditions de travail) de l’Education nationale, région Pas-de-Calais refuse de reconnaître le suicide de Marielle Croquefer en tant qu’accident de travail. Son mari a porté plainte.

Comme ce n’est pas suffisant, le président du conseil d’administration du lycée Malraux a proposé la suppression du poste de l’enseignante défunte pour la rentrée prochaine.

« Un nouvelle reunion du CHSCT est prévue le vendredi 15 mars prochain pour revoir l’accident de travail de Marielle » m’explique une syndicaliste d’Action et Démocratie. Pour elle, le rectorat a enterré l’enquête.

Plus ou moins habilement emballée la position de l’employeur, qu’il soit public ou privé tourne autour de  : « c’est surtout pas de notre faute ! Elle (ou lui) connaissait des difficultés dans sa vie privée ». Jusqu’au moment où, les fait, têtus, viennent prouver les vraies responsabilités.

Que penser alors des actions qui seront menées – ou pas du tout – malgré l’horreur de ces actes définitifs ?

Généralement, quels sont les résultats des études et consultations sur la souffrance au travail diligentés par les directions de groupes, privés cette fois, comme France Télécom, Peugeot (la liste est longue) pour étudier la chose et renverser la vapeur toxique ?

FAUCHEUSE

Car si tous ne meurent pas, presque tous sont atteints. Et quelle que soit la catégorie du salarié, son niveau hiérarchique ou son secteur.

Seules les « huiles », PDG, directeurs généraux semblent, en bonne forme malgré la pression de leurs actionnaires soucieux de préserver marges et dividendes. Pas d’inquiétudes ! La variable d’ajustement est encore et toujours les effectifs .

En 2009, lorsque que la vague de suicides était devenue impossible à masquer pour France Télécom, le groupe avait mandé un cabinet spécialisé, Technologia (qui a également oeuvré chez Renault pour un état des lieux et impulser d’autres « manières .

Le PDG du groupe a changé, bravo ! « mais il n’y a guère que lui », dit en 2013 un représentant CGT de l’entreprise. « Les mutations à l’arrache continuent, les salariés sont à bout », constate-t-il.

A quoi l’expertise a-t-elle servi ? « Mis à part donner le change dans les médias, à rien , ou presque », déplore ce représentant des salariés.

Mais les grands groupes ne sont pas les uniques lieux d’hécatombes. Le milieu paysan est dramatiquement atteint par la noire faucheuse.

« On ne compte plus les agriculteurs qu’on retrouve pendus dans leur grange ou leur hangar », m’explique une syndicaliste du monde paysan.

« Il sont étranglés par des crédits contractés ‘la Banque’ (Crédit Agricole) qui est devenue encore plus intraitable que de par le passé, où déjà elle était terrible », ajoute-t-elle.

Et ça, c’est encore moins médiatique…

Denis THOMAS

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Ci-dessous, billet de Denis THOMAS, AGORA VOX, 20 février 2013.

http://mobile.agoravox.fr/actualites/societe/article/suicides-au-travail-de-bien-131084

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L’Avenir de l’Artois est un des rares journaux à évoquer régulièrement la façon dont le rectorat de Lille compte étouffer au plus vite le scandale que constitue son attitude d’obstruction vis-à-vis du drame du Lycée André Malraux de Béthune.

Un suicide, des questions, pas de réponse.

Quid de la responsabilité éventuelle de tel ou tel de ses agents ?

Pourquoi refuser une enquête du CHSCT (Comité d’Hygiène, de Sécurité, et des Conditions de Travail) ?

Si le rectorat n’a rien à cacher, si le rectorat n’a rien à se reprocher, si le rectorat n’a personne à protéger… pourquoi faire obstruction à cette enquête interne ?

En l’absence d’enquête interne du CHSCT, on est en droit de se demander à quelles conclusions aboutirait une enquête externe, totalement indépendante, délivrée de toute pression et influence hiérarchique…

Le rectorat de Lille refuse la transparence, et il est dommage que les enseignants ne prennent pas davantage à bras-le-corps la question. On entend les responsables syndicaux d’Action et Démocratie, et c’est une bonne chose, mais la plupart des autres syndicats restent silencieux… Pourquoi ce silence ?

Pourquoi ce silence des syndicalistes locaux si prompts à s’enflammer et à poser devant les photographes pour revendiquer l’achat d’une poignée de manuels scolaires ? Se taire, n’est-ce pas se rendre complice ? Il ne suffit pas de prendre une mine attristée lors d’une marche blanche pour remplir son rôle de syndicaliste, ne vous déplaise ! Surtout lorsqu’on s’est déjà distingué maintes fois par sa passivité – avant comme après ce drame du lycée André MALRAUX – quand on a été interpelé par des enseignantes et des enseignants, malmenés par leur hiérarchie, dans d’autres établissements de la région (voir nos prochains billets sur les positions pour le moins troubles de certains syndicats).

Faudra-t-il attendre d’autres drames, voire d’autres suicides, pour que ces représentants syndicalistes muets cessent de se contenter de jouir de décharges horaires, et prennent enfin leurs responsabilités ? Nous en appelons à un sursaut de leur part ! Nous serons directs avec ces pseudos syndicalistes… Qu’ils se fassent entendre, jusqu’à obtenir des enquêtes… ou qu’ils tombent les masques de leur (éventuel) « double jeu », et de leur (possible ?) complicité avec le rectorat.

Jeanne, Philippe, et Marie.

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Ci-dessous, article de L’Avenir de l’Artois, 14 mars 2013.

http://www.lavenirdelartois.fr/actualite/Pays_d_Artois/Bruaysis/2013/03/18/article_toujours_dans_l_attente_d_une_decision.shtml

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Bruaysis

POLÉMIQUE

Toujours dans l’ attente d’une décision

jeudi 14.03.2013, 08:00

Cinq mois après le suicide de  l'ensiengante, le lycée Malraux est encore sous le choc. Cinq mois après le suicide de l’enseignante, le lycée Malraux est encore sous le choc.

Le lycée Malraux vit encore sous le choc. Cinq mois après le suicide de Marielle Croquefer, enseignante au lycée professionnel Malraux, ses collègues ne désarment pas.
A l’époque, juste avant les vacances de Toussaint, les professeurs s’étaient déjà mobilisés, puis ils avaient organisé une marche blanche le 12 novembre au départ du lycée pour rejoindre l’arbre de la paix.
Plusieurs centaines de personnes y avaient participé pour rendre hommage à Marielle Croquefer, qui craignait de voir son poste supprimé. En février, les syndicats apprenaient qu’au final le poste de Marielle Croquefer allait être supprimé.

Des pressions dues au travail selon ses proches

« Au niveau de l’administration, j’ai envoyé le 7 janvier 2013 un courrier au directeur académique des services de l’Éducation nationale lui expliquant que ma soeur Marielle n’avait pas supporté toutes les pressions dues à la dégradation des conditions de travail avec classes hostiles, la menace de la suppression de son poste, vingt-sept années où elle a été mutée d’établissement en établissement, la peur de redevenir TZR (titulaire sur zone de remplacement), et les remarques, commentaires de sa hiérarchie. Les documents que je possède ne laissent aucun doute. Poussée à bout, elle avait mis fin à ses jours », regrette Maryse Croquefer.

« Il faut que l’institution écoute ce cri »

« Cette situation est révélatrice d’une situation préoccupante aggravée par le précédent gouvernement sur les enseignants. Il faut que l’institution écoute ce cri. Elle a laissé des écrits, mais on fait face à un rectorat qui n’a absolument pas envie de répondre aux questions. Il préfère étouffer le drame. On fait face à une gestion inhumaine, car chiffrée. On ne regarde pas les conditions dans lesquelles nous travaillons », déplore Michel Paillart, professeur au lycée Malraux et membre du syndicat Action Démocratie.
Il poursuit : « Toutes les conditions sont réunies pour que nos collègues se sentent de plus en plus mal à l’aise dans leur métier. De plus en plus se posent des questions quant à leur avenir professionnel. Quand on voit des suppressions un peu partout, ça ne rassure pas loin. Loin de là. Les professeurs, ce ne sont pas les braves fonctionnaires toujours en vacances. » Après deux rendez-vous infructueux les 14 novembre et 14 décembre, le Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) se réunira une troisième fois ce vendredi 15 mars.

« Des dirigeants autistes »


« Considérant que ma soeur s’est suicidée pour des raisons professionnelles, j’ai contesté la décision rendue lors du CHSCT du 14 décembre 2012 de ne pas donner suite. Je lui ai demandé l’ouverture d’une enquête au sein du lycée Malraux et de me faire parvenir le dossier de déclaration d’accident du travail. Il m’a répondu le 24 Janvier 2013 en m’informant que ma correspondance était transmise au Recteur de l’académie de Lille au pôle juridique.
Depuis plus de nouvelles », assure Maryse Croquefer.
« Je crois qu’il n’y aura aucune évolution. On doit faire face à des dirigeants autistes qui utilisent les méthodes du passage en force », appuie Michel Paillart. Réponse ces prochains jours.

 

C. B., M. V. et G. H.


L’Avenir de l’Artois

 

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Ci-dessus, article de L’Avenir de l’Artois, 14 mars 2013.

http://www.lavenirdelartois.fr/actualite/Pays_d_Artois/Bruaysis/2013/03/18/article_toujours_dans_l_attente_d_une_decision.shtml

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Quand une enseignante se suicide en pointant du doigt l’institution scolaire, le rectorat de Lille compte faire toute la lumière sur ce drame en jouant la carte de la transparence la plus totale, c’est-à-dire… en refusant catégoriquement toute Commission d’Enquête !

 

Pourquoi ce refus de transparence dans l’Education Nationale ?  Et pourquoi un tel silence, une telle opacité, une telle omerta autour des responsabilités de chacun dans ce décès aussi violent et aussi injuste ?

 

Qui peut le plus peut le moins… mais alors, les mêmes méthodes sont-elles de mise pour les tragédies, les situations atroces, les cas humainement inacceptables qui ne vont pas jusqu’à déboucher sur des suicides ? Ces méthodes d’obstruction sont-elles devenues la règle, le quotidien, l’habitude dans l’Education Nationale ?

 

Quel est le degré atteint par l’ampleur du déni chez le personnel de direction des collèges et des lycées ? Quel est le degré atteint par l’ampleur du déni dans l’administration des rectorats ? Quel est le degré atteint par l’ampleur du déni dans l’institution scolaire ?

 

Est-il vrai – comme l’affirme la représentante syndicale Sylvie VINCARD – que le proviseur Michel BOENS s’est adressé par courrier à la famille de la défunte « sans même un mot de compassion ni de condoléances » ?

 

Nous soulevons ici quelques jolis lièvres. Quels journalistes d’investigation bénéficieront d’assez d’indépendance et de professionnalisme pour se pencher demain sur ces questions ?

 

Jeanne, Marie et Philippe.

 

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Ci-dessous article de Denis THOMAS publié sur le site Agora Vox le 21 février 2013, repris sur le site du syndicat Action et Démocratie et sur de nombreux autres sites et blogs.

http://mobile.agoravox.fr/actualites/societe/article/l-education-nationale-veut-131143

http://www.adnice.fr/spip.php?article270

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jeudi 21 février 2013 – par Denis Thomas

L’Education nationale veut étouffer sa suicidée de Béthune

 

Tous les moyens sont bons au rectorat de Lille pour faire oublier le suicide de Marielle Croquefer, professeure du Lycée André Malraux de Béthune.

Refus d’une commission d’enquête et de la qualification en accident de travail, interdiction pour les membres du CHSCT des personnels de l’Education nationale du Pas-de-Calais de se rendre dans l’établissement professionnel et suppression du poste de l’enseignante en catimini pour la rentrée 2013 ont été décrété par l’académie, pourtant « affectée » au moment du drame.

Jean-Jacques Pollet, le recteur de l’académie avait pourtant promis, en octobre dernier, une enquête sur les circonstances de la tragédie. Comme le disait Charles Pasqua, les promesses n’engagent que ceux qui y croient.

A l’académie de Lille, aucun commentaire n’est, encore et toujours, disponible sur ces informations recueillies par Agoravox.fr

REFUS CATEGORIQUE

« Après la réunion du CHSCT du 14 décembre qui a débouché sur un refus catégorique du DASEN (ndlr : Directeur de l’académie des services de l’éducation nationale, autrefois « inspecteur d’académie ») Guy Charlot de réunir une commission d’enquête bien qu’elle ait été demandée à l’unanimité des membres, une nouvelle réunion est prévue le vendredi 15 mars prochain », m’indique Sylvie Vinçard, secrétaire nationale du syndicat Action et Démocratie.

Par ailleurs, devant ce refus, les membres du Comité d’hygiène, sécurité et des conditions de travail ont demandé à se rendre au Lycée Malraux. « Cela leur a été refusé au prétexte qu’ils ne sont pas… formés », précise la syndicaliste.

« Le cas de Marielle avait été en dernière position des ordres du jour lors du dernier CHSCT et avait été traité en vitesse en fin de réunion », se souvient la responsable syndicale.

Elle révèle également que le poste de la professeure du Lycée professionnel, qui s’est donnée la mort en octobre dernier, a été supprimé pour la rentrée 2013. Dans des conditions peu habituelles.

Le conseil d’administration de l’établissement a été convoqué un samedi, ce qui est peu propice à la présence de tous ses membres. Outre le proviseur, Michel Boins, seuls 15 des 30 membres du conseil étaient présents. Résultats des courses : exit le poste de Marielle Croquefer à 9 voix contre 7 (dont 6 enseignants).

NI COMPASSION NI CONDOLEANCES

C’est précisément ce que craignait l’enseignante dans la liste de ses désespoirs. Elle déplorait particulièrement un manque de soutien de sa hiérarchie. Notons que le chef d’établissement après le décès « a réclamé à sa famille ses copies et dossiers dans un courrier sans même un mot de compassion ni de condoléances », rapporte Sylvie Vinçard.

Marielle a laissé derrière elle un mail prémonitoire dans lequel elle dit « je ne veux pas qu’on supprime mon poste (…) je ne veux pas redevenir TZR (Titulaire zone de remplacement) ».

L’enseignante de 48 ans, maman d’un garçon de 14 ans, conclut dans son mail : « Je vais très mal ». En grande souffrance comme 30% du million d’enseignants français, estime la responsable syndicale.

Contrairement aux chats, Marielle n’a pas eu plusieurs vies. Mais l’Education nationale, par son déni, est en train de lui offrir plusieurs morts.

 

7 Messages de forum

  • 21 février 2013 15:17, par Luc-Laurent Salvador

    Merci pour cette information, même si c’est un triste spectacle.
    Nous connaissions bien ce genre de tableau ici sur Agoravox du temps de Paul Villach.
    J’ai peur qu’il faille nous y habituer toujours plus.

  • 21 février 2013 15:33, par LE CHAT

    ça fait partie us et coutumes de l’éducation nationale , le principal du collège où bossait mon paternel lui avait fait un flan le jour où il a porté plainte alors qu’on lui avait crevé les 4 pneus ……

    • 22 février 2013 00:31, par Venceslas

      Faites confiance aux chef d’établissement pour évaluer les professeurs. S’ils peuvent les recruter personnellement, tout ira mieux (dixit Allègre, le copain de Sarkozy)…

    • 22 février 2013 12:18, par LE CHAT

      @demosthène

      c’est sûr , lire le Figaro et Minute en salle des profs grouillant de gauchos , il avait du cran !

  • 21 février 2013 18:02, par Razzara

    Triste et affligeant, certes, … mais c’est là la méthode habituelle en pareil cas ! Car ce que vous citez comme exemple dans votre article n’est malheureusement pas un cas isolé …

    J’ai moi même vécu le suicide d’un collègue il y a un peu plus d’une année de cela. Le rectorat, dans sa grande et constante préoccupation à ne point mettre ses personnels dans des situations invivables (sic), avait fait ce qu’il faut pour bien lui pourrir la vie en le mettant dans une position ingérable. Situation tellement négative qu’elle s’est terminé par un suicide … Un de plus.

    Mais, l’essentiel, le plus important, c’est de surtout tout faire pour qu’il soit clairement établi que ce suicide n’a aucun lien avec la situation professionnelle de ce Monsieur. Tel a été et demeure l’attitude du rectorat : ce Monsieur avait de sérieux problèmes personnels qui ne sauraient êtres imputés à l’exercice de sa mission au sein de l’éducation nationale. C’est beau, et tellement humain, n’est ce pas ? Sa malheureuse épouse, aucunement motivée en l’état à croiser le fer avec l’administration, n’a qu’à se démerder avec ses états d’âme et ses enfants !

    Razzara

  • 22 février 2013 08:49, par eric

    Il y a pourtant sans doute une solution. La privatisation. Ainsi, les suicides ont baisse à France Telecom par rapport à la Poste qui elle était restee publique. On entend peu parler de suicide chez les enseignants de l’école catho. alors qu’ils ont en tendance moins de droit et sont moins payés.
    Certes, nous sommes tous attaches a notre école publique, mais si la survie des enseignants est a ce prix, nous n’avons pas le droit d’hésiter.

  • 22 février 2013 10:57, par chmoll

    et dire que cette taule fait de l’instruction civique il parait

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Ci-dessus article de Denis THOMAS publié sur le site Agora Vox le 21 février 2013, repris sur le site du syndicat Action et Démocratie et sur de nombreux autres sites et blogs.

http://mobile.agoravox.fr/actualites/societe/article/l-education-nationale-veut-131143

http://www.adnice.fr/spip.php?article270

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« Suicide de Béthune :

du déni ?

du mépris ?

des managements autoritaristes dans l’Education Nationale ?

mettre un terme à l’impunité ? »

 

Toutes ces questions sont soulevées dans l’édito ci-dessous. Avec des solutions concrètes, comme la création d’un observatoire de lutte contre le harcèlement moral (un vrai, indépendant de l’institution, et qui n’étouffe pas tout ! ça nous changera un peu…), ou encore un module de formation obligatoire pour les chefs de service et les chefs d’établissement sur la prévention des risques psycho-sociaux

Marie, Jeanne, et Philippe.

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Ci-dessous édito de Patrick CORRE du 26 octobre 2012 publié sur le site de la CGTR Educ’Action.

http://www.cgtr-educaction.com/Suicide-de-Bethune-assez-de-deni-de-delit-de-mepris–Dans-notre-academie-Tolerance-zero-pour-les-conditions-de_a3135.html

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Editos

Suicide de Béthune : assez de déni, de délit, de mépris ! Dans notre académie, Tolérance zéro pour les conditions de travail !

 
 

Suicide de Béthune : assez de déni, de délit, de mépris ! Dans notre académie ,Tolérance zéro pour les conditions de travail !

Suicide de Béthune : assez de déni, de délit, de mépris ! Tolérance zéro pour les conditions de travail ! C’est avec une profonde douleur que nous avons appris le suicide d’une collègue enseignante PLP au Lycée André Malraux de Béthune. La CGTR Éduc’Action présente ses condoléances les plus sincères à la famille. Un responsable parle « d’une femme réservée, fragile, qui ne se plaignait pas ». « ….. Nous, nous parlons de la politique déplorable de gestion des personnels de l’Education Nationale. La collègue qui a mis fin à ses jours a d’ailleurs imputé dans un courrier son geste dramatique à des conditions de travail difficiles  » elle expliquait que ça n’allait pas cette année parce qu’elle avait des classes surchargées à trente-six [élèves], qu’elle avait un emploi du temps assez lourd et qu’elle se sentait oppressée par la hiérarchie de l’établissement » Nous parlons de la façon dont les personnels doivent exercer leur travail au quotidien : intensification, explosion du travail gratuit, valse des réformes, inadéquation des moyens pour remplir les missions, dialogue social aux oubliettes, sous effectif chronique, précarité généralisée, classes surchargées (en particulier depuis la réforme du Bac Pro 3 ans), mépris, non reconnaissance du travail, hiérarchie de plus en plus absente des réalités de terrain, engluée dans la prescription du chiffre, de la rentabilité… Quand parlera-t-on enfin de la souffrance au travail ? Quand reconnaîtra-t-on que l’on meurt aussi « à cause » du travail dans l’Éducation nationale ? Combien de situations extrêmes, de drames et de suicides faudra-t-il pour qu’on prenne enfin en compte cet état de fait et nos cris d’alarme ? Tous démontrent une fois de plus que le travail est gravement malade, que les salariés en meurent sans que rien ne change. Si la tolérance zéro est de mise pour les conduites routières à risques, force est de constater que l’impunité est totale pour nos employeurs qui, de fait, possèdent « le permis de tuer » .Cette situation est rendue possible parce que :

– Le silence et l’invisibilité sont organisés sur les conditions de travail

– le déni est maximal quant au lien avec l’exercice du travail et la responsabilité incombe aux personnels qui souffriraient de fragilité

– parce que les situations de violence au travail sont lot quotidien, liées à des choix et décisions relatifs à l’organisation du travail, ancrées sur la réduction des effectifs, l’évaluation, la flexibilité….

– parce que chacun/e est dépossédé/e du pouvoir de parler, de s’organiser, de s’adapter, de penser et que toutes les atteintes à la santé qui en découlent sont prises en charge par la collectivité publique et collective et non par les responsables.

Il est temps que le Ministère et les rectorats dont le nôtre prennent les mesures pour mettre fin à cette spirale suicidaire. En effet, dans l’Éducation Nationale aujourd’hui, comme hier à France Télécom, à la Poste, chez Renault (pour ne citer que ces exemples emblématiques), les politiques menées en termes de « gestion du personnel » conduisent, par leur autoritarisme et leur brutalité, à ce que le « suicide » devienne hélas, pour certains de nos collègues, une « solution » plus acceptable que le sort qui leur est réservé sur leur lieu de travail !

Ce suicide n’est malheureusement pas le premier. Dans notre Académie, plusieurs tentatives de suicide ont eu lieu et ce, dans l’indifférence indécente de l’autorité académique. Cette dérive dans l’attitude de ceux dont la fonction devrait être de protéger les salariés qu’ils gèrent, est scandaleuse.

Il ne faut pas prétendre aujourd’hui que ces morts violentes et volontaires sont liées à des problèmes personnels ou à une fragilité intrinsèque comme l’avait un moment avancé notre recteur niant ainsi la réalité de la souffrance au travail

Nous devons pouvoir aller au travail le « cœur tranquille », et pas la « boule au ventre », comme c’est le cas pour de plus en plus de salariés.

Pour la CGTR EDUC’ACTION , il y a urgence à pratiquer la tolérance zéro quant aux organisations du travail pathogènes et managements autoritaristes. Il y a urgence à mettre un terme à l’impunité, les lieux de travail n’étant pas des zones de non droit.

Cela passe par reconstruire la parole sur le travail, redéfinir des critères collectifs pour pouvoir exercer correctement son travail, faire respecter les obligations de tout employeur quant à la protection de la santé physique et mentale de tout travailleur, avec obligation de moyens et de résultat.

Sous notre impulsion et après maintes manifestations et interventions, les choses commencent à bouger dans notre académie mais il faut faire vite et bien et surtout ne pas perdre aucun temps

Aussi, la Cgtr EDUC’ACTION réitère t’elle ses propositions

-Dresser un état des lieux par la conduite d’un audit sur la souffrance au travail et les risques psycho sociaux

– Création d’un observatoire et d’une cellule académique opérationnelle de lutte contre le harcèlement moral la souffrance au travail et les discriminations ( espace de médiation …) avec des correspondants de bassin et un réseau de « sentinelles »

– Module de formation obligatoire des chefs de service et d’établissements sur la prévention des risques psycho-sociaux

-Renforcement de la médecine de prévention

– Saisine du CHSCT

Il est urgent pour le rectorat de la réunion de bâtir une véritable politique de prévention des risques psycho sociaux et le plus tôt sera le mieux

La Cgtr éduc ‘action tient par ailleurs à s’associer à la marche blanche prévue le 12 novembre à Béthune en appelant les personnels de notre académie , le même jour , à observer une minute de silence collective au moment de leur prise de service

Vendredi 26 Octobre 2012
Patrick CORRE

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Ci-dessous édito de Patrick CORRE du 26 octobre 2012 publié sur le site de la CGTR Educ’Action.

http://www.cgtr-educaction.com/Suicide-de-Bethune-assez-de-deni-de-delit-de-mepris–Dans-notre-academie-Tolerance-zero-pour-les-conditions-de_a3135.html

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« Le syndicat

affirme que

son geste

est fortement

lié à son travail. »

 
 

 

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Ci-dessous article de France 3 Nord Pas de Calais du 23 octobre 2012.

http://france3-regions.francetvinfo.fr/nord-pas-de-calais/info/lycee-malraux-de-bethune–une-prof-se-suicide-75729921.html

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Lycée Malraux de Béthune : une prof se suicide

L’émotion est forte au lycée professionnelle Malraux après le décès d’une enseignante.

  • Publié le 23/10/2012 | 09:20, mis à jour le 29/11/2012 | 11:52

 

© F3

© F3

Marielle Croquefer, 48 ans professeure d’éco gestion au lycée Malraux de Béthune, est décédé ce dimanche, quelques jours après une tentative de suicide. C’est le syndicat Action et Démocratie (enseignement professionnel) qui a révélé cette information.

Les motivations de cette enseignante ne sont évidemment pas connues mais le syndicat affirme que son geste est fortement lié à son travail. La soeur de cette enseignante de 48 ans en secrétariat et bureautique au lycée professionnel André Malraux a retrouvé sur l’ordinateur de cette dernière un brouillon de courrier électronique dans lequel elle évoque sa souffrance professionnelle.

Selon le site « Le café pédagogique », cette enseignante craignait de perdre son poste à la rentrée 2013. Elle aurait également dénoncé « les classes surchargées, « des rapports hiérarchiques dégradés » avec des professeurs qui n’osent plus faire de signalements d’élèves « de peur de passer pour des enseignants sans autorité », selon Sylvie Vinsard, secrétaire académique et nationale du syndicat enseignant Action et Démocratie.

« La phobie des embouteillages »

Elle craignait également que son poste soit supprimé à la prochaine rentrée scolaire, ce qui l’aurait contrainte à redevenir titulaire sur zone de remplacement (TZR), c’est-à-dire destinée « à parcourir les deux départements du Nord/Pas-de-Calais, (..) ce qu’elle ne voulait pas », selon la syndicaliste.

« Elle avait déjà vécu cette situation pendant près de dix ans, précédemment, se retrouvant à faire de longs déplacements. Elle avait la phobie des embouteillages », a-t-elle souligné.
« Si la classe n’est pas remplie à 38 à la rentrée, le rectorat n’ouvre pas la section complète. (..) Cette année, le poste de cette enseignante n’a pas été supprimé parce que les mesures de carte scolaire étaient déjà faites depuis mars. Mais à la rentrée prochaine, si cette politique de non remplacement d’un fonctionnaire sur deux était poursuivie, elle allait de nouveau se retrouver en mesure de carte scolaire et perdre son poste », a précisé la responsable syndicale.

Interrogée par le Café pédagogique, la directrice de cabinet du recteur, Dominique Leveque, décrit la professeure comme « une femme réservée, fragile, qui ne se plaignait pas ».

Mariée et mère d’un garçon de 14 ans, l’enseignante a passé une semaine dans le coma après sa tentative de suicide, le 15 octobre, et est décédée dimanche à l’hôpital.

Cellule psychologique

Une cellule psychologique a été mise en place pour soutenir élèves et enseignants qui ont appris la nouvelle hier lundi.

Marielle Croquefer aurait demandé à son conjoint d’interdire aux représentants de  l’Education nationale de venir à ses obsèques.

Action et Démocratie a l’intention de déposer un préavis de grève pour le 12 novembre, à sa mémoire.

 

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Ci-dessus article de France 3 Nord Pas de Calais du 23 octobre 2012.

http://france3-regions.francetvinfo.fr/nord-pas-de-calais/info/lycee-malraux-de-bethune–une-prof-se-suicide-75729921.html

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