Archives de la catégorie ‘DDD Les bons apôtres n’ont rien vu, rien entendu, et leur silence entretient l’Omerta.’

 

 

Vous êtes nombreux à nous demander pourquoi nous avons fermé définitivement notre site. La réponse est simple. SNES-FSU + SNPDEN-UNSA

SNES-FSU et SNPDEN-UNSA

Ces deux syndicats sont les seuls responsables de l’arrêt du blog « Omerta au Rectorat ».
Ces deux syndicats ont tué ce blog.
Ces deux syndicats travaillent contre notre volonté de libérer la parole dans l’Education Nationale.

On dit qu’il faut chercher à qui profite le crime.
A qui profite l’Omerta dans l’Education Nationale ?
Cette Omerta profite au SNES-FSU et au SNPDEN-UNSA.

Le SPDEN-UNSA a agi sans fard, par exemple à travers sa Lettre de Direction n° 502.
Le SNES-FSU, quant à lui, a ourdi, œuvré et manoeuvré dans l’ombre. Contre nous, contre vous, contre ce blog, contre la libération de la parole dans l’Education Nationale.
De hauts dirigeants du SNES-FSU ont agi avec une déloyauté, un cynisme, une perfidie, et une bassesse sans limites.

Nous abattre : ils en ont rêvé.
Nous lyncher, physiquement, après nous avoir violées, certains irresponsables ont publiquement exprimé ce souhait.
Nous avons pris toutes les précautions nécessaires afin de ne pas être identifiées, au-delà de nos prénoms. Jamais notre identité ne sera connue, de qui que ce soit d’autre que nous, tant que nous souhaiterons préserver notre sécurité.

On s’en est pris, par dépit, à plusieurs de nos lectrices et lecteurs, avec un acharnement et une violence répressive qui prouvent que les enjeux dépassent la petite audience d’un simple blog d’information.
Des moyens policiers et judiciaires effarants ont été mis en œuvre pour « faire parler » ces lecteurs, puis pour les « faire payer » leur sympathie à l’égard de notre cause.
Nos lecteurs ne savent rien de notre identité. Et ils n’ont rien à « payer » à qui que ce soit : consulter notre site, parler de ce dont il est défendu de parler, c’est gratuit.
Des magistrats se sont laissés berner et ont condamné lourdement plusieurs lecteurs de notre blog, dès lors que ces simples lecteurs menaient eux aussi un travail de lanceur d’alerte, travail n’enfreignant aucune loi, mais travail très gênant pour l’institution scolaire.
Convocations, perquisitions sauce Tarnac, mises en examen creuses, instructions menées uniquement à charge, procès en catimini, condamnations sans fondement matériel ou juridique, comme aux grandes heures d’Outreau.
Là où passe et s’impose un ultra-puissant corps intermédiaire hégémonique moteur traditionnel de l’Omerta, la terreur fait la loi. Là où passe ce corps intermédiaire archaïque, la justice trépasse, les instructions de non-lieux sont foulées au pied, l’équité meurt, l’innocence est violée, d’honnêtes citoyens sont condamnés et muselés.

Nous encourageons nos lectrices et nos lecteurs à s’informer sur ces poursuites menées contre plusieurs d’entre-elles, plusieurs d’entre eux, et à se montrer solidaires envers ces victimes. Les victimes d’une répression contraire aux principes de justice.
Nous encourageons ceux de nos lecteurs ciblés par cette criminalisation de leurs luttes, à se défendre pied-à-pied, et à médiatiser tout nouveau procès. La médiatisation de cette répression reste le seul moyen d’essayer de garantir un minimum d’équité et de justice.
Nous encourageons les médias à travailler sur ces sujets laissés dans l’invisibilité la plus noire.
Nous encourageons les élus, quels qu’ils soient, à porter ce débat, de sorte que le pouvoir judiciaire soit contraint de revenir dans les rails.

Il est inutile et il serait contreproductif de mener de nouvelles perquisitions tarnaciennes au domicile de nos lecteurs. Il n’y a chez eux ni bombe ni quoi que ce soit qui puisse justifier ces démarches disproportionnées, ni rien qui puisse permettre de remonter jusqu’à nous.
Qu’on n’hésite pas, plutôt, à enquêter sur les viols et les délits de harcèlements dont sont coupables quelques petits copains et grands coquins qui dirigent certains lycées et certains collèges.
Ces violeurs et ces harceleurs ne sont jamais inquiétés par les magistrats. C’est une chose.
C’en est une autre de condamner des lanceurs d’alerte innocents.

Notre combat compte ses martyrs.
Il porte aussi ses fruits.
Haut les cœurs ! Courage !

Le mouvement #PasdeVague est né, comme nous l’avions prédit dès 2013, cinq ans avant son éclosion.
Le SNES-FSU et l’UNSA-SNPDEN ont perdu cette bataille. #PasdeVague est né de leur inertie, voire de leur cautionnement de l’Omerta régnant dans l’Education Nationale.

D’autres sites prennent notre relais, parmi lesquels deux nous semblent mériter d’être soutenus sans réserve.

« Transparency Education Nationale », animé par un homme déterminé, qui a l’avantage de ne pas dépendre financièrement de l’Education Nationale.   http://www.transparencyen.fr/
Et « Mais faites taire ce petit prof’ bon sang ! » qui vit grâce à la persévérance d’un lanceur d’alerte, endurci par 15 années de brutalités, de violences et de harcèlement commis par sa hiérarchie locale avec l’aval, jusqu’à maintenant, de son administration.    https://faitestairecepetitprofbonsang.wordpress.com/

Suivez ces initiatives, accompagnez-les, faites-les connaitre autour de vous, soutenez leurs rédacteurs, alimentez le #PasdeVague.

 

Avant d’achever… Nous souhaitons confirmer officiellement ce que beaucoup de nos lecteurs savent déjà, l’information ayant circulé par le bouche-à-oreille et, nous a-t-on dit, sur les réseaux sociaux auxquels nous sommes définitivement réfractaires.
Notre ami Philippe nous a quittés brutalement. Quelques mois après le début des opérations de répression qui ont ciblé une poignée de nos lecteurs.
Nous renouvelons ici l’expression de notre soutien et de notre sympathie à l’égard de sa famille, de ses proches, de ses collègues.
Philippe aurait été heureux de découvrir l’élan suscité par le hashtag #PasdeVague.
Nous pensons souvent à toi, Philippe.
Le combat continue.

Marie et Jeanne.

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Les propos de Florence ROBINE sont consultables ici : http://www.fichier-pdf.fr/2015/10/28/le-snalc-de-la-reunion-rencontre-mme-robine-en-presence-du-recteur-terret/

Pour d’autres grands éclats de rire, voir également ici quelques grandes prestations de l’humoriste involontaire :

https://omertaaurectorat.wordpress.com/2015/10/09/fr-1-florence-robine-a-tellement-de-respect-pour-les-enseignants/

https://omertaaurectorat.wordpress.com/2015/10/09/fr-2-florence-robine-vue-par-ses-esclaves/

 

M., J., et P.

 

 

 

 

Le harcèlement,

si on n’en parle pas,

ça ne s’arrête pas.

 

 

 

 

C’est-pas-nous-qu’on-l’a-dit. C’est la Ministre de l’Education Nationale, Madame Najat VALAUD BELKACEM.

Le harcèlement, si on n’en parle pas, ça ne s’arrête pas. Découvrez & partagez le clip ! https://amp.twimg.com/v/be5f3b68-1345-4046-bf8c-2d8ff1c00b3c 

 

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Bien sûr, le Ministère de l’Education Nationale n’a en tête qu’un seul but : le bien-être des petinenfans. C’est danlintérédézenfans qu’il agit, et contre les privilèges de ces saletés de profs jamais contents, toujours en grève et en vacances. Oui oui oui. Tutafé.

Mais comment croire que des hauts fonctionnaires qui organisent, encouragent et couvrent le Harcèlement Moral Hiérarchique contre les enseignants puissent accorder la moindre importance au harcèlement vécu par leurs élèves ? Soyons sérieux deux minutes, voulez-vous bien.

La campagne de lutte contre le harcèlement à l’école n’a pas les moyens de ses ambitions, comme le souligne Nora FRAISSE. Ce n’est qu’une manoeuvre de communication, une de plus. Et ce n’est pas un hasard si le Ministère a tenu à y associer Melissa THEURIAU plutôt qu’une personnalité plus discrète et moins superficielle comme le réalisateur Bertrand TAVERNIER, par exemple.

Merci à Mélissa Theuriau & ses équipes pour leur engagement contre le harcèlement ! pic.twitter.com/rkaEgi7oxr

 

* * *

La comm’ du Ministère de l’Education Nationale finira-t-elle par

se retourner contre lui

et contre ses propres pratiques de Harcèlement Moral Hiérarchique ?

Le harcèlement, si on n’en parle pas, ça ne s’arrête pas. Découvrez & partagez le clip ! https://amp.twimg.com/v/be5f3b68-1345-4046-bf8c-2d8ff1c00b3c 

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Le harcèlement, si on n’en parle pas, ça ne s’arrête pas.

Qu’attendent les profs pour prendre la Ministre au mot ?

Diffuser et relayer les faits et les situations évoqués sur notre site et ailleurs.

Mettre au pied du mur les pseudo syndicalistes kollabos.

Nommer les chefaillons harceleurs et ceux qui couvrent leurs délits.

Prendre le contre-pied du brave mouton Mara GOYET qui-n’a-rien-vu-rien-entendu-rien-dit-et-que-ben-non-on-n’est-pas-en-Corée-du-Nord-tout-va-bien-arrêtez-votre-catastrophisme-le-H.M.H.-c’est-une-légende-urbaine-et-puis-moi-je-veux-vite-être-promue-hors-classe-alors-vous-comprenez…

C’est bien ce que notre Ministre nous demande de faire ?  

 

Marie, Jeanne, et Philippe.

 

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Ci-dessous, touitte de Madame Najat VALAUD BELKACEM, Ministre de l’Education Nationale, novembre 2015.

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Le harcèlement, si on n’en parle pas, ça ne s’arrête pas. Découvrez & partagez le clip ! https://amp.twimg.com/v/be5f3b68-1345-4046-bf8c-2d8ff1c00b3c 

 

 

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Ci-dessus, touitte de Madame Najat VALAUD BELKACEM, Ministre de l’Education Nationale, novembre 2015.

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Nous, à Omerta au Rectorat, on ne pensait pas un jour citer un article du magazine people Closer. Mais ça nous met en joie, ça nous amuse, même, de voir que même la presse people se fait l’écho du fonctionnement très particulier du Ministère de l’Education Nationale. Répétons-le, encore et encore :

La lutte contre le harcèlement à l’école permet au Ministère de l’Education Nationale de

masquer le Harcèlement Moral Hiérarchique vécu par les adultes

au sein de l’institution scolaire.

C’est un écran de fumée très efficace.

Mais elle permet aussi au Ministère de

banaliser et de renforcer le dénigrement continu

et la remise en cause systématique

des enseignants.

Voir ici :

https://omertaaurectorat.wordpress.com/2015/11/02/quand-un-harcelement-en-cache-un-autre-5-le-ministere-defend-sa-campagne-de-denigrement-des-profs/

https://omertaaurectorat.wordpress.com/2015/11/01/quand-un-harcelement-en-cache-un-autre-4-la-video-du-ministere-qui-fait-passer-les-profs-pour-des-incapables/

https://omertaaurectorat.wordpress.com/2015/10/31/quand-un-harcelement-en-cache-un-autre-3-la-video-du-ministere-qui-casse-du-prof/

https://omertaaurectorat.wordpress.com/2015/10/29/quand-un-harcelement-en-cache-un-autre-2-une-video-qui-fait-polemique/

https://omertaaurectorat.wordpress.com/2015/03/18/quand-un-harceelement-en-cache-un-autre/

* * *

Sans aller aussi loin que nous dans le constat pourtant purement factuel de cette question, le journal people Closer s’est fait l’écho de ce que quelques voix s’élèvent pour protester contre le fait que

le Ministère de l’Education Nationale

puisse faire la promotion d’un clip

qui caricature et dénigre ses propres agents

en les montrant du doigt comme

des incompétents assez crétins

sur les bords et au milieu.

* * *

 

Ce qui pourrait aussi nous réjouir, si tout cela n’était pas aussi sordide, c’est que le jour où la presse – et pourquoi pas aussi la presse people ? – s’emparera du sujet du H.M.M. dans l’E.N., à travers l’un ou l’autre cas particulier, parmi tout le beau monde, les pseudo-syndicalistes et les hauts fonctionnaires qui protègent les harceleurs, il y en aura un ou deux qui se retrouvera peut-être dans une position un peu délicate. Il ne sera pas mis à l’honneur comme l’a été en son temps le juge Fabrice BURGAUD, mais il risque de devoir assumer le fait d’avoir laissé faire, le fait d’avoir couvert des crapules, et le fait d’avoir potentiellement un peu de sang sur les mains. Tout ce beau linge, en attendant, fait la sourde oreille. Mais des preuves accablantes s’accumulent, et demain on pourra dire « Oui, ils étaient au courant ! »…

 

Marie, Jeanne, et Philippe.

 

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Ci-dessous,article d’Elodie MANDEL, Closer, 2 novembre 2015 :

http://www.closermag.fr/people/politique/melissa-theuriau-et-najat-vallaud-belkacem-se-mettent-les-profs-a-dos-571690

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Melissa Theuriau et Najat Vallaud-Belkacem se mettent les profs à dos

Vidéo publiée le 02/11/2015 à 17h16
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Quel est le point commun entre l’épouse de Jamel Debouze Mélissa Theuriau et la ministre de l’éducation Najat Vallaud-Belkacem ? Les deux femmes ont choisi de lutter à leur manière contre le harcèlement à l’école… Mais leur film n’a pas convaincu les profs.

Victime de harcèlement scolaire lorsqu’elle était enfant, Mélissa Theuriau, journaliste et réalisatrice a choisi des années plus tard de prendre part au combat de Najat Vallaud-Belkacem qui a fait de la lutte contre le harcèlement l‘une de ses priorités. Un combat noble qui touche au plus près qui celle qui est la maman de deux enfants, Léon et Lila, avec le comédien et humoriste Jamel Debbouze.

Harcelée à l’école

A Psychologie Magazine, la jeune femme racontait en ces termes le mépris de ses petits camarades et l’appendicite qu’elle a finit par simuler pour tenter de faire cesser cet enfer. « Quand j’étais au collège, j’ai été mise en quarantaine par mes amies du jour au lendemain. Ca a été d’une grande violence », se souvient la compagne de Jamel Debbouze qui explique n’en avoir parlé à personne à l’époque. « Parce que j’avais honte, je ne voulais pas inquiéter mes parents ou qu’ils se sentent obligés de me défendre ». Lors de la présentation du clip, la jeune maman a tenu une nouvelle fois à partager une expérience qui toucherait 700000 enfants par an. Dans ce clip, on y voit un écolier roux être la cible des boulettes et insultes de ses camarades dès que la maîtresse a le dos tourné. Dans le couloir, une camarade lui dit que ça doit s’arrêter, qu’il faut en parler. Il faut « faire sortir les victimes du silence, car tant qu’on n’en parle pas, le harcèlement ça dure », mais il faut aussi interpeller les témoins, a insisté la ministre tandis que la productrice Mélissa Theuriau a insisté sur « La situation de honte dans laquelle on peut être plongé empêche un enfant de parler, y compris au sein d’une famille ouverte et aimante ».

Le harcèlement, si on n’en parle pas, ça ne s’arrête pas. Découvrez & partagez le clip ! https://amp.twimg.com/v/be5f3b68-1345-4046-bf8c-2d8ff1c00b3c 

Merci à Mélissa Theuriau & ses équipes pour leur engagement contre le harcèlement ! pic.twitter.com/rkaEgi7oxr

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Le hic, c’est que dans un clip tourné par la journaliste Mélissa Theuriau pour lutter contre le harcèlement à l’école, on voit – selon les enseignants qui se sont sentis stigmatisés par le film – une enseignante acariâtre et caricaturale qui tourne le dos à ses élèves…. une image caricaturale selon les enseignants qui se sont plaint de l’image donnée de leur profession.

Mélissa Theuriau, «carte blanche» pour réaliser ce clip, a expliqué la ministre Najat Vallaud-Belkacem lors de sa conférence de presse sur le harcèlement, la semaine dernière, rapporte le Figaro sur son site.

La colère des profs

« Elle présente un exercice débile devant des élèves indifférents à son exercice (et on les comprend). Elle ne les regarde presque jamais, elle a le regard vide d’une hystérique, et elle ne sait pas faire cours », écrit ainsi l’enseignante Françoise Cahen. Le clip, parrainé par Disney doit être diffusé au cinéma et à la télévision le 5 novembre, mais déjà certains dénoncent l’erreur de comm de la ministre alors que les professeurs restent marqués par la réforme du collègue. Et d’ajouter « Quand je vois ça, je sens tout le mépris qu’il contient envers ma profession, et ça m’afflige complètement. La leçon de ce clip, destinée à la population: si vos enfants se font harceler en milieu scolaire, c’est bien sûr à cause de leur maîtresse, cette débile mentale qui ignore ses élèves, et même qui contribue activement à leur harcèlement (…) Je suis blessée par cette campagne qui nous méprise et nous salit »

Même son de cloche du côté de la Sgen-CFDT qui dénonce « avec la plus grande fermeté la caricature de l’enseignant véhiculée par la vidéo (…) De surcroît, elle est présentée elle-même comme harcelante ou blessante auprès de l’enfant victime, un comble. (…) Plus grave, l’unique recours proposé en cas de harcèlement est de se tourner vers un camarade. Nulle trace dans cette vidéo d’adulte responsable comme recours possible alors même que ce rappel constitue le quotidien de toutes les équipes pédagogiques des écoles afin que les conflits de toute nature se règlent, si nécessaire, avec l’aide d’un adulte. Que le ministère ignore le quotidien de ses agents et véhicule l’image caricaturale d’une profession malmenée est particulièrement regrettable. Cela érode encore davantage ce qu’il reste de la confiance entre les personnels et l’employeur public, et de la confiance des familles dans leur école. »

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Ci-dessus,article d’Elodie MANDEL, Closer, 2 novembre 2015 :

http://www.closermag.fr/people/politique/melissa-theuriau-et-najat-vallaud-belkacem-se-mettent-les-profs-a-dos-571690

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Depuis bientôt 3 ans nous travaillons bénévolement et sans bénéficier de la moindre décharge horaire (laissons la corruption aux Kakiboulonnes et autres faux-culs du SNES ou de l’UNSA) à dénoncer les méthodes de Harcèlement Moral Hiérarchique qui ont cours dans l’Education Nationale.

Ces méthodes ne sont pas nouvelles, et depuis toujours les gros syndicats jaunâtres les couvrent et leurs dirigeants kollaborationnistes en tirent profit. Oui, oui, ma bonne dame, ce sont souvent de véritables traîtres, des foutriquets à double jeu qui s’affichent à la tête de certains syndicats majoritaires, ça paraît dingue mais c’est comme ça ! On appelle ça le syndrome de la Kaporale Bouledogue ou de la KB accablante, en référence à une lideure syndicale nordiste « corrompue » jusqu’à la moelle des os, qui s’apprête à livrer sa région clefs en mains à ceux qu’elle prétend combattre par ailleurs.

Depuis quelques temps, le mouvement de violence et de mise au pas dirigé contre le personnel de l’Education Nationale s’amplifie et s’organise, sur le modèle des méthodes ultralibérales des managementeurs des entreprises privées. Ces méthodes ont fait leurs preuves un peu partout dans le monde. Et en France, elles passent très bien si l’on ne tient pas compte de quelques dévoilements malvenus et de maladroites médiatisations provoquées par de mauvais Français, chez Orange, chez Renault, à La Poste, et dans de grands groupes de la distribution.

Sur le forum neoprof, ils sont nombreux à avoir voulu témoigner du H.M.H. que subissait un collègue, un cousin, ou un de leurs anciens professeurs. Las ! Les chiens de garde ont toujours veillé sur neoprof, dont le bigue bosse John-jaune-jaune a toujours tenu à entretenir l’Omerta, n’hésitant pas à censurer et à bannir quiconque oserait essayer de soulever le couvercle de la marmite en alertant le monde enseignant sur l’ampleur du phénomène et de ses dégâts (par « phénomène », nous parlons bien du H.M.H., pas de l’indéboulonnable faux-derche-en-chef du SNES nordiste).

Impossible de témoigner sur le forum neoprofs de la réalité du Harcèlement Moral Hiérarchique. C’est tabou, ça n’existe pas, et les chefs d’établissements sont tous de braves types. Surtout s’ils sont syndiqués à la FSU ou à l’UNSA. Circulez, y’a rien à voir ! Et puis, et puis… la réforme du collège est passée par là. Les professeurs se sont rendus compte qu’ils n’avaient pas la main. Que quelque chose était en train de leur échapper. Que toute résistance semblait dérisoire, inutile, suicidaire face à l’organisation du camp d’en face, celui de leur propre administration. Tout cela va un peu trop loin, semblent se dire tels et tels habitués de neoprofs. Et quelques langues ont commencé, timidement à se délier. Oh ! Les administrateurs, les modérateurs et les médiateurs du forum ont vite banni ces révolutionnaires au couteau entre les dents, afin qu’ils ne puissent s’exprimer. Et puis, et puis… malgré tout… ici et là… tout doucement… timidement… on commence sur neoprofs à aborder le début d’un soupçon de mise en oeuvre d’un semblant de ce qui pourrait vaguement ressembler à une prise de conscience.  Il est sans doute trop tard. Le temps que le taulier Cripure réalise comment l’intersyndicale l’a embobiné et trahi, et la peau de l’ours sera tannée, vendue et revendue… 😉

Jeanne, Marie, et Philippe.

 

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Ci-dessous, fil lancé par Lefteris, 1er novembre 2015, forum neoprofs :

http://www.neoprofs.org/t96406-la-conduite-du-changement-ou-le-management-d-entreprise-applique-a-l-ecole#3356828

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La « conduite du changement », ou le management d’entreprise appliqué à l’école

Message par Lefteris le Dim 1 Nov 2015 – 20:17

Pour ceux qui auraient hiberné quelques temps et pas encore saisi la mutation de l’école et les objectifs et techniques de la réforme, il est intéressant de comparer la technique de « conduite du changement » des entreprises, qui part d’une décision supérieure (forcément bonne, au point qu’il faut nécessairement que tous en soient convaincus) et « implique les acteurs » de base, qui vont devoir mettre en œuvre ce changement par un système de management transversal.

Voir par exemple ici :

http://business.lesechos.fr/directions-ressources-humaines/management/conduite-du-changement/la-conduite-du-changement-en-5-etapes-cles-8390.php

ou ici

http://www.journaldunet.com/management/dossiers/040538changement/conseils.shtml

Ensuite, on lit avec profit le document de l’ESEN, où même la phraséologie est identique.

http://www.esen.education.fr/fileadmin/user_upload/Modules/Ressources/Themes/management/note_1_conduite_changement.pdf

Dans l’optique de ce qui se met en place pour la préparation de la réforme, on y lit entre autres des choses fortes intéressantes, sur la manipulation par l’utilisation des « leaders » (page 13), après l’inévitable couplet sur la conviction des personnels « de base ».

On y comprend aussi que le tableau de repérage de la typologie des résistances, pointé du doigt ici, et présenté comme une simple « maladresse », n’en est pas une du tout, et que c’est même au fondement de la méthode. (p. 14).

Plus inquiétant, on relève aussi la volonté très claire de s’écarter totalement de l’esprit de la fonction publique pur parvenir à ses fins. On conseille en effet de s’entourer de gens intuitu personae, c’est-à-dire en réalité selon le fait du prince, selon. Or, dans les recours en excès de pouvoir, la mise en évidence d’une mesure intuitu personae est un moyen de droit, la FP reposant sur le statut des personnels recrutés et l’égalité de traitement entre fonctionnaires (p. 13).

Il y a encore beaucoup à dire, mais cet échantillon permet quand même d’avoir un aperçu.
Evidemment, toutes ces méthodes brutales sont enveloppées de précautions oratoires, de citations, d’un habillage « scientifique ». Mais derrière, appliquons tout ça à l’école et faisons un effort d’imagination …

_________________
Δεν ελπίζω τίποτα, δεν φοβάμαι τίποτα, είμαι λεύθερος (« je n’espère rien, je ne crains rien, je suis libre ») (Ν. Kazantzakis)

Mercatores paedagogique Reipublicae scholam necaverunt

(A la demande d’un membre, traduction :  « marchands et pédagogistes ont tué l’école de la République »)

Lefteris
Grand Maître

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Re: La « conduite du changement », ou le management d’entreprise appliqué à l’école

Message par Ashtrak le Dim 1 Nov 2015 – 20:45

 

Je ne vais pas m’amuser à expliquer les nombreux contresens que tu fais. Ce serait un peu long. J’en note simplement quelques uns :
– Contresens sur « résistance au changement »,
– contresens sur « l’utilisation des leaders »,
– contresens sur « intuitu personae »,
– contresens sur « personnel de base »,
ce qui est déjà pas mal dans un texte aussi court. La phrase que j’ai mise en gras est, selon moi, surprenante : connaissant le texte et lisant ce que tu écris, je me demande qui veut manipuler qui, in fine ?

De plus, il serait bon de noter que le document ci-dessous est un simple article relatif à la conduite du changement dans les organisations et non un article sur le changement dans l’éducation nationale (il vaut mieux prévenir les lecteurs qui pourraient s’attendre à être scandalisés, qu’ils vont être déçus  Very Happy ). Il fait un état des lieux des recherches sur le sujet, c’est tout.

@Lefteris a écrit:

Ensuite, on lit avec profit le  document de l’ESEN, où même la  phraséologie est identique.

http://www.esen.education.fr/fileadmin/user_upload/Modules/Ressources/Themes/management/note_1_conduite_changement.pdf

Dans l’optique de ce qui se met en place pour la préparation de la réforme, on y lit  entre autres des choses fortes intéressantes, sur la manipulation par l’utilisation des « leaders » (page 13), après l’inévitable couplet sur la conviction des personnels « de base ».

On y comprend aussi que le tableau  de repérage de la  typologie des résistances,  pointé du doigt ici, et présenté comme  une simple « maladresse », n’en est pas une du tout, et que c’est même au fondement de la méthode. (p. 14).

Plus inquiétant, on relève aussi la volonté très claire de s’écarter totalement   de l’esprit de la fonction publique pur parvenir à ses fins.  On conseille en effet de s’entourer  de gens intuitu personae, c’est-à-dire en réalité selon le  fait du prince, selon. Or, dans les recours en excès de pouvoir, la mise en évidence  d’une mesure intuitu personae  est un moyen de droit, la FP reposant sur le statut des personnels recrutés et l’égalité de traitement entre fonctionnaires (p. 13).

Il y a encore beaucoup à dire, mais cet échantillon permet quand même d’avoir un aperçu.
Evidemment, toutes ces méthodes  brutales sont enveloppées de précautions oratoires, de citations, d’un habillage « scientifique ». Mais derrière, appliquons tout ça à l’école et faisons un effort d’imagination …

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Re: La « conduite du changement », ou le management d’entreprise appliqué à l’école

Message par may68 le Dim 1 Nov 2015 – 20:53

Merci !

Dire qu’on veut effectivement nous faire croire que c’était une erreur ou une maladresse d’un inspecteur ! No

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Re: La « conduite du changement », ou le management d’entreprise appliqué à l’école

Message par Lefteris le Dim 1 Nov 2015 – 22:12

@Ashtrak a écrit:Je ne vais pas m’amuser à expliquer les nombreux contresens que tu fais

Ben ne t’amuse pas, tu perdrais ton temps, d’autant que je poste pour éveiller un peu les esprits, pas pour me lancer dans des fils logorrhéiques.
D’autant que le 3ème document que je cite, tu ne l’as visiblement pas lu. C’est bien un document de formation de l’ESEN, et à quoi servirait-il si ce n’était pour singer les  procédés managériaux ?
Et si l’on veut ergoter Il y a d’ailleurs des pages entières de la même farine  comme là  (âmes sensible s’abstenir, rien que le titre : »Vers le leadership au service du management public : favoriser l’émergence des compétences collectives  »   )

Quant à l’intuitu personae,  quant tu auras été autant confronté à la  procédure administrative que moi (qui fus aussi cadre de la FP, je suis un accident de parcours), tu sauras peut-être de quoi il retourne. Rolling Eyes

Bref, à chacun de juger des orientations prises et de sa volonté de subir ça ou non. Car tel est le propos, rien d’autre.

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(A la demande d’un membre, traduction :  « marchands et pédagogistes ont tué l’école de la République »)

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Re: La « conduite du changement », ou le management d’entreprise appliqué à l’école

Message par Pat B le Dim 1 Nov 2015 – 22:50

Je ne peux qu’être d’accord avec Lefteris. Il y a un réel changement à l’oeuvre dans les méthodes de management employées dans l’éducation nationale. Et ce changement est foncièrement contraire à nos valeurs, il me semble. Et potentiellement contreproductif.

Mais c’est vrai que j’ai un point de vue peut-être à part. J’ai eu autrefois une formation d’ingénieur généraliste, assez poussée en management et conduite de projet. j’y ai entendu des choses qui m’ont mise mal à l’aise (à 20 ans j’étais trop jeune pour être vraiment choquée, je manquais de recul, comme tous mes condisciples), d’autres qui m’ont paru bonnes. En tout cas, cette formation m’a vraiment marquée, et une fois dans l’enseignement je me suis surpris à analyser les méthodes de management employées, à trouver des similitudes, des différences, avec ce qu’on m’avait présenté. Habitude qui m’a repris tout récemment suite à un changement de direction que je vis très mal dans mon collège.

Mais bref. Je ne vais pas vous faire un cours sur la management, ça remonte à trop loin et je suis loin d’être experte dans le domaine. Simplement, deux choses :

– quand j’ai débuté, les méthodes de management employées dans les deux collèges où j’enseignais (ailleurs, j’en sais rien !) m’évoquaient le modèle qu’on nous avait présenté comme étant d’inspiration japonaise (utilisé par Toyota à Valencienne… enfin, je crois) : on réunit les employés (de toute profession, de l’ouvrier au cadre en passant par les techniciens de service), dans un immense bâtiment vide, et on leur dit « voici les objectifs à atteindre, à vous de vous organiser comme vous le voulez, vous avez carte blanche ». Et ils créent l’entreprise, de A à Z, ils en sont partie prenante. Points fort : cohésion d’équipe, confiance, autonomie et responsabilité réelle, fort attachement à l’entreprise, envie de s’investir…. Ce modèle, je l’ai adoré et j’ai été ravie de le retrouver plus ou moins en oeuvre dans l’éducation nationale.

– actuellement, je retrouve les autres styles qu’on nous avait présentés (et qu’on retrouve dans le doc cité), qui sont donnés comme plus conforme à la mentalité française selon mes formateurs. Tout est basé sur des rapports de force (patronat-syndicat), dominant/dominé, de la comm’ qui n’est autre que des techniques de manipulation : on doit faire passer des idées, convaincre les subordonnés d’appliquer telle ou telle méthode même si ce n’est pas dans leur intérêt propre, ce sont les supérieurs qui décident de ce qui est dans l’intérêt de l’entreprise et tous les moyens sont bons pour faire passer leur décision dans les habitudes : passage en force (on change tous les outils de travail sans crier gare, les gens sont forcés de s’adapter, c’est ça ou la démission), manipulations plus ou moins discrètes (il faut convaincre les subordonnés que c’est la meilleure chose à faire, éventuellement en leur demandant de participer, de donner leur avis, mais en faisant en sorte que celui-ci colle avec ce que la hiérarchie a décidé). Il y a aussi plein de choses à savoir sur comment repérer les leaders (potentiellement négatifs) et les « neutraliser » en leur donnant des responsabilités, sur qui s’appuyer et comment neutraliser les résistances, comment faire passer un changement petit à petit sans trop en dévoiler à la fois… Seuls les dirigeants savent où ils veulent en venir et pourquoi ; dans le meilleur des cas on présente l’objectif aux subordonnés avec une comm efficace pour qu’ils n’aient pas d’autre choix que d’adhérer à l’objectif… et, dans la foulée, aux moyens.
Ce mode de management est courant dans les entreprises privées, et prend de plus en plus d’importance dans les services publics (en, gros, depuis qu’on a décidé qu’ils devaient être aussi rentables qu’une entreprise privé, on s’est mis en tête d’appliquer les mêmes méthodes qui font tant de dégâts). Effet néfastes : la cohésion d’équipe n’est plus valorisée, c’est plutôt la mise en concurrence ; exit la confiance, exit l’autonomie et la responsabilisation (alors mêmes que les communicants prétendent le contraire !), exit la transparence, exit la recherche du bien commun, c’est le chacun pour soi et l’individualisme, il faut se mettre en valeur…

Depuis que mon collège a basculé dans ce mode de management, je le vis mal. Et je m’aperçois aujourd’hui que c’est une tendance générale dans le monde de l’éducation nationale. Et pour moi c’est dramatique.

Après, ils oublient une chose : la notion de service public, de dévouement, de vocation, qui font que leur modèle d’explication des « résistances au changement » n’est pas applicable. ils oublient aussi qu’ils ont affaire à des personnes de niveau bac + 5, capables de plus de discernement et d’esprit critique que l’employé lambda auxquels ils font allusion, capables de s’informer et de choisir leur camp en connaissance de cause.

Et j’espère vraiment qu’on arrivera à renverser cette tendance…


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Message par Lefteris le Dim 1 Nov 2015 – 23:22

@Pat B a écrit:

Et j’espère vraiment qu’on arrivera à renverser cette tendance

C’est l’objet de ce genre de fil : faire sonner le réveil.

Pour ce que tu dis avant, c’est exactement la méthode de la réforme : mentir, ne pas tout dire, faire croire que c’est de l’intérêt de tout le monde alors que d’autres objectifs bien moins reluisants ou avouables sont visés.

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Re: La « conduite du changement », ou le management d’entreprise appliqué à l’école

Message par kamasolou le Dim 1 Nov 2015 – 23:43

Pourtant, d’après quelques amis bossant dans le privé (mais pas forcément représentatifs de tous les secteurs privés), ils en reviennent de ces méthodes managériales qu’on voit arriver dans l’EN. Après des années d’application dans le privé, on a pu constater les dégâts désastreux sur l’estime de soi, l’investissement personnel et donc la productivité des « salariés de base » (dont on fait peu de cas), mais aussi des cadres (et là c’est tout de suite plus embêtant). Comme d’habitude, le public est en retard par rapport au privé, et surtout n’en retient pas les leçons.
Qu’espèrent-ils avec nous, salariés plus « éduqués » qu' »éducables » ? Qu’on va gentiment se laisser berner par cette com surfaite ?

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Re: La « conduite du changement », ou le management d’entreprise appliqué à l’école

Message par Ronin le Dim 1 Nov 2015 – 23:47

Ben ça marche avec pas mal de collègues quand même.
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Re: La « conduite du changement », ou le management d’entreprise appliqué à l’école

Message par kamasolou le Dim 1 Nov 2015 – 23:51

@Ronin a écrit:Ben ça marche avec pas mal de collègues quand même.

Pas longtemps, je pense… Et puis on va bien s’appliquer à tout dézinguer Twisted Evil
Le prof a horreur d’être pris pour un c**


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Re: La « conduite du changement », ou le management d’entreprise appliqué à l’école

Message par Pat B Hier à 9:17

@kamasolou a écrit:Pourtant, d’après quelques amis bossant dans le privé (mais pas forcément représentatifs de tous les secteurs privés), ils en reviennent de ces méthodes managériales qu’on voit arriver dans l’EN. Après des années d’application dans le privé, on a pu constater les dégâts désastreux sur l’estime de soi, l’investissement personnel et donc la productivité des « salariés de base » (dont on fait peu de cas), mais aussi des cadres (et là c’est tout de suite plus embêtant). Comme d’habitude, le public est en retard par rapport au privé, et surtout n’en retient pas les leçons.
Qu’espèrent-ils avec nous, salariés plus « éduqués » qu' »éducables » ? Qu’on va gentiment se laisser berner par cette com surfaite ?

A mon avis, le « public » n’ayant pas vraiment la culture de ce type de management, ils le découvrent tout juste, et s’emparent des outils qu’on leur présente sans prendre de recul, dans leur envie d’imiter le privé. Je pense qu’ils ont un vrai problème de formation, qu’on ne leur présente qu’une seule technique de management, celle qu’ils appliquent en ce moment (j’avais au moins eu la chance de pouvoir mettre plusieurs modèles en concurrence, de choisir celui auquel je croyais, peu importe qu’il soit présenté comme japonais… et de fuir vers le public puisqu’on me disait qu’il n’existait presque nulle part dans le privé, puisque les cadres et chefs d’entreprise du privé ne croyaient pas à ce modèle trop aux antipodes de leurs traditions). Les méthodes de management actuelles visent à renforcer l’autorité du chef, ses pouvoirs réels ou supposés, et à créer davantage de soumission en cassant la cohésion d’équipe. Or, dans l’enseignement, on sait tous à quel point la cohésion d’équipe est vitale.
Les défenseurs de ce mode de management mettent en avant le fait qu’il faut « un seul maître à bord du navire » pour avancer (c’est ce que m’a sorti le directeur de l’OGEC lorsque je lui ai expliqué ce que je pensais des méthodes de management du nouveau directeur qu’ils ont nommé), que le chef doit donner le cap et les subordonnés doivent suivre… Mais ils semblent ne pas avoir conscience des effets délétères en terme de motivation et de cohésion. Dans un service public, le dévouement des personnes est une notion important, et dans l’enseignement il faut impérativement une vraie cohésion d’équipe, sincère, face à la classe ; et pas une obéissance aveugle à l’autorité (qu’ils n’obtiendront jamais et ne sera qu’apparente pour ceux qui veulent fuir les ennuis… on perd toute sincérité, toute confiance, tout n’est plus que comédie, et faut faire gaffe à ce qu’on dit pour pas être dénoncé… je suis en train de vivre une telle transformation des mentalités dans mon établissement que ça fait peur).

Bref, il faut avoir conscience de ce qui se passe, et absolument arriver à faire jouer les solidarités d’équipe contre cette réforme. Or celle-ci est en train de diviser, de créer des clivages qui font énormément de dégâts. Comme dit Ronin, il y a trop de collègues qui se laissent embrigader sans remettre en question, sans prendre de recul… Alors, certes, on peut croire sincèrement au bien fondé de certains points de cette réforme (AP ou EPI), mais il faut se rendre compte qu’on empiète sur la liberté pédagogique, comme on l’a fait dans le primaire depuis longtemps, et que c’est inadmissible; et baisser le niveau global depuis toutes ces années est lamentable. Quand a-t-on décidé qu’il fallait mettre la priorité sur le bien-être des gosses (objectif illusoire mais ça plaît aux parents) et non sur les choses à enseigner ?
Il faut que les gens se rendent compte de ce qu’il y a dans cette réforme, qu’ils sachent d’où viennent ces idées d’évaluation par compétence et d’interdisciplinarité : du monde de l’entreprise. Ce qui prime c’est de mettre l’école au service des entreprises et non de la formation du citoyen. Or, si l’école doit affectivement former des ouvriers, techniciens, cadres, médecins, elle doit aussi et avant tout former des citoyens… Qui a décidé du contraire ?
Il faut surtout qu’on diffuse largement les idées québecoises qui expliquent pourquoi ça ne marche pas de fonctionner comme ça.

Edit : bon, en fait, quand je parle de manque de recul, d’insuffisante formation des cadres et cde… des fois on pourrait se demander si l’objectif réel ne serait pas de démolir la fonction publique… mais ce serait de la paranoïa… ou pas ?

Dernière édition par Pat B le Lun 2 Nov 2015 – 10:24, édité 1 fois


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Re: La « conduite du changement », ou le management d’entreprise appliqué à l’école

Message par Lefteris Hier à 9:52

@Pat B a écrit: Les méthodes de management actuelles visent à renforcer l’autorité du chef, ses pouvoirs réels ou supposés, et à créer davantage de soumission en cassant la cohésion d’équipe.

Exactement , et tout en faisant croire le contraire , en détournant des mots comme « responsabilisation » (pour faire semblant de déléguer des décisions déjà prises et de « cohésion », alors que le système managérial repise sur l’idée de « mérite », qui en choisissant un individu dans un groupe crée une concurrence féroce, même si parfois elle est feutrée. Et démotive beaucoup d’autres, qui n’aiment pas se vendre, se mettre en avant, et jettent l’éponge dans cette compétition interne (avancements, mutations, primes de résultats…).

on perd toute sincérité, toute confiance, tout n’est plus que comédie, et faut faire gaffe à ce qu’on dit pour pas être dénoncé… je suis en train de vivre une telle transformation des mentalités dans mon établissement que ça fait peur.

Sans compter les fayots qui ont compris les codes, qui savent ce qu’on attend d’eux, et qui anticipent en réunion. Hâbleurs, flagorneurs, tels les sénateurs romains anticipant les caprices de Néron ou Domitien.

Il faut que les gens se rendent compte de ce qu’il y a dans cette réforme, qu’ils sachent d’où viennent ces idées d’évaluation par compétence et d’interdisciplinarité : du monde de l’entreprise. Ce qui prime c’est de mettre l’école au service des entreprises et non de la formation du citoyen.

Voilà, c’est ça. Maintenant, normalement, tout le monde a compris. Le problème, qui rejoint celui évoqué plus haut, c’est que le système est construit pour octroyer des morceaux de gras à certains, qui vont donc être de zélés serviteurs, se déclarer pour et trouver des justifications, afin d’être bien servis. Je sais d’expérience , hélas, qu’on peut faire faire n’importe quoi à certaines personnes, sans états d’âme, en échange de quelques avantages, voire simplement l’apparence de la considération.

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Re: La « conduite du changement », ou le management d’entreprise appliqué à l’école

Message par Carnyx Hier à 10:02

Ce qui a toujours existé ce sont les « rapporteurs » mais aujourd’hui ils sont encouragés par le système ! Ces braves gens qui vont pleurer chez le chef parce que vous refusez les « devoirs  communs », les « projets » ou autres bidules… et que, décidemment, vous ne travaillez pas en équipe !
(D’ailleurs j’attends toujours qu’on m’explique les avantages des devoirs communs. heu)
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Et d’ailleurs aucune question ne peut plus être posée sur quoi que ce soit, du moment que l’on a établi la victimisation, la diabolisation ou l’ostracisme de ce que l’on entend protéger contre les attaques.

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Re: La « conduite du changement », ou le management d’entreprise appliqué à l’école

Message par Ashtrak Hier à 10:09

@Lefteris a écrit:

@Ashtrak a écrit:Je ne vais pas m’amuser à expliquer les nombreux contresens que tu fais

Ben ne t’amuse pas, tu perdrais ton temps, d’autant que je poste pour éveiller un peu les esprits, pas pour me lancer dans des fils logorrhéiques.
D’autant que le 3ème document que je cite, tu ne l’as visiblement pas lu. C’est bien un document de formation de l’ESEN, et à quoi servirait-il si ce n’était pour singer les  procédés managériaux ?

Si si je l’ai lu. Et c’est bien un article sur l’état de la recherche sur la conduite du changement. Ce n’est en rien un article sur la conduite du changement dans l’école. Après, ce qu’en fait le ministère, c’est autre chose. Mais à blâmer le management, tu te trompes de cible (encore une fois).

@Lefteris a écrit:
Quant à l’intuitu personae,  quant tu auras été autant confronté à la  procédure administrative que moi (qui fus aussi cadre de la FP, je suis un accident de parcours), tu sauras peut-être de quoi il retourne. Rolling Eyes

Tu confirmes le contresens. Tu as utilisé cette notion en tant que cadre de la FP. Or l’article ne parle pas de l’intuitu personae comme élément de procédure administrative. Mais bon, j’imagine que ton passé de cadre de la FP te fais fonctionner comme le ministère : tordre les concepts pour les faire rentrer dans ce que l’on veut.

@Lefteris a écrit:
Bref, à chacun de juger des orientations prises et de sa volonté de subir ça ou non. Car tel est le propos, rien d’autre.

Ca je suis entièrement d’accord. Mais ce n’est pas la conduite du changement en tant que problématique de management qu’il faut accuser de tous les maux. C’est assez exaspérant de voir des théories interprétées avec autant de mauvaise foi. De plus, cela ne sert sûrement pas le propos car il est facile de démonter l’argumentaire.

Et je rappelle, s’il le faut, que je suis contre la réforme et que je trouve les principes mis en exergue totalement inadaptés à la FP.

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Re: La « conduite du changement », ou le management d’entreprise appliqué à l’école

Message par kamasolou Hier à 10:31

Ce qu’on peut constater dans ces méthodes managériales, c’est pas seulement qu’elles commencent à faire de sérieux ravages dans les salles des profs (ça, globalement, tout le monde s’en fiche à part nous), mais aussi que les « cadres » en sont les premières victimes. Les personnels de direction ont vraiment une position intenable, ils sont soumis à des pressions énormes de la part de leur propre hiérarchie, ils sont fliqués de toutes parts. Ex de mon PA : ex-cadre d’une grande entreprise publique, il a mis en oeuvre dans sa carrière des plans sociaux extrêmement médiatisés et conflictuels, et pensait peut-être trouver une relative tranquillité dans l’EN. Je me rappelle il y a 3 ans, il était motivé par sa nouvelle carrière, voulait mettre en place des tas de trucs… Et là, je le vois les épaules basses, désabusé mais réduit au silence, portant le poids de ce qu’on lui impose de faire et soumis au CDE zélé autoritaire. Impossible pour les perdirs d’en parler librement comme nous le faisons en salle des profs ou ici. Pour certains, ça doit être vraiment très pesant. Par pour tous, hein, et puis ça n’excuse pas certains comportements (j’en sais quelque chose vu les relations très conflictuelles que j’ai avec mon CDE).

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Re: La « conduite du changement », ou le management d’entreprise appliqué à l’école

Message par Pat B Hier à 10:33

@Ashtrak a écrit:

@Lefteris a écrit:

@Ashtrak a écrit:Je ne vais pas m’amuser à expliquer les nombreux contresens que tu fais

Ben ne t’amuse pas, tu perdrais ton temps, d’autant que je poste pour éveiller un peu les esprits, pas pour me lancer dans des fils logorrhéiques.
D’autant que le 3ème document que je cite, tu ne l’as visiblement pas lu. C’est bien un document de formation de l’ESEN, et à quoi servirait-il si ce n’était pour singer les  procédés managériaux ?

Si si je l’ai lu. Et c’est bien un article sur l’état de la recherche sur la conduite du changement. Ce n’est en rien un article sur la conduite du changement dans l’école. Après, ce qu’en fait le ministère, c’est autre chose. Mais à blâmer le management, tu te trompes de cible (encore une fois).

@Lefteris a écrit:
Quant à l’intuitu personae,  quant tu auras été autant confronté à la  procédure administrative que moi (qui fus aussi cadre de la FP, je suis un accident de parcours), tu sauras peut-être de quoi il retourne. Rolling Eyes

Tu confirmes le contresens. Tu as utilisé cette notion en tant que cadre de la FP. Or l’article ne parle pas de l’intuitu personae comme élément de procédure administrative. Mais bon, j’imagine que ton passé de cadre de la FP te fais fonctionner comme le ministère : tordre les concepts pour les faire rentrer dans ce que l’on veut.

@Lefteris a écrit:
Bref, à chacun de juger des orientations prises et de sa volonté de subir ça ou non. Car tel est le propos, rien d’autre.

Ca je suis entièrement d’accord. Mais ce n’est pas la conduite du changement en tant que problématique de management qu’il faut accuser de tous les maux. C’est assez exaspérant de voir des théories interprétées avec autant de mauvaise foi. De plus, cela ne sert sûrement pas le propos car il est facile de démonter l’argumentaire.

Et je rappelle, s’il le faut, que je suis contre la réforme et que je trouve les principes mis en exergue totalement inadaptés à la FP.

Je ne suis pas convaincue. Oui, la réforme est mauvaise en tant que telle et il faut la combattre, c’est ce qui prime. Mais il y a aussi une évolution des techniques de management, que personnellement je ressens nettement (pensez aussi à la prime mise en place pour les recteurs les plus « obéissants » sous l’ère sarko), chez nous comme dans d’autres services publics, comme ça a aussi été le cas dans d’ex-entreprises publiques (F Télécom). Je conçois bien que c’est quelque chose d’assez insensible pour ceux qui n’ont pas de recul sur ces choses-là, et ça dépend aussi certainement de ce qu’on ressent, chacun, dans nos établissements (selon le zèle ou pas de nos cde à suivre ces méthodes).
Bref, le cœur du problème c’est la réforme, c’est clair, mais il ne fait pas négliger pour autant cette évolution des pratiques qui nous rapproche des modes de fonctionnement du privé (parce que toutes ces recherches en matière de pratique du changement ont été fait à l’origine pour des entreprises… et le but est bien « comment faire passer un changement, de gré ou de force »).

Et je rejoins kamasolou, la position des cde, sous-chefs et autres cadres peut vite devenir intenable.


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Re: La « conduite du changement », ou le management d’entreprise appliqué à l’école

Message par Ashtrak Hier à 11:36

@Pat B a écrit:

@Ashtrak a écrit:Mais ce n’est pas la conduite du changement en tant que problématique de management qu’il faut accuser de tous les maux. C’est assez exaspérant de voir des théories interprétées avec autant de mauvaise foi. De plus, cela ne sert sûrement pas le propos car il est facile de démonter l’argumentaire.

Et je rappelle, s’il le faut, que je suis contre la réforme et que je trouve les principes mis en exergue totalement inadaptés à la FP.

Je ne suis pas convaincue.
[…]
Bref, le cœur du problème c’est la réforme, c’est clair, mais il ne fait pas négliger pour autant cette évolution des pratiques qui nous rapproche des modes de fonctionnement du privé (parce que toutes ces recherches en matière de pratique du changement ont été fait à l’origine pour des entreprises… et le but est bien « comment faire passer un changement, de gré ou de force »).

Justement non, le but de la conduite du changement en théorie managériale n’est pas « comment faire passer un changement, de gré ou de force ». Présenté ainsi, on a l’impression que le but est de valider n’importe quelle lubie de la direction et de forcer les pauvres « acteurs de base » à suivre le bon vouloir du patron ; comme au temps des privilèges.
Le changement, en théorie managériale est imposé par les fluctuations de l’environnement (économique, juridique ou social). Il faut donc l’accompagner.

Tout le problème est à mon avis là : pourquoi imposer cette réforme ? Quelle variation de l’environnement (social ou économique puisque le juridique est moins important dans ce cas) commande au ministère de l’imposer (pour le coup de « gré ou de force ») ? Il me semble que la réponse a déjà été donnée par de nombreux intervenants : la variation réelle est relative à l’économique (faire des économies) MAIS le ministère utilise une variation sociale (s’adapter aux nouveaux publics, donner des diplômes à tout le monde, éviter l’ennui, etc.) pour faire avaler la réforme. C’est cette prémisse qu’il faut combattre et non la théorie. Vous vous trompez de cible !

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Re: La « conduite du changement », ou le management d’entreprise appliqué à l’école

Message par Pat B Hier à 20:04

Bien sûr, le changement est en réponse à un stimulus externe. il n’empêche que toute la théorie de conduite du changement vise à trouver les moyens de faire passer la pilule et d’appliquer les choix venus d’en haut. Les techniques de management employées vont dans ce sens. C’est le haut de la pyramide qui décide et la base doit suivre, de gré ou de force. Un autre moyen aurait été de dire « on a telle contrainte de l’extérieur (contrainte clairement mise en évidence et non factice !), que proposez-vous pour s’y adapter, et là les solutions venaient de la base… Ou qu’on nous laisse le choix entre plusieurs solutions ? Qu’on consulte au moins des profs, peut-être des inspecteurs, et non des spécialistes auto-proclamés…

Mais je te rejoins, il y a effectivement le problème de la « cause » du changement, qui en l’occurrence est cachée (parce que non avouable ? faire des économies, suivre les normes européennes imposées par des lobbies plus ou moins clairs, probablement ultralibéraux/patronaux ? Cacher la faillite du système au primaire ? Et non pas, ou pas seulement, s’adapter à un nouveau public). Mais il y a aussi ce management pyramidal qui devient nettement sensible et que je supporte très mal.
(après, peut-être qu’il y en a toujours eu un peu, et qu’on ne le sent que parce que cette fois-ci tout va trop vite et dans le mauvais sens ?)


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Re: La « conduite du changement », ou le management d’entreprise appliqué à l’école

Message par Lefteris Hier à 21:01

@Pat B a écrit:Bien sûr, le changement est en réponse à un stimulus externe.

par exemple une volonté considérée comme supérieure, comme les oukazes extérieures devant lesquelles nos politicards baissent le froc.

il n’empêche que toute la théorie de conduite du changement vise à trouver les moyens de faire passer la pilule et d’appliquer les choix venus d’en haut. Les techniques de management employées vont dans ce sens. C’est le haut de la pyramide qui décide et la base doit suivre, de gré ou de force.

Résumé simple et évident. Pour la bonne conscience, on essaye de faire croire au gens que c’est « de gré », et en les « impliquant », on réduit les risques de contestation. Comment contester ce qu’on a « co-créé »?

Il faut aussi quand même ajouter un mot sur le « manager ». celui qui accepte est soit pris à la gorge, dans un système où lui même est managé, soit individuellement intéressé. Pourquoi, dans les administrations comme dans les entreprises (même si les sommes sont moindres) , les primes de « résultats » (c’est-à-dire de réduction des dépenses, faire travailler plus les gens) sont -elles de plus en plus grosses pour ceux qui managent la chiourme ?

Et la volonté de briser les statuts n’est pas innocente. Il faut une chaîne de commandement unique, pas des gens attachés à autre chose que l’objectif managérial, qui peut être tout à fait autre que l’optique présumée d’un métier (par exemple , au hasard, transmettre les connaissances).

D’où la notion d‘intuitu personae ( pour les nons latinistes « en considération de la personne » – et non du statut, des compétences réelles), qui consiste à, prendre des gens marchant du même pas dans l’objectif managérial. C’est, pour être concret, toute la, philosophie des IMP, par exemple, ou encore du mode de recrutement des concours avec présentation de dossier, qui sont en vérité des entretiens d’embauche déguisés.

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Re: La « conduite du changement », ou le management d’entreprise appliqué à l’école

Message par Ashtrak Aujourd’hui à 5:37

@Pat B a écrit:Bien sûr, le changement est en réponse à un stimulus externe. il n’empêche que toute la théorie de conduite du changement vise à trouver les moyens de faire passer la pilule et d’appliquer les choix venus d’en haut. Les techniques de management employées vont dans ce sens. C’est le haut de la pyramide qui décide et la base doit suivre, de gré ou de force.  Un autre moyen aurait été de dire « on a telle contrainte de l’extérieur (contrainte clairement mise en évidence et non factice !), que proposez-vous pour s’y adapter, et là les solutions venaient de la base… Ou qu’on nous laisse le choix entre plusieurs solutions ? Qu’on consulte au moins des profs, peut-être des inspecteurs, et non des spécialistes auto-proclamés…

Faut-il rappeler que dans une entreprise privée, les propriétaires décident ? « La base doit suivre », « faire avaler la pilule et appliquer les choix venus d’en haut » sont des expressions qui correspondent exactement à ce que la théorie de la conduite du changement appelle « résistance au changement ». Tu l’illustres parfaitement.
La différence fondamentale entre la FP et l’entreprise privée est quand même la propriété des moyens de production, qui légitime, dans le système capitaliste, la prise de décision « d’en haut » et la nécessité « de la base » de suivre. Et le théorie de la conduite du changement essaye justement de proposer un accompagnement de ce changement. Après, la mise en pratique est parfois violente ; mais ce n’est pas la théorie qui le préconise.

@Pat B a écrit:Mais je te rejoins, il y a effectivement le problème de la « cause » du changement, qui en l’occurrence est cachée (parce que non avouable ? faire des économies, suivre les normes européennes imposées par des lobbies plus ou moins clairs, probablement ultralibéraux/patronaux ? Cacher la faillite du système au primaire ? Et non pas, ou pas seulement, s’adapter à un nouveau public). Mais il y a aussi ce management pyramidal qui devient nettement sensible et que je supporte très mal.
(après, peut-être qu’il y en a toujours eu un peu, et qu’on ne le sent que parce que cette fois-ci tout va trop vite et dans le mauvais sens ?)

Le management pyramidal s’imposera forcément si l’évolution connue depuis des années se confirme. Les présidents d’université se sont vus octroyés des pouvoirs délirants et il ne serait pas étonnant de voir à terme les CDE obtenir l’équivalent (en fonction de leurs missions propres). Depuis Allègre, il faut dégraisser le mammouth : les réformes successives vont toutes dans le même sens. Cela serait étonnant de voir prochainement un politique demander l’arrêt du mouvement.

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Un âne dit toujours ce qu’il pense : hi-han !

Ashtrak
Habitué(e) du forum

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Ci-dessus, fil lancé par Lefteris, 1er novembre 2015, forum neoprofs :

http://www.neoprofs.org/t96406-la-conduite-du-changement-ou-le-management-d-entreprise-applique-a-l-ecole#3356828

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Grosse communication aujourd’hui du Ministère de l’Education Nationale autour de la lutte contre le harcèlement à l’école. Grosse communication, oui, mais très peu d’actions…

Grosse communication, oui, mais le seul  harcèlement reconnu par le Ministère et mis en avant dans les médias est  celui subi par… les enfants et les ados !

Le Harcèlement Moral Hiérarchique, lui, n’est toujours pas reconnu. Officiellement, il n’existe pas. Et tant pis s’il existe, tant pis si la réalité des enquêtes, des études et des faits prouvent le contraire. Le Ministère escamote les chiffres, avec la complicité active de certains syndicats, et le tour est joué. Voir ici notre précédent billet sur ce thème : https://omertaaurectorat.wordpress.com/2015/03/18/quand-un-harceelement-en-cache-un-autre/

Le harcèlement vécu par les élèves permet de cacher celui vécu par les adultes.

Excellent écran de fumée !

On comprend mieux pourquoi le Ministère de l’Education Nationale

tient tant à communiquer là-dessus.

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Nous approuvons et soutenons pleinement le principe de mettre en oeuvre des initiatives constructives pour réfléchir à la question du harcèlement scolaire, et pour lutter réellement et efficacement contre ce fléau.

Mais la vie d’une enseignante qui se suicide vaut-elle moins que celle d’une élève ?

Où sont les plans de lutte contre le Harcèlement Moral Hiérarchique qui  pousse au suicide des dizaines d’enseignants ?

Qui proteste contre ce harcèlement institutionalisé qui détruit chaque année la vie de milliers d’enseignants compétents et engagés dans leur métier ? Les gros syndicats SNES-UNSA-SGEN se taisent… Les pseudo-syndicalistes sont parfois des complices actifs du H.M.H…. Les médiateurs de l’Education Nationale cultivent le déni… Les journalistes façon Mara GOYET assurent que tout va bien… Les médias ne se font pas l’écho du fléau… Le Ministère verrouille sa communication. C’est l’Omerta qui tue discrètement.

* * *

Nous l’écrivions il y a six mois, et en six mois, rien n’a changé :

« Au-delà de l’émotion légitime suscitée par le suicide d’une adolescente harcelée par des élèves, une réflexion saine a été engagée par diverses parties prenantes. C’est ainsi qu’est née l’association Marion Fraisse La Main Tendue. Jamais nous n’opposerons une injustice à une autre, une souffrance à une autre, un combat à un autre. Oui, le combat mené par Nora FRAISSE pour l’association Marion Fraisse La Main Tendue est un combat légitime, et qui mérite d’être amplement relayé, et soutenuMais ce combat ne doit pas en masquer un autre. Ce combat ne doit pas être utilisé par le Ministère de l’Education Nationale pour masquer ses responsabilités directes dans la protection apportée aux chefs d’établissements commettant sciemment des délits et engendrant régulièrement des décès. Ces fonctionnaires harceleurs sont protégés par l’institution scolaire, depuis la base jusqu’au sommet de la pyramide des responsabilités hiérarchiques. A quand des relais médiatiques pour en parler un peu ? »

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Dans son billet de ce jour, Paul DEVIN, Inspecteur de l’Education Nationale, résume la situation mieux que nous pourrions le faire (voir ci-dessous).

Et il conclut son article par un Post Scriptum demandant ni plus ni moins… le retrait de la vidéo bisounours payée à grand frais par le Ministère, puisque cette vidéo sous entend – mais nous en avons l’habitude ! – que le harcèlement s’inscrit avant tout dans l’incompétence des professeurs !

Un enfant harcelé ne l’est pas en dehors de la classe ni en dehors de son établissement,

c’est bien connu !

Un enfant harcelé ne l’est pas sur les réseaux sociaux.

Un enfant harcelé ne l’est pas dans son quartier.

S’il est harcelé, c’est à cause de ces salopiauds d’enseignants

qui ne pensent qu’à faire grève

et à préparer leurs vacances mensuelles à Acapulco.

 
 

Marie, Jeanne, et Philippe.

 
 
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Ci-dessous, article de Paul DEVIN, 29 octobre 2015 :

http://blogs.mediapart.fr/blog/paul-devin/291015/lutte-contre-le-harcelement-quand-la-com-tente-de-masquer-l-insuffisance-de-l-action

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Lutte contre le harcèlement : quand la « com » tente de masquer l’insuffisance de l’action….

Quatre ans après les « Assises nationales sur le harcèlement à l’école » voulues par Luc Chatel, Najat Vallaud-Belkacem instaure une journée de lutte contre le harcèlement. Si l’on en croit les chiffres annoncés d’un élève victime sur dix, la situation n’a guère évolué depuis 2011. La ministre affirme cependant, lors de sa conférence de presse du 29 octobre, que des solutions existent. Malheureusement, à nouveau, l’agitation médiatique d’un jour sur la question sera loin d’avoir une incidence suffisante sur un problème dont il a pourtant été maintes fois montré qu’il peut avoir des conséquences graves tant sur la réussite scolaire que sur la santé mentale.
En finir avec les effets d’annonce
La primauté de la communication médiatique est désormais une réalité incontournable des politiques éducatives. Pourtant, rien de nouveau dans les annonces faites par la ministre, lors de la conférence de presse du 29 octobre : le numéro vert à destination des familles existe depuis bientôt deux ans, il a juste été relooké en numéro à 4 chiffres ; la mise en place d’un plan de lutte contre le harcèlement au sein de chaque établissement ou école est une obligation inscrite dans le code de l’Éducation depuis la loi de refondation en juillet 2013 ; la campagne « Agir contre le harcèlement à l’école » a déjà connu deux années scolaires… La communication est cependant suffisamment habile pour que certains journalistes évoquent un nouveau plan.
Mettre en œuvre les moyens nécessaires à une lutte efficace contre le harcèlement
Le rapport réalisé en 2011 par Éric Debarbieux considérait la formation comme une préconisation essentielle : « former les professionnels est sans doute la toute première des préventions et une condition nécessaire à son succès. ». Or les plans successifs depuis 2011 n’ont jamais réellement consacré les moyens nécessaires à la mise en œuvre d’une formation à la hauteur des enjeux.
Le plan proposé actuellement repose sur une architecture déjà mise en œuvre dans le cadre de la mobilisation pour les valeurs de la République : former un nombre réduit des formateurs relais qui agiront en suite dans les académies et départements. Le problème reste le même : ces formateurs-relais ne disposent pas des moyens nécessaires pour mettre en œuvre les actions de formation nécessaires pour concerner l’ensemble des enseignants. Il ne s’agit pas de considérer que rien ne s’est fait depuis 2011 : des initiatives à l’échelle des académies, des départements, des circonscriptions ou des établissements ont lieu. Des documents-ressources ont été édités, des films réalisés pour aider les enseignants. Mais les moyens restent suffisants pour développer un accompagnement avec l’envergure nécessaire.
Quant à la formation initiale en ESPE, le bilan ministériel des actions de formation n’y fait même pas allusion !
Il en est de même avec les personnels très directement concernés par les situations de harcèlement : psychologues scolaires, médecins scolaires, infirmiers et infirmières qui faute d’un nombre suffisant de postes ont des périmètres d’intervention tellement vastes que l’efficacité de leur action s’en trouve largement réduite.
En finir avec la simplification des phénomènes complexes
Un dernier point mérite l’attention. Le harcèlement est un phénomène complexe pour des raisons diverses. Parfois insuffisamment considéré par les enseignants, parfois démesurément investi par des parents qui l’instrumentalisent dans une situation de conflit avec l’école, parfois masquant une problématique de violence externe à l’école, parfois laissant apparaitre comme harceleur celui qui est victime… Le rapport Debarbieux de 2011 avait eu la vertu de mesurer l’importance du problème. Mais bien des enseignants qui ont pris conscience de cette réalité savent que la résolution des problèmes est complexe et qu’elle ne s’inscrit pas dans une seule volonté d’attention. C’est pourquoi, il ne peut être suffisant de proposer des vidéos ou des modules M@gistère.

Reconnaissons que la prise de conscience est récente et que le temps est sans doute nécessaire… mais nous sommes à nouveau confrontés à une situation où, face à une demande sociale légitime parce qu’inscrite dans les valeurs fondamentales de respect des personnes, l’école doit se contenter de moyens largement insuffisants pour parvenir à répondre à la demande qui lui est faite. Là encore, la responsabilité politique est entière puisque comme le dit si justement la ministre de l’Éducation nationale : il s’agit du respect de chacun, de l’acceptation des différences, de l’apprentissage de la citoyenneté et que la loi du plus fort ne peut pas régir les rapports entre élèves.

Post-scriptum :

J’ai écrit ce billet avant de prendre connaissance de la vidéo diffusée par le ministère et réalisée par Disney qui sous-entend ignominieusement que le harcèlement s’inscrit dans l’incompétence de l’enseignant !

Injuste et scandaleux, le ministère doit retirer cette vidéo.

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Ci-dessus, article de Paul DEVIN, 29 octobre 2015 :

http://blogs.mediapart.fr/blog/paul-devin/291015/lutte-contre-le-harcelement-quand-la-com-tente-de-masquer-l-insuffisance-de-l-action

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Dès que possible, un billet sur Mara GOYET découvrant l’eau tiède… et l’envers de la réforme du collège !

Un petit aperçu en lisant ce fil de neoprofs : http://www.neoprofs.org/t96061p20-le-monde-blog-de-mara-goyet-college-une-reforme-informe-21-oct-2015#3340178

Et dire que nous lui avions proposé d’ouvrir les yeux et de devenir une Résistante, une vraie : https://omertaaurectorat.wordpress.com/2015/03/29/mg-3-i-have-a-dream/

Marie, Jeanne, et Philippe.